08 avril 2008
Les monologues du vagin
Ilay foriko, ilay tananàko…
Saha maitso mavana sy mavokely ny foriko fahizay. Afaka nihinam-bilona tao ny ombivavy. Afaka nisafosafo ahy tamin'ny horonam-bozaka maina ilay fofombadiko.
Izao, misy zavatra eo anelanelan’ny feko. Tsy haiko hoe inona… Tsy haiko hoe aiza. Tsy tiako kitihina. Tsy tiako intsony. Hatramin’izay nitrangany. Tsy tiako intsony. Hatramin’izay. Fory tia korana ny ahy taloha, tsy andriny mihintsy, fa mitanisa izy, mitanisa foana…
Kanefa hatramin’izay nanofisako fa misy biby maty mizaitra @ kofehy mainty eo anelanelan’ny feko, dia nangina izy. Mameno ny tenako ny fofona maimbon’ity biby ity. Mandeha rà ny tendany, voakapa, ka mandoto ny akanjoko.
Nahafantatra ny hiram-behivavy, ny hiran’ireo tantsaha, ireo hiran’ny alan-dohataona sy ny vazon’ny firenen-drehetra ny foriko. Fa tsy nihira intsony izy, rehefa nampidirin’ireo miaramila tany anatiny ny loha-basiny. Mamanala ery izato vy, ka nangatsiaka hatramin’ny foko. Hitifitra ve izy ireo, sa hasisiny hatrany anatin’ny ati-dohako efa folaky ny tahotra ity basy ity : tsy haiko. Fa...nandentika tavoahangy, kanonta sy vodin-kifafa tao anatiko ny enina t@ ireo biby mahatsiravina misaron-doha mainty ireo.
Renirano mahafinaritra hilamanosana ny foriko fahizay, rano mangaharahara, mitsoriaka ambon’ireo vato danihan’ny masoandro, ambonin’ny vaton-kindiko. Nikoriana hatrany hatrany. Fa hatramin’ny nahenoko ilay hiaka maranitry ny nofoko rovitra, dia tsy nikoriana intsony ilay renirano. Tsy nikoriana intsony, rehefa niongotra teo an-tanako ny ilan’ny foriko, ny ilan’ny kindiko. Ilay foriko. Ilay tananako. Tanana velona, mamy sy mafana. Ny foriko, ilay toerana nahaterahako.
Nandritran’ny fito andro, dia nifandimby izy rehetra, nameno tembo ny anatiko, maimbo tay sy lo. Hatramin’izay dia tsy nitoerako intsony ny foriko. Lasa renirano nisarika nana sy poizina aho, hany ka maty avokoa na ny vokatra, na ny trondro.
Ilay foriko, ilay tananako, mamy sy mafana. Notafihany ianao. Novonoiny. Nodorany. Tsy afaka mikitika anao intsony aho. Tsy afaka hijery anao intsony. Any an-kafa aho no mitoetra, ankehitriny. Any an-kafa. Fa tsy haiko hoe aiza.
18:06 Publié dans Des vagues... | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note | Tags : eve ensler, monologues du vagin
04 avril 2008
Tabataba
- Ireo Panama ireo no tena mpivaro-tanindrazana! Ny MDRM ihany no tena tia tanindrazana!
- Misy mpamadika amintsika e, natakalo vola kely avy amin’ny vazaha ny ain'ny mpiray firenena.
- Nefa izao, jereo fa miriaria miaraka amin'ny taranany ihany. Kanefa ny anay, maty vono!
22:34 Publié dans Des vagues... | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : 29 mars 1947
26 mars 2008
Islam
17:04 Publié dans Des vagues... | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : islam, musulman, femme, djamaat
10 mars 2008
Nanisme insulaire
Il y a une explication. En 2007, je me souviens d’avoir écrit un article où il était question des travaux de quelques chercheurs britanniques sur le phénomène du « nanisme insulaire ». C’est à partir des primates de Madagascar que ces scientifiques ont basé leurs recherches en tentant d’éclaircir le mystère de la petite taille des peuples insulaires. La mer, rempart frontalier plutôt coriace, a largement limité les migrations si bien que les occasions « d’améliorer » la race ont été assez réduites. L’alimentation et le mode de vie en général dans les régions enclavées conditionneraient le développement physique. Ce serait, entre autres, la raison de notre "nanisme" national.
Ce qui est très bien, à mon avis. J’aime beaucoup les grandes filles mais je suis une orientale : je préfère les petites, les menues, celles que les hommes peuvent regarder sans jamais devoir se demander s’ils devront porter des talonnettes, celles dont ils peuvent tenir les mains enfermées dans leurs poignées et celles qu’ils peuvent appeler « Piso » ( châton) sans se demander tout bas si « girafon » ne serait pas plus approprié. D’ailleurs, et fort heureusement, nos canons de beauté n’ont rien à voir avec ceux que l’on voit en Occident.
