08 février 2008

Procrastination, hibernation, catatonie et autres mystères...

 
 
be17b05f60adf6c9bc0c10ba5cba07b7.jpgJe ne suis définitivement pas une personne sur qui l'on peut compter. Il a fallu que je me déconnecte un peu (ce qui en soit est une bêtise puisque je suis déconnectée depuis des mois) pour que mes idées se replacent. Réveillée de mon coma ouateux, je me suis subitement rendue compte que mes cheveux sont en pétard, qu'un orage fond sur la ville et que mes fenêtres ne sont pas fermées et que je n'ai plus rien de décent à me mettre.Je n'étais pas sûre que c'était le matin. Je croyais qu'il était midi passé. Enfin, je ne sais pas. La seule pendule que je possède n'est pas à l'heure, elle se met au diapason avec mon horloge biologique ( recule, mais recule, 'taaaaaain).Je ne sais pas pourquoi je ne réponds pas au téléphone. Et comme l'idée de l'entendre claironner m'énerve déjà, je l'éteins.  Je ne suis déjà plus aux mails depuis des jours et des jours. Minimum syndical: que les mails professionnels où c'est écrit "Urgent" et surtout pas les mails sympas où c'est écrit :" Salut, alors, tu vas bien?" et encore moins aux "Et ce Qynxczoxteya...ou est ce que t'en es?"  Je ne sais pas pourquoi. En fait, si, je sais. J'ai la flemme de. Mais ça, je ne sais pas pourquoi, j'ai juste la be17b05f60adf6c9bc0c10ba5cba07b7.jpgflemme. Alors pas mal de monde m'a en grippe ces derniers temps. Je n'ai pas d'excuse, je suis impardonnable mais je n'y arrive pas. Je regarde le clavier et j'ai envie de dormir. Alors j'éteins mon poste pour limiter les dégâts. D'ailleurs pour me limiter moi-même, j'hiberne en plein été. Je "m'étérnise".  Ce n'est pas l'envie  de sortir qui me  manque dans la mesure où mes pensées passent leur temps à vadrouiller. Mais je ne suis pas foutue de lever un orteil. Je me dis que je vais nettoyer ce foutoir, briquer ce fichu parquet et me faire un plat honorable à base de légumes et de poisson. Râté. A midi, je suis vaporeusement installée sur "ma" table dans "mon" restaurant, commandant allègrement "mon" poulet à la sauce d'huître. Donc j'ai pris un congé. Le plus long possible. Pour mieux comprendre. Mais je n'ai pas la tête à ça. Il faudrait une petite folie, me dis-je. La folie du shopping a échoué. Je me retrouve avec des tailleurs coupés comme une arme nucléaire qui me donnent un air de "je suis de La City, trader VIP", un trou énorme dans mon budget du mois et toujours au même point qu'hier, avant-hier et le jour d'avant. Alors je me décide à lire. Et la seule phrase qui me reste en tête c'est : "Mrs Dalloway est sortie acheter des fleurs." Des fleurs. Bon sang.  La be17b05f60adf6c9bc0c10ba5cba07b7.jpgcrise d'hibernation vous fait faire des fixettes bizarres. Par exemple, j'ai un souvenir très pointu des escarpins roses à bouts carrés de Ando, au réveillon. Ils étaient d'un vieux rose et j'entends toujours sa voix qui annonce : "Tsy matahotra orana ireo kiraro ireo.." Mystère, que la mémoire. Rassurez-vous (mais pourquoi d'ailleurs, z'en foutez lol) j'ai au moins le mérite d'essayer de prendre le taureau par les cornes. La première journée qui me promet d'être accueillante, je promets de lui être charmante. Ca s'est fait il y a une semaine alors je me suis levée, je me suis fait un bon café, j'ai sorti chiffons et têtes de loup et j'ai nettoyé, briqué et me suis mitonné une bonne salade, j'ai essayé de faire avancer ce petit truc  qui me tient à coeur et qui théoriquement devait me maintenir en vie mais que je laisse mouurir pour cause de catatonie cervicale. Je n'en suis pas encore à l'étape "Je lis mes mails" et "j'utilise mon téléphone", ni même à "je suis dehors depuis trois heures" et je ne sais toujours pas pourquoi Mrs Dalloway est allée chercher des fleurs. Mais je me soigne. Donc si ce blog venait à mourrir, vous savez quoi penser...Et je vous interdis d'en faire autant. 
:( 
 
