01 décembre 2009
Fuite de cerveaux
La situation des enseignants chercheurs n’est qu’un maillon dans la chaîne défaillante qui explique « le cas Madagascar ». Mais c’est un point révélateur des déséquilibres flagrants établis, volontairement ou non, pour mettre en joue des forces motrices, dont les intellectuels. Evidemment, la précarité quotidienne de la population fait que l’on s’attelle souvent à répondre à des besoins matériels et urgents. C’est une contrainte qui réduit le temps, l’énergie et le budget nécessaires aux travaux intellectuels, à leur développement et à leur usage pratique et culturel dans la lutte contre la pauvreté. Mais l’on sent qu’il y a une détermination à écarter ces intellectuels. Les écarter, d’une manière ou d’une autre, individuellement et collectivement. Ce n’est pas nouveau : depuis le soulèvement estudiantin de 1972, la condition des intellectuels est aléatoire. Ils sont reconnus «d’utilité publique» mais restent juchés sur leur strapontin.
Les conséquences ne sont pas dangereuses par leur seule importance, mais aussi par leur caractère latent et permanent. La frange intellectuelle devient l’adversaire idéal d’une masse négligée et appauvrie, dont les priorités se limitent alors aux essentiels : le gîte et le couvert, la santé, la sécurité et un minimum d’éducation. Comparés aux businessmen dont la réussite peut se quantifier, les intellectuels resteront dans le regard de l’homme de la rue, un microcosme élitiste.
C’est un fait généralement exploité par les messies politiques. C’est ainsi que les valeurs que normalement les intellectuels auraient pu ou dû transmettre sont reprises et dévoyées par la rue et ses mercenaires. Et c’est donc la rue qui finira l’éducation populaire. Estampillée de formules philosophiques toutes faites, incomprises ou librement interprétées, et appuyée par la main de Midas d’où jailliront les sonnants et trébuchants de la rue, la révolte est née.
Le paradoxe veut qu’elle n’aboutisse jamais qu’aux germes d’une autre révolte, comme une rue qui ne mène qu’à une autre rue. Et cela restera ainsi tant que l’on n’aura pas rétabli la synergie entre « le mou et le solide ». Preuve en est, que généralement, les ratés des projets de développement demeurent dans l’incapacité des exécutants à les ancrer dans la vie communautaire. Preuve en est que, la masse préfère toujours soutenir un personnage avant même que celui-ci n’ait proposé un semblant de programme. Preuve en est que, les vrais projets de société sont supplantés par des colmatages provisoires. Preuve en est que, l’éducation est toujours le parent pauvre. Mais le relais est difficilement assuré quand les personnes assignées à ce rôle n’ont pas les moyens de le faire et que leurs travaux sont négligés. Ces personnes charnières sont les plus mal loties, depuis les enseignants chercheurs et universitaires jusqu’aux instituteurs d’écoles dans les campagnes. La fuite des cerveaux n’est plus cet exode des intellectuels vers d’autres cieux mais, véritablement, un «jeter l’éponge» alarmant, somme toute compréhensible : lorsqu’on peine à gagner sa vie décemment, on garantit d’abord les essentiels. Comme l’homme de la rue.
Mialisoa Randriamampianina
18:45 Ecrit par Mialy | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
26 novembre 2009
Les mamans sont des perles
Le climat étant bizarre, les épidémies allant et venant, j'ai eu la plus grosse fièvre de ma vie. J'appelle Neny à la rescousse avec ma voix de Faravavy professionnelle : "Neny ôôoôôôôôôôôôôôô, manavy be ange za eee...". Entendant sa dernière souffrir tous les martyrs du monde (croyez-moi, vous en pleurerez de peine, je suis une "neniophile exceptionnellement bonne"), Neny, professionnelle infaillible dans son métier de maman, débarque avec l'artillerie lourde : yaourts et fromage, fruits, un "repas complet" de midi, et toute la dévotion d'une Neny. Elle dose mes médicaments, me sert au lit et me dit que ça ira. Et, surprise, elle a fait le ménage chez mouahahahahaha.... Mmmmmmh...En deux temps trois mouvements, je suis redevenue la petite fille la plus importante au monde. ( Je le suis toujours, de toute façon) Et miracle, mes amis : Je guéris :)))
J'aime les mamans, la mienne en particulier. Elles font que le monde va mieux. Les mamans sont des perles. Ce sont des institutions. Mais la mienne est la plus précieuse. Si je ne devais vivre qu'une seule vie dans ma vie, ce serait celle d'une maman. :)))
19:35 Ecrit par Mialy dans Princesses des cieux | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
11 novembre 2009
Réveillez Emily...
"Vous me demandez quels sont mes compagnons : les Collines — Monsieur — et le couchant — et un Chien — aussi grand que moi — que mon Père m’a acheté — Ils valent mieux que des Êtres — parce qu’ils savent — mais sont muets — et le bruit dans la Mare, à Midi — surpasse mon piano. J’ai un Frère et une Sœur — ma mère ne se soucie pas de la pensée — Père, trop absorbé par ses Dossiers — pour remarquer ce que nous faisons — Il m’achète beaucoup de Livres — mais me supplie de ne pas les lire — car il craint qu’ils n’ébranlent l’Esprit. Ils sont religieux — sauf moi — et chaque matin, s’adressent à une Éclipse — qu’ils appellent leur "Père". Mais j’ai peur que mon conte ne vous lasse — je voudrais apprendre — Pourriez-vous me dire comment grandir — ou est-ce intransmissible — comme la Mélodie — ou la Magie ? ”
Emily Dickinson
(Extrait de la lettre à Higginson du 25 avril 1862)
Une Emily se cache en chacune de nous, celle-ci est la plus belle.
Réveillez Emily...
06:48 Ecrit par Mialy dans Entre chien et loup | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note