Les femmes de leur côté ne font généralement pas trop de fixette sur la taille de leurs partenaires. J’imagine que quand on mesure 1,50m, on peut difficilement trouver plus petit que soi. Mais une chose est sûre, les grands garçons l’emporteront toujours sur les petits. C'est une question très physique voire sensuelle : être une fée clochette dans les bras d’un géant, c’est une expérience à vivre (mmmmhhhhh). Quoi que, une fée clochette dans les bras d’un schtroumpf, c’est très sympathique aussi.
Mais bien sûr, notre taille a évolué. Pour vous dire. Ma paroisse ( où je vais une fois l’an et un dimanche au pif, mais
c’est un autre débat ), est l’une des plus anciennes d’Antananarivo et ses banlieues. Inaugurée par Rainilairivony en 1861, elle a gardé quelque uns de ses tout premiers bancs : les fidèles n’aiment pas trop l’idée de muséifier l’église. Malheureusement, seuls les enfants peuvent encore utiliser ces bancs séculaires, parce qu’ils sont étrangement petits. Un genre d’ankalana qui peut être très embarrassant pour les dames en robe. À moins de plier les jambes de côté, ce qui est très fatigant. Encore plus poilant, si un jour vous visitez le palais d’Ambohimanga. Demandez à voir un lit royal : c’est un berceau en futon…Je dirais donc, à la lumière de ces petites anecdotes, qu’il y a eu une progression de 15 à 20 cm sur notre taille. Dieu merci, il nous faudra sûrement encore quelques siècles pour avoir une moyenne nationale de, disons 1,75m ? Je suis heureuse d’être déjà morte à ce moment, il n’est pas question que je chausse du 38.10:40 Publié dans Des vagues... | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : taille, nain, nanisme, insulaire, madagascar
20 janvier 2008
La première salope???

- 75 000 avortements chaque année.
- 40% de décès soit 30 000 femmes, décédées au cours ou après l'intervention.
- Les 15-39 ans sont les principales candidates à l'avortement, mais la majorité ont un niveau de vie et d'instruction acceptables ( bacc et plus).
- 24% de couverture contraceptive.
- 25% de naissances non désirées.
- 5,2 enfants par femme ( mais qui peut aller jusqu'à 7-12 enfants dans certaines régions reculées)
- A Madagascar, l'avortement est interdit même en cas de danger pour la santé ou la vie de la mère, même en cas de viol et même en cas d'inceste. Avec une peine allant d'un à cinq ans d'emprisonnement et une amende de 360 000 à 10 800 000 Ar.
- " Avorte de ton gosse et viens m'en parler", fustige H, "On en rira même ensemble, si tu veux"
- " De toute façon, les viols, trois fois sur cinq, ce sont les filles qui l'ont provoqué alors..." lance F.
Ok. Nous autres qui voulons un avortement libre, on est casé parmi les immoraux et les moins que rien. On a l'habitude qu'on nous attribue la paternité des "gros scandales". Ok, nous en assumons la responsabilité, on est bâti pour ça. Mais épargnez-nous de vos sarcasmes minables et stériles: vous valez mieux que ça, nous en sommes convaincus !!!
La situation des femmes malgaches n'est pas une exception. Nous vivons ce que vivent toutes les femmes du monde. Ici, la couverture contraceptive est encore très en-deçà de la demande. Et c'est un vrai souci dans une société à la sexualité debridée ( c'est une affirmation, pas une critique haha) où les premières relations sexuelles se font de plus en plus tôt, les préventions sont encore très maladroites et les cas d'avortements, de plus en plus nombreux. Parce qu'ils sont interdits, les avortements se font clandestinement et généralement dans des conditions hygiéniques et sanitaires déplorables et rarement par la personne compétente. Ces 30 000 décès, nous avons le pouvoir de les éviter si la loi autorise que l'intervention se fasse dans un centre hospitalier et par des médecins et bien sûr, dans un délai strict et rigoureux fixé par la loi.
Des deux choses l'une: soit nous campons derrière nos magnifiques convictions d'un monde parfait. C'est très beau et ça ne résoud rien. Soit on choisit d'agir et faire en sorte que toutes les naissances soient le fruit d'un choix et non d'une contrainte. Faire en sorte que les femmes violées ou victimes d'une inceste n'aient pas à porter le fruit de leur humiliation. Faire en sorte que la loi permet aux femmes dont la grossesse menace la vie puisse de bénéficier d'un avortement thérapeuthique. ( actuellement, l'ITG est reconnue par la déontologie médicale malgache en cas de problème de santé mais la loi ne la reconnaît pas. )

Ceci étant, je dis oui à une campagne intensive sur la planification familiale et sur les préventions. Je plaide pour une meilleure information des jeunes dans les écoles et dans chaque famille, la vulgarisation au maximum des préventifs et surtout l'accès facile et gratuits des contraceptifs. Dès que les filles demandent des contraceptifs, dès que les gars demandent des préservatifs, IL FAUT LEUR DONNER et EXPLIQUER COMMENT CELA FONCTIONNE!!! Oui, on peut toujours discuter, convaincre, "faire l'éducation" des gens ( à Mada? c'est faisable ????) mais on n'est jamais sûr de rien. Mieux vaut prévenir que guérir. Avoir un bébