16 septembre 2006

Sauvons les baobabs de Morondava!

Six sur les neuf espèces de baobabs dans le monde sont endémiques de Madagascar. Dans la région de Morondava, ces arbres géants sont actuellement menacés tant par la population que par les aléas climatiques.

Les touristes ne se rendent pas dans le Sud sans s’arrêter dans la fameuse allée des baobabs pour admirer le Renala, la plus imposante des espèces de baobabs de l’île : une moyenne de 25 m de hauteur et 3 m de diamètre. Mais le climat et l’exploitation par la population menacent  ces arbres géants, comme le démontrent des études effectuées par des étudiants en tourisme et environnement de l’Institut supérieur de polytechnique de Madagascar (INSPM), en collaboration avec l’Angap, l’Ong Fanamby, la commune de Morondava et le ministère du Tourisme et de l’environnement.

Les pieds dans l’eau

medium_IMG_0161.JPGDe novembre à mai, les crues de la rivière Tandila affectent les troncs de ces baobabs. Ces arbres qui demandent un sol calcaire à très faible humidité se retrouvent « les pieds dans l’eau ». Des problèmes d’infrastructures routières et d’entretien s’ajoutent à ces crues dévastatrices, inondant les régions environnant les baobabs. En saison sèche, ces arbres souffrent de la mauvaise gestion  des eaux usées d’une société voisine. En effet, bien que celle-ci ait mis en place un circuit fermé pour l’évacuation suivant les recommandations en matière d’environnement, la population locale soutire ces eaux usées et les utilise dans la riziculture. Ces eaux riches en éléments organiques favorisent le riz mais font pourrir les baobabs, subissant un excès d’humidité. Epargné de la coupe, contrairement aux bois utilisés pour le chauffage et la construction, à cause de la structure spongieuse de son tronc, ainsi que des défrichements en raison de l’épaisseur de son écorce, le baobab n’en sort cependant pas indemne. Les feux de brousse répétés affaiblissent l’écorce et rendent l’arbre vulnérable aux insectes et au vent. Les cyclones sont alors les plus redoutés.

Recommandations

Des plans de reforestation et de protection, d’infrastructures d’évacuation d’eau et de sécurisation de la zone des baobabs ont été appliqués. Mais la conservation inclura nécessairement la participation de la population locale. Outre l’éducation environnementale, ces enquêtes évoquent la nécessité d’assurer la regénération de l’environnement à travers l’agroforesterie . Il s’agit d’un système de conservation à travers l’association de culture vivrière et la plantation d’arbres, l’association de culture d’arbres et du pâturage qui est un système réservé aux petits cheptels, et enfin, l’association de la culture et de l’élevage en zone forestière. Il faut savoir que si le baobab atteint son âge adulte en plusieurs siècles, quelques années suffisent pour le rendre vulnérable.

 

Mialy Randriamampianina.  

Photo: Mamy Ramparany.