11 novembre 2009
Réveillez Emily...
"Vous me demandez quels sont mes compagnons : les Collines — Monsieur — et le couchant — et un Chien — aussi grand que moi — que mon Père m’a acheté — Ils valent mieux que des Êtres — parce qu’ils savent — mais sont muets — et le bruit dans la Mare, à Midi — surpasse mon piano. J’ai un Frère et une Sœur — ma mère ne se soucie pas de la pensée — Père, trop absorbé par ses Dossiers — pour remarquer ce que nous faisons — Il m’achète beaucoup de Livres — mais me supplie de ne pas les lire — car il craint qu’ils n’ébranlent l’Esprit. Ils sont religieux — sauf moi — et chaque matin, s’adressent à une Éclipse — qu’ils appellent leur "Père". Mais j’ai peur que mon conte ne vous lasse — je voudrais apprendre — Pourriez-vous me dire comment grandir — ou est-ce intransmissible — comme la Mélodie — ou la Magie ? ”
Emily Dickinson
(Extrait de la lettre à Higginson du 25 avril 1862)
Une Emily se cache en chacune de nous, celle-ci est la plus belle.
Réveillez Emily...
06:48 Ecrit par Mialy dans Entre chien et loup | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
07 juillet 2009
Another tomorrow...

In Our Darkest Hour
In My Deepest Despair
Will You Still Care?
Will You Be There?
In My Trials
And My Tripulations
Through Our Doubts
And Frustrations
In My Violence
In My Turbulence
Through My Fear
And My Confessions
In My Anguish And My Pain
Through My Joy And My Sorrow
In The Promise Of Another Tomorrow
I'll Never Let You Part
For You're Always In My Heart...
20:42 Ecrit par Mialy dans Entre chien et loup | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
19 mars 2009
Ceci n’est pas la victoire
Au milieu de nos ruines commence un travail draconien qui sera notre tâche, à tous, pour les décennies à venir. Cela s’appelle « un engagement » : il est urgent, important et colossal. Le moment n’est ni à la liesse d’une investiture superflue, ni à l’amertume écoeurée des perdants. Il est à la remise en question et au travail. Devant le chemin cahoteux qui nous attend, le « V » victorieux paraît aussi dérisoire qu’insolent. Car, ceci n’est pas la victoire. Le vrai combat ne fait que commencer et il sera dur, il demandera des sacrifices, une abnégation et beaucoup de temps.
La démocratie, ce n’est pas un rosaire que l’on récite sur une place publique comme un mantra creux. On ne se contente pas d’annoncer qu’elle sera désormais « une réalité » quand on n’a pas encore commencé le moindre effort pour cela. Car elle doit se bâtir, elle doit se vivre et chaque jour doit la faire grandir. On ne l’affûte pas avec les armes d’une dictature et cela est vrai autant pour « l’ère Ravalomanana » et ces prédécesseurs que pour cette nouvelle que nous venons d’inaugurer, bon gré, mal gré.
Madagascar est arrivé à un point où certaines erreurs ne peuvent plus se rééditer ; « alterner » le pouvoir au forcing, preuve flagrante d’une démocratie flageolante et hasardeuse ; s’accorder le luxe de mettre l’économie aux abois quand on est soi-même un pays nécessiteux ; s’autoproclamer « porte-parole » de tout un pays quand, finalement, on ne l’est que de son propre camp ; dédaigner l’avis de ses concitoyens pour s’enfermer, obtus, dans sa tour d’ivoire de dirigeant ; administrer le pays comme on gère son entreprise ; et avoir la prétention de se croire infaillible.
Le deal, aujourd’hui, c’est de briser la crise chronique qui occulte les idées pour ne faire valoir que des démonstrations de force. Rassembler sur son sillage tout une foule, comme ce fût le cas en 1991, en 2002 et maintenant en 2009, est une prouesse que très peu pourront espérer réaliser. Mais c’est une prouesse qui ne remplacera pas les vrais débats d’opinions : entrer au pouvoir par la puissance du nombre, ce n’est pas entrer dans l’Histoire par la force des idées.
Au troisième millénaire, nous sommes sensés être un pays évolué qui se nourrit d’échanges citoyens. Nos enfants sont sensés être éduqués pour devenir, demain, des hommes et des femmes responsables qui assument leurs choix, leurs forces autant que leurs faiblesses. Et qui les assument sans mauvaise foi ni vanité, parce qu’ils sauront que certains échecs comme certaines réussites ne peuvent pas être l’œuvre d’une seule personne. Nos électeurs sont censés avoir le droit d’exiger des aspirants au pouvoir qu’ils aient des programmes solides et qui aillent au-delà des traditionnels laïus, usés jusqu’à la trame pour avoir servi d’échelle aux précédents. Nos leaders sont censés dépasser les promesses grandiloquentes sur la place publique, qui n’innovent en rien puisqu’ils se servent des mêmes mots, pour les mêmes idées et au final, les mêmes ratés. Alors non, ceci n’est pas « la » victoire. Ce pays mérite mieux et la tâche commence maintenant.