 
 

02 janvier 2008

Nouvel an

Bonne année, bonne santé !

 

 

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Blog mis momentanément entre parenthèses pour cause de paresse. :)

15 octobre 2007

Overdose de gecko

Nous sommes d'accord: les bébés, c'est comme les grands : y a des beaux, des moins beaux et des pas beaux. Ce n'est pas parce qu'un être humain mesure 60 cm qu'il est forcément mignon. Le gosse de Marie-Gertrude me fait peur, aaargh!!! C'est son gosse et si elle l'adore, quoi de plus normal? Mais ne voila-t-il pas qu'elle me l'impose, me l'oppose, me l'expose et me le surexpose! Récit d'une overdose. Berk!
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J'ai déjà un éventail de parades, au cas où la discussion vire à la geckotittude, c'est vous dire que je suis bien préparée. Le phénomène est extraordinaire; quelque soit le sujet, quand Marie-Gertrude décide de vous geckoïser, vous êtes foutus." Ce soir, mini-Moi a mangé tout un bol de soupe", m'annonce-t-elle solennellement, alors que je venais prudemment de lancer le dialogue sur un terrain d'emblée neutre: "l'expression "aller souper" est-elle oui ou non obsolète?" Après avoir annôné le gecko-verset du jour, Marie-Gertrude me fixe toujours d'un air interrogateur. S'attendrait-elle à un applaudissement, un hourrah solidaire, un clin d'oeil complice, voire un traité d'amitié à vie. Que faut-il répondre à une déclaration d'appétit soupiesque geckoïque? La situation est critique car si les balises ne sont pas dressées dès les premières secondes, Marie-Gertrude me servira le menu du jour de sa bestiole, je suis traumatisée rien qu'à l'idée...
 
Trop tard, le temps que je cogite sur mon évasion, Marie-Gertrude a sorti l'artillerie lourde, "Tiens, sa photo. Au souper!", poursuit-elle dans une vague de fierté digne d'un Ché tandis que mes yeux réalisaient brusquement l'étendue de l'effort à déployer. Le gecko est là, imprimé sur papier glacé, la frimousse barbouillée d'un liquide visqueux, le teint vert, les yeux exhorbités. Mon cerveau tourne à toute allure, Marie-Gertrude me fait son regard de connivence, vite, une réplique polie, vite, vite, vite, aaarggggggghhhhhhh..."jolie grenouillère!"

Argggggggghhhh!!!! Je suis perdue, à moi! Car le gecko a une importante collection de grenouillères et un album-photos épais comme le bottin. Me voici, assistant malgré moi à la collection printemps-été du lézard, grenouillères roses, bleues, jaunes, rouges, à pois, à rayures, petits bateaux, petits avions, petits camions..."Et là, il se gratte le nez, il se barbouille de compote, il vomit la compote!", voyant un hypothétique encouragement dans mon sourire crispé, Marie-Gertrude s'enfonce, m'enfonce, me tord le cou. Biberons de 4h, visites chez le pédiatre, crèche, barboteuses, couches culottes, allaitement...Ma mort cérébrale est imminente. Je sombre dans le coma geckoîque. J'ouvre les yeux, je suis dans un lit d'hôpital. Silence autour de moi, je renifle, aucune odeur de reptile en vue, je souris, je suis délivrée. Soudain, la porte s'ouvre: "Saluuuuuuuuuuuut, tiens, je t'emmène mini-Moi pour te réconforter". Priez-pour moi, je vais faire un malheur!
 

07 octobre 2007

Lis, si ça te dit...

Tsy mamaky boky, « hono », ny Gasy.  Ce constat, on l’affirme généralement, d’une manière aussi dédaigneuse que possible pour mieux culpabiliser ces « déserteurs de la culture » qui préfèrent leur néant aux Immortels… Evidemment quand on vit dans un pays où le taux d’alphabétisation est assez bas, les rats de bibliothèque passent pour des élites. Alors si vous êtes comme moi, que vos lectures relèvent parfois du caprice, allant de la boulimie au désert total, si vous parvenez à lire tout un bouquin sans rien comprendre, si vous avez envie de lire les mêmes trucs à chaque fois, ou pire, vous ne finissez pas la lecture..., voici pour vous les droits du lecteur comme l'écrit  Daniel Pennac dans « Comme un roman ».  Parce que "le verbe lire ne supporte pas l’impératif » et parce que "les livres n’ont pas été écrits pour que mon fils, ma fille, la jeunesse les commentent, mais pour que, si leur cœur leur en dit, ils les lisent »



Le qu’en dira-t-on ou Les droits imprescriptibles du lecteur
 
 
Le droit de ne pas lire

Le droit de sauter des pages

Le droit de ne pas finir un livre
 
Le droit de relire

Le droit de lire n’importe quoi
 
Le droit au bovarysme
 
Le droit de lire n’importe où
 
Le droit de grappiller

Le droit de lire à haute voix
 
Le droit de nous taire

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22 septembre 2007

Le poids des retrouvailles

Chers amis d'enfance. Nous avons célébré nos retrouvailles après 9-10 ans de séparation. Vous avez enfants, femmes et maris, un boulot en or et voila.  Et moi, outre mes rondeurs, sachez aussi que j'ai un blog un peu trop comme je suis  et où je peux dire toutes les vacheries qui me plaisent. 

- Ahhhh, Miaro! Comment va? Tu es définitivement installé sur la côte alors?

-Oui, dis-donc, ce que tu as grossi!

-Miaaly, mais tu as grossi, ma parole!

-Ouiais, sinon je vais bien. Ah, Tiavina! Alors, cette nouvelle fiancée?

- Ouais, tout va bien pour l'instant, mais est-ce que je me trompe où tu as grossi?

-Juste un peu, quelques kg au grand maximunm...

- Quoi, d'un coup?

-Ben, ça m'a pris cinq ans...

-Mais là, t'es énorme, une vraie cochonnette...

-Je saaaaaaaaaais, pô la peine de baver d'envie!

-Ahhhhh, Mialy chéééérrrrriiie. Zut, mais tu es joufflue, je ne rêve pas, tu es bien joufflue!

-Ouais, et pas que là, merde.

-Mais attend, ça doit bien te faire, quoi, 60-65 kg?

-C'est un concentré de matière grise.

-Matière grasse oui!

-Mais attends, tu l'as vu, Mialy? Mais c'est qu'elle a avalé le grenier!

-T'imagines ta tête si t'étais genre enceinte?

-Et toi, la tienne, si tu genre n'arrêtes pas?

-Oh fais pas ta crise de nerf, c'est toi qui fait ton choléstérol et c'est nous que tu engeules...

-Tu sommatises. Voila.

- Y a un régime qui... 

-Annaaaaa! au secours, lls me font leur rondephobie...

-Calme-toi ma grosse!

 

Voila pourquoi dans les actus, on ne voit que des meutres en série. :) En attendant votre tour de passer aux infos de 19h, pourriez-vous, par pitié, vous nourrir correctement? Des bras maigrichons qui vous entourent les épaules, on a connu mieux...Wahahaha!!!Bin koi, y en a qui les aime musclés. Les bras. 

27 juillet 2007

Bonbô gasy...


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Bonbô mantsy misy loko maro
Ho enti-mahatsiaro ireo zava-maro nataonao taloha
Bonbo mantsy mba voninkazo koa...
 

 

 


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Bonbô mantsy
Maharitra am-bava

Mora mampisavava ny ngidin'ny fiainana efa mankalao!
Bonbo mantsy no solon-tsigara...


 

 

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Bonbô mantsy
Zaraina aminao
Toa tsy mankalao fa mamy daholo izao tontolo izao
Bonbo mantsy mba fifaliana koa...


 

 

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Bonbô mantsy
Raha sendra ka very
Tsy maha-te-hijery ireo masonao efa nanantena
Bonbo mantsy mba fahoriana koa...
            

 

03 mai 2007

La liberté de prêche

 
Voici un concentré de Potiron, caricatural mais véridique, à l'occasion du 3 mai
où les potirons du Bananasplit
célèbrent la journée de la Liberté de Prêche...
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Fanfaron travaille chez le Panda et est responsable du Crochemouton-de-clinchetintin dans le Sud du Bananasplit. Mialy s'en fout potasse sur le Crochemouton-de-clinchetintin en vue de diffuser texte dans le Niouspeper. Fanfaron demande à voir l'oeuvre une fois sculptée et finalement veut apporter des retouches merdiques à l'oeuvre de Mialy s'en fout, qui au final ne retient que son texte car quand même, c'est Mialy s'en fout que diable! Voici l'extrait de la discussion tristement révélatrice de l'image d'un potiron dans l'île du Bananasplit.
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Fanfaron: Bonjour Mialy s'en fout, belle journée.
Mialy s'en fout: Bonjour Fanfaron, beau temps.
Fanfaron: Dis-moi, Mialy s'en fout, tu n'as pas tenu compte de mes modifications dans ton papier?
Mialy s'en fout: Mais je n'avais pas à le faire, cher Fanfaron, je dis bien cher.
Fanfaron: Remettrais-tu en question ma très grande autorité en matière de modifications de papier, discipline dans laquelle j'ai décroché un bac + 7 avec un MBA de Pouetpouet????
Mialy s'en fout: C'est déjà ta grosse veine que je t'ai mailé le texte, je n'y étais pas obligée alors ne viens pas me faire chier. 
Fanfaron: Non pas que je veuille te faire chier mais je te rappelle Mialy s'en fout que tu as enlevé dans le papier tout ce qui était important telle bravoure du Panda, s beauté, son importance dans l'écosystème du Qretsyipedg et son super Sdrtaifsh à turbo réaction...
Mialy s'en fout: Effectivement, j'ai enlevé  tout ce qui a l'air d'une pub. Parce que l'idée n'est pas de faire de la pub pour le Panda...
Fanfaron: Ah bon? Mais quelle était l'idée je te regardre du haut de mon dédain du potironnette que tu es?
Mialy s'en fout: Non, si il y a nécessité de faire la pub, c'est clair que le Panda doit acheter une tranche dans le Niouspeper du potiron. C'est comme ça que ça se passe.
Fanfaron: J'en parlerais au Panda. Cette mutinerie de potiron est inacceptable.
 
 
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D'où : Mail au Panda :
De : Fanfaron
A: Panda
Objet: Un potiron.
Cher Panda,
Le potiron dénommé Mialy s'en fout n'a pas fait son boulot. Au lieu de faire la pub comme tout Potiron de Bananasplit, elle a fait un reportage indépendant et sans tendances d'aucune sorte. Où allons-nous si même un Potiron se prend au sérieux? Je vais faire un communiqué au Grand Potiron du Niouspeper.
 
D'où sérieuse mise au point du Grand Potiron dans le verger...
 
