15 octobre 2008

Mariage et autres bêtises


« Pourquoi se marier ? » me demandais-je, encore une fois, alors que j’assistais au mariage d’une de mes amies.  Dans la nef décorée de l’église d’Antanimena, je les voyais, magnifiques et presque irréels, dire ces mots qui allaient les lier pour la vie. Pour la vie. « Je promets de t’aimer et de te chérir, dans la richesse ou la pauvreté, dans la santé ou la maladie…Jusqu’à ce que la mort nous sépare. »

Le serment du mariage m’a toujours paru décadent. J’aurais aimé que le mariage fonctionne comme un CDD. On signe pour dix ans, cinq ans…etc. en affichant chacun ses conditions, avec la possibilité de rempiler ou de se séparer au terme du contrat, « tsy misy rahoraho » comme on dit. Pas très romantique, mais tellement plus réaliste.

Je n’ai pas la phobie de l’engagement. Certainement pas. La phobie de l’amour, peut-être ? Aimer quelqu’un, il me semble, c’est accepter qu’il ait, d’une manière ou d’une autre, le pouvoir de nous rendre heureux ou pas. L’abandon m’est alors un sentiment effrayant. L'abadon. La perte. Alors, s’abandonner, se perdre « pour la vie » ?

« Je veux t’épouser, mais tu n’en as pas envie. Alors je ne te le demanderai pas », m’a-t-il dit. C’était en mai. Mon mois préféré. En mai, fais ce qu’il te plaît. Et je ne le revis jamais. L’abandon. La perte. L’amour.

mariage_063.jpg