17:57 Ecrit par Mialy dans Entre chien et loup | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : madagascar, démocratie
12 février 2009
Bris de silence
Ce qui suit est paru dans "Les Nouvelles" le 18.10.08, au plus fort de l'Obamania. Au regard des ennuis que nous avons aujourd'hui, c'est peut-être un édito prémonitoire? Extrait.
"...Ce fut en tout cas une campagne ( électorale ) superbement pêchue, succulente d’insolence et tapageuse à souhait : seul le silence aurait été encombrant. Exactement ce qu’à Madagascar, nous n’aurons pas avant longtemps. Le contexte de la campagne a sans doute exacerbé les jugements, mais il est clair que l’Amérique n’est pas aphasique. Il y a aussi tout un antipode de tempéraments entre District de Columbia (DC) et Antananarivo : l’un est nerveux, démonstratif et même spectaculaire, l’autre tranquille, réservé, un peu comateux. Car DC est pionnier, Antananarivo, insulaire. Mais si autant d’implication individuelle et collective dans la vie nationale nous est encore impossible ou impensable, c’est aussi le fruit de nos décennies de désistement. L’Opposition est taxée de fragilité, le pouvoir est étiqueté de dictateur : c’est là, assez d’arbres pour cacher la forêt de nos désengagements de citoyens. Après tout, si une démocratie aussi bancale peut exister, c’est que le silence est assez assourdissant pour la couvrir.
Et viendra un temps rude où le «sarom-bilany» voudra exploser au cœur d’une marée humaine, place du 13 mai. Les espoirs évanouis et les colères refoulées seront catapultés d’un coup, au nom de tous les idéaux et avec assez de violence pour venger l’omerta volontaire. La fuite de nos engagements d’aujourd’hui voudrait excuser, demain, que l’on fasse sauter bruyamment le bâillon qu’on s’est gentiment accordé. Et on appellera cela la démocratie…
S’il y a une leçon à tirer de cette campagne américaine, ce serait celle des prises de positions de l’homme de la rue : qu’elles soient justes, qu’elles soient osées, qu’elles soient insolentes mais qu’elles soient. Des positions qui ne seront plus seulement celles d’une Opposition qui roule cahin-caha ni celles d’une mouvance séide, mais celles d’un citoyen, d’une société civile et surtout d’une jeunesse. C’est une utopie qui fera des vieux os tant qu’à la base, l’éducation citoyenne, reste poreuse. La réforme des écoles aurait été plus inspirée, si à long terme elle transformait cet aspect de l’éducation. Pour que, dans quelques années, on ait enfin de simples Vous-et-moi, libres mais concernés, pour balayer les bris de silence."
"Bris de silence"
18.10.08
17:34 Ecrit par Mialy dans Entre chien et loup | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : les nouvelles, éditorial, majorité silencieuse
08 février 2009
Blog en deuil
Vous l'aurez sans doute lu dans la presse, Antananarivo vient d'essuyer une lourde émeute où plusieurs personnes ont été tuées et blessées. C'était hier. Je m'attendais au pire. Le pire est passé. Et je m'attends toujours au pire.

Bien sûr que j'ai des choses à vous dire. Sans doute maintenant, plus que jamais. Mais je vais prendre le temps de m'en remettre: personne n'est préparée à affronter une telle tragédie. J'ai peur, je suis triste, je suis en colère. Mais par dessus tout, j'ai honte.
Car ce pays, c'est le mien...
21:32 Ecrit par Mialy dans Entre chien et loup | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : antananarivo, madagascar
25 janvier 2009
O ry vahoaka eeeee !!!!
Andry Rajoelina a été porté hier, par une véritable marée humaine, depuis la gare de Soarano jusqu’au jardin d’Ambohijatovo désormais baptisé « place de l’Indépendance ». Une démonstration de force relayée à grands coups médiatiques, via la radio Viva, qu’animent des militants de la presse « libre » --- les pasionarias, dirait-on. ---.
Cet après-midi, Marc Ravalomanana rassemble la foule à Ivato, tentant de prouver à qui mieux mieux que le «Vahoaka» est toujours de son côté. Une autre démonstration de force, diffusée en live par Mbs et Radio Mada, bonnes vieilles Pravdas locales. C’est à qui démontrant à l’autre qu’il a rameuté le plus d’imbéciles. Je suis consternée.
Samedi, midi. Je suis coincée devant le tunnel d’Analakely, attendant patiemment que cette foule incroyablement immense finisse de passer. Quand tout à coup, au milieu de la multitude, Andry Rajoelina apparaît sur le toit d’une voiture, vêtu d’une veste blanche et d’une écharpe orange, le « V » de la victoire bien en évidence. Je me rends soudainement compte que…c’est un môme. Il n’y avait pas si longtemps, ce petit gars faisait le DJ dans des soirées où des pipelettes se font draguer par des ados acnéiques: j'en sais quelque chose! Et bon sang, aujourd’hui, il parle de faire un coup d’État, de mener un gouvernement de transition, d’être le « porte-parole des Malgaches ». Mais j’hallucine ?
Je veux bien croire que Marc Ravalomanana ne soit pas, ne soit plus, le président espéré. Il a outrepassé un peu trop vite, un peu trop facilement et sans trop de scrupule, ses limites. Car la rue rend certains « imbus », surtout quand cette rue-ci se targue d’être la voix du peuple. --- Mais quel peuple encore ? --- Pour avoir laissé Ravalomanana agir à sa guise, --- au nom d’un verset bien inspiré, jamais opium n'a si bien drogué: méfiez-vous des illuminés de la Bible !!! ---, on se retrouve tous au pied du mur. Le peuple a le président qu’il mérite. « Na izaho, na ianao samy tsy nahatana ny dina natao », écrivait E.D Andriamalala… N’ayant pas voté Ravalomanana, je me félicite de ce rare insight de ma part !
Je veux encore comprendre le pourquoi de cette exaltation pittoresque pour Andry Rajoelina. Sait-on encore ce qu’il est ? Ce qu’il pense ? Ce qu’il veut ? Avec qui ? Comment ? Et surtout pourquoi ? A-t-on pris le temps de se poser ces questions, d’en obtenir des réponses claires et de prendre position ? Je ne comprends pas, je ne comprends plus, cette dévotion inouïe pour un parfait inconnu. Qui plus est, un gamin. Mifona e
16:39 Ecrit par Mialy dans Entre chien et loup | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note | Tags : andry rajoelina, marc ravalomanana.
24 décembre 2008
Raboussa no anarany !
Je ne suis pas fan de hip hop. Loin de là. Mais Raboussa est un millésime rare. Il y a de la vie. Il a de la vie. C’est hurlant de vie. C’est bruissant de vie. C’est crevant de vie. Insolent comme la liberté, libre comme l’insolence. Raboussa est un petit Queen en rap, un grand Rabe en baggy. C’est la rue, sans le trottoir.
"Bônetra" élà, ‘zà chapeau @là !
Jiolahimboto, hono ‘lisany. Angamba ? Tsy haiko. Fa tsy jio. Sady tsy boto.
Raboussa no anarany ! Voilà la différence.
09:24 Ecrit par Mialy dans Entre chien et loup | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : raboussa, rap gasy
02 décembre 2008
Blog d'Afrique
C’est en pleine « semaine malgacho-indonésienne » à grands renforts d’analogies culturelles et linguistiques que je me vois répondre à la question ici posée : « Pourquoi bloguer sur l’Afrique » qui m’amènera inévitablement à l’une des plus belles parts de mon moi malgache, l’Afrique.
La Malgache que je suis, « femme et Merina » comme voudrait le préciser un commentaire savant, ici, est une petite Afrique en fleurs. Ce n’est pas une question d’origine, ce n’est plus une question de passé, ce ne sera jamais une question de couleur. Je suis Africaine de cœur et rien de plus beau et de plus généreux ne m’est venu de ce monde qui ne m’ait été donné par ce Gondwana dont je me suis détachée, par dérive. Si je choisis de ne voir qu’un continent en guerre alors ce sera un continent en guerre. Si je choisis de ne voir que ces enfants affamés, alors ce sera ces enfants affamés. Si je choisis de ne voir que la terreur et la pauvreté, alors ce sera la terreur et la pauvreté. Mais j’ai choisi de voir ce petit village perdu au fin fonds du « berceau du monde », ces jacarandas qui tapissent d’un mauve printanier une allée étendue à perte de vue, le rire des enfants heureux se baignant dans la rivière. Je choisis de voir les nuits de musique endiablée et les couleurs chatoyantes des boubous, le fumet délicieux de la viande de bœuf affûtée et les légendes immortelles de la savane. Je choisis le marché bruyant de Merkato et les fines étoles de lin des vieilles dames. Je choisis ces longues jambes d’ébène et ces magnifiques tresses brillantes, et ce rire tonitruant qui vole en éclats, en rugissement, en clameur. Je choisis ton regard qui me dit « à bientôt ». Je choisis l’espoir de la paix et l’idée du bonheur dans ce qu’il a de plus simple et de plus résistant : un instant mais quel instant… Et je dis que c'est possible.

Indonésienne ? Malaisienne ? Austronésienne ? L’Afrique que j’aime emmerde les grandes théories. Je serai toujours ce que mon cœur me dira d’être. Alors, pourquoi bloguer sur l’Afrique ? Parce que c’est moi. :)))
14:59 Ecrit par Mialy dans Entre chien et loup | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : afrique
11 novembre 2008
Ovay ny foko...
Tompo ô, ovay ny foko mba ho mora anarina
Toy ny an'ny zazakely tsotra sady marina
Tsy mialona, tsy maditra, fa manao ny sitrakao…
Zaza ka tsy te hifidy izay omenao ahy anio
Ny ho azoko ampitso dia ankinina Aminao
Koa tsy manahy aho, f’efa niantohanao.
Zaza tsy maharo tena fa miankina amin-dray
Tsy mahery, tsy mba hendry ary tsy mahay mandeha
Ianao no Raiko tia, Raiko be faharimpo
FFPM - 470
18:48 Ecrit par Mialy dans Entre chien et loup | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : ffpm, fihirana protestanta
29 octobre 2008
Sacrée montagne!
J’ai passé deux semaines à me documenter sur…les parcs nationaux de Madagascar. Don’t ask why, il y a des passions qui se déchaînent subitement ( et bien malgré soi). Après avoir passé à la loupe les 47 aires protégées (quand je vous dis qu’il y a des passions…) J’ai choisi de vous parler de l’Andringitra, car ce parc a, disons une valeur assez sentimentale à mes yeux.

En 2004, quelques semaines avant la soutenance de ma maîtrise en sciences po, j’ai claqué la porte de la fac. La décision prise, il a fallu des sensations fortes pour avaler la pilule. Et c’est ainsi que deux jours plus tard, j’étais juchée sur le plus haut sommet jamais gravi par l’homme à Madagascar, le fameux Imarivolanitra qui culmine à 2658m. Autour de moi, un paysage lunaire et glacial à perte de vue, l’Ambondrombe où nos âmes insulaires iront se reposer et le sentiment infini d’être la montagne qui touche le ciel. Essentiellement dû à un gros taux d’alcoolémie : je me suis gavée de Galeoka, alcool artisanal qui vous rend flasque en moins de deux. Un « livre d’or » est déposé dans un petit tabernacle tout en haut du sommet ou depuis plus de 80 ans, tous ceux qui ont vu le bout de la terre depuis les rives du ciel délivrent leurs empreintes. Je n’ai aucun souvenir de ce que j’ai écrit. Le Galeoka est fort.
Le Parc National d’Andringitra est situé dans le Sud Est de Madagascar, dans la région de la Haute Matsiatra : 22°07’Sud – 22°21’Sud et 46°47’ – 47°02’Est. C’est un lieu « habité ». C’est un lieu « vécu ». Les hommes et les dieux se côtoient, se plaisent, font et défont le monde. J’aime l’idée d’éternité, qu’ici-bas comme dans l’au-delà, on appartient toujours à l’existence. Raha razana tsy hitahy, hono… Ici, la mort n’est plus cette peur de perdre un être cher, ni cette appréhension de partir vers l’inconnu. C’est un chemin, un passage d’un état à un autre. Jamais autant un peuple n’a si bien désincarné le trépas. Jamais autant la peur et l’inconnu n’ont été aussi avilis.
Andringitra se dresse devant moi. Elle est la montagne et j’étais l’amazone qui allait l’enfourcher. Ombimangan-dRasoalao… Un brouillard épais enveloppe l’atmosphère. Le froid est incendiaire. Le silence hurle à m’exploser, me renvoyant, entre les rochers le sifflement aigu du vent. Je sentais l’alcool frayer son chemin dans mes veines et je n’entendais plus que mes pas. L’ascension n’est pas difficile. Mais penser et attaquer une pente sont deux choses qui s’annulent en moi. J’avance et je ne pense pas. Ou je pense et je m’arrête.
Il y eut alors une sérénité apaisante. Devant moi, clairement, se dessinent les contours de l’Ambondrombe. J’irai parmi les miens, j’avancerais sans peur. Je vivrais. J’aimerais. Je pleurerais. Je prendrais la vie à bras le corps. Je me saoulerais. Je suis la Montagne.
Une semaine plus tard, je traverse l’Atlantique. Trois mois plus tard, j’ai un appartement. Et je rempile pour l’un des métiers les plus mal payés de Madagascar. Sacrée montagne !
15:46 Ecrit par Mialy dans Entre chien et loup | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : andringitra