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Discours du Grand Potiron:
 
Chers potirons, chers potironnes...
Dans tous les vergers du monde, on a ce qu'on appelle un sillon sur lequel sont plantés tous les potirons qui peuvent parfois se muer en carotte ou navet, conséquence du transgénisme à fond. Persister à n'être qu'un Potiron quand il faut faire un navet, c'est courir le risque de finir comme un masque de Halloween. Alors s'il vous plaît, faites le navet ou allez dans d'autres vergers où vous n'avez qu'à être un potiron. Car en vérité je vous le dit, trop de potiron dénature la potion...Un peu de bléreau-titude, c'est aussi une rente viagère... 
 
   
 

26 avril 2007

Gasy?

medium_LEMIREJeanBaptisteRanali.jpgOn parle beaucoup ces derniers temps d'origine, d'identité, de racines et du fameux article 46 de la Constitution réformée. Et je suis toujours un peu amusée  et finalement très perplexe quand j'entends (et je l'entends partout ) le discours très engagé des "vrais" Gasy. Ne me demandez pas de quoi ils parlent, j'ai du mal à faire la différence entre l'identitaire et le folklore. C'est vous dire que j'ai baissé les armes depuis longtemps. Tout ce chauvinisme rigide et rugueux a fini par avoir raison de ma très grande volonté de me remettre en question et comme je le disais aux Yltpiens, "safiotra, fa Gasy foana." 
 
 
 

medium_aquarelle.jpg"Les Malgaches accusent un sérieux lacune sur la connaissance de leur histoire." C'est l'argument massu, sans cesse répété, (d'autant plus chiant qu'il n'est pas faux :)) ) Moi, je dis, OK ary e. Et donc je fais le chemin inverse, écumant fièvreusement les livres poussièreux d'Ambohijatovo pour combler ce vide, ouvrant l'oeil et scrutant les cieux, à la rencontre de ce passé que je ne connais pas. Mais, horreur!!! Je ne me reconnais pas, dans ce passé. Je ne suis pas de cette culture quadrillée de tabous et d'interdits alambiqués. Je ne suis pas de ces gens qui accordent le respect aux "fotsy volo" en se disant que la sagesse vient avec l'âge. J'ai horreur de cette manie de ne voir dans le dialogue qu'un système de "fananarana", de leçons et d'exemples à donner d'un père à un fils, d'un aîné à un cadet, d'un grand à un petit. J'ai un sens très limité de la famille et n'ai qu'une notion de base de l'hospitalité...

 

medium_p48-3.jpgEt pourtant. Quand rentrant d'un long voyage, je revois les contours de Manjakamiadana à l'horizon... Quand je reviens d'ailleurs et que les lumières d'Antananarivo clignotent devant mes yeux alors que l'avion atterit sur Ivato et que j'entends l'horrible voix nasillarde de l'hôtesse annoncer qu'il fait 25°C à l'extérieur... Quand un jour à après 48h de vol, fatiguée et leo be de parler un anglais approximatif et scolaire, j'ai les larmes aux yeux entendant une Malgache m'interpeller : "Aty ny lalana e!"...Quand je passe un week-end chez Dada et Neny à Ilafy et qu'ils me servent du vary amin'anana au matin...Quand après la pluie, une bonne odeur de terre et d'herbe fraîchement coupée rentre dans la maison de mes parents... Quand je m'esclaffe en lisant l journal intime de Raobisaona qui "naka vehivavy tamin'ny volan'ny tsena"... Quand je tombe sur un vieux livre de mon enfance, Tefy et Tiana... Quand je souris en entendant mes petits neveux, hauts comme trois pommes, donner du "ianareo" à mon frère... Quand je lis "Fofombadiko" d'E.D Andriamalala que je suis sans doute la seule à trouver érotique... Quand les femmes de ce petit village Mahafaly nous ont apporté un plat de riz blanc et de bengy, juste parce qu'on passait là, au déjeuner... Quand on a bu du toaka gasy sur le sommet d'Andringitra et qu'on a partagé le kitoza bien grillé des guides qui nous parlent dans un patois incompréhensible... Quand j'écoute Mahaleo...A chacun de ces moments précieux, je sais que je suis Malgache. Voilà tout. 

Alors ces grandes théories sur l'identité avec un "I" majuscule... Merci bien, mais une autre fois.

14 février 2007

M’aa et Xhi vous parlent d’amour

medium_mainsEnCoeur2.jpgLe couple mythique, M’aa sy Xhi, sonde les profondeurs d’une philosophie qu’ils ont découverte et nourrie ensemble. Ils vous parlent d’amour, à l’occasion de la St-Valentin. Des idées décalées, parfois incomprises, toujours surprenantes mais qui, à leur manière, répondent aussi à la question que tous se posent : Et finalement, l’amour, c’est quoi ?

Beaucoup voient dans la St Valentin une fête importée de l’Occident. M’aa et Xhi revendiquent cependant une origine malgache à la journée du 14 février.

Dans la culture occidentale, la St-Valentin fait allusion à un prêtre romain de l’an 270, et qui fut martyrisé. A première vue, le 14 février est donc une fête occidentale. Mais en s’y penchant bien, on se rend compte qu’il y a dans cette célébration une grande part de la culture malgache. Le mot valentin dérive du malgache « Valitiana ». « Valy » ou « vady » signifie conjoint. « Tiana » veut dire aimé ou chéri. Valentin est donc synonyme de conjoint chéri.

Le chiffre 14 quant à lui indique le 14ème jour du mois lunaire. C’est le « fenomanana » ou la pleine lune. La lune est divisée en deux quartiers, symbolisant l’homme et la femme, dont chacun apparaît tous les sept jours. Les deux s’additionnent et donnent le chiffre 14 c’est-à-dire le 14ème jour où la lune apparaît entière et, représentant ainsi le couple, homme et femme, elle devient le « volan-tantely » ou la lune de miel.

Enfin, le mois de février est le mois des coups de foudre, non ? L’Imerina a toujours été réputé pour les foudres qui s’y abattent fréquemment et qu’on peut expliquer scientifiquement. N’est-ce pas sur les hautes terres que l’on croise les « Mpilalao varatra », ces faiseurs de foudres ? Et c’est en février, mois des gros orages que la foudre nous tombe dessus.

medium_img071_1.jpgVous pensez donc que la St Valentin est une fête bien malgache ?

Oui. Et si elle n’est pas entièrement malgache, au moins on sait qu’une importante signification de cette célébration est de chez nous et on est en droit de la fêter. Les gens croient que le 14 février n’appartient pas à notre culture, mais savent-ils vraiment ce que sont notre culture et nos valeurs ?

La conception de l’amour est elle différente pour les Malgaches ?

Qu’est ce que l’amour pour un Malgache ? En cherchant sa moitié, le Malgache se pose des questions sur la naissance de celle-ci, son « vintana ». On symbolise cette quête par la main qui n’a que deux faces et qui ne font qu’une. Le pouce indique l’homme toujours représenté par un chiffre impair car il naît, vit et meurt comme une seule personne. Les quatre doigts représentent la femme qui suggère un nombre pair car quand elle attend un enfant, on sait qu’il y a deux personnes différentes en elle. L’homme et la femme, voilà donc les deux personnes qui constituent la main. Une main ? Cinq doigts, c'est-à-dire cinq enfants. On a donc le père, la mère et les cinq enfants : les sept personnes, les « Fito » qui composent la famille et qui sont à la base de l’amour, les « fito havana », le « fitiavana » !

medium_mains_coeur-2.gifCela suppose donc qu’il existe un idéal de cette famille née de l’amour ?

Bien sûr, et c’est l’histoire des Zazamarolahy ! En regardant une main, et en se souvenant que l’homme est du nombre impair et la femme, du nombre pair, vous verrez ceci : chacun des quatre doigts possède des articulations qui divisent le doigt en trois et qui est un chiffre impair. Ces quatre doigts représentent donc des garçons. Et le pouce a deux divisions, deux est un nombre impair, l’enfant est une fille. La famille idéale a donc quatre garçons et une fille, une famille de Zazamarolahy. Aujourd’hui, grâce aux moyens modernes comme l’échographie, on peut très bien créer ce genre de famille. 

Comment trouver cet amour ?

Rien ne vient au hasard, tout s’organise, car l’amour, c’est aussi une question de « vintana », de naissance. Toujours vérifier que les « vintana » des deux personnes correspondent l’un à l’autre, qu’elles peuvent former ensemble une main. Et ne jamais oublier que si ça ne marche pas, il y a toujours un choix ou deux à côté car c’est ce que les jeunes oublient souvent !

Propos recueillis par Mialy Randriamampianina pour Les Nouvelles

 

Ne dites plus  Xhi et M’aa !

Désormais, les époux se nomment M’aa et Xhi et pour cause, « nous sommes entrés dans une nouvelle étape car on est « lao-jafy », nos enfants nous ont donné un petit fils. » L’inversion des deux noms part d’une logique qui échappe au  commun  des mortels : « En naissant, l’enfant sort la tête en premier et donc affronte ses parents. Cet enfant plus tard aura un enfant, qui en naissant l’affrontera. Mais cet dernier se tournera vers les grands parents à qui il reportera sont attention, et ainsi de suite. En Malgache, on dit « mivadika ny rasa », l’ordre des choses s’inverse et d’inachevés on devient des êtres finis, des « antitra ». D’où l’inversion qui donne M’aa et Xhi. » Bref, la boucle est bouclée !

03 février 2007

Ceci est un bouquet de fleurs...

medium_Bouquet_Passion_Rose.jpgUne vieille dame chinoise possédait deux grands pots, chacun suspendu au bout d'une perche qu'elle transportait, appuyée derrière son cou. Un des pots était fêlé, alors que l'autre pot était en parfait état et rapportait toujours sa pleine ration d'eau. À la fin de la longue marche du ruisseau vers la maison, le pot fêlé lui n'était plus qu'à moitié rempli d'eau. Tout ceci se déroula quotidiennement pendant deux années complètes, alors que la vieille dame ne rapportait chez elle qu'un pot et demi d'eau.

Bien sûr, le pot intact était très fier de ses accomplissements. Mais le pauvre pot fêlé lui avait honte de ses propres imperfections, et se sentait triste, car il ne pouvait faire que la moitié du travail pour lequel il avait été créé.

Après deux années de ce qu'il percevait comme un échec, il s'adressa un jour à la vieille dame, alors qu'ils étaient près du ruisseau. « J'ai honte de moi-même, parce que la fêlure sur mon côté laisse l'eau s'échapper tout le long du chemin lors du retour vers la maison. »

medium_Holland_Bouquet_R_.JPGLa vieille dame sourit : « As-tu remarqué qu'il y a des fleurs sur ton côté du chemin, et qu'il n'y en a pas de l'autre côté ? J'ai toujours su à propos de ta fêlure, donc j'ai semé des graines de fleurs de ton côté du chemin, et chaque jour, lors du retour à la maison, tu les arrosais.Pendant deux ans, j'ai pu ainsi cueillir de superbes fleurs pour décorer la table. Sans toi, étant simplement tel que tu es, il n'aurait pu y avoir cette beauté pour agrémenter la nature et la maison. »

 

Chacun de nous, avons nos propres manques, nos propres fêlures. Mais ce sont chacun de ces manques qui rendent nos vies ensemble si intéressantes et enrichissantes , chacun a quelque chose de bon en soi....

Donc, à tous mes amis fêlés, passez une superbe journée et rappelez-vous de prendre le temps de sentir les fleurs qui poussent sur votre côté du chemin !

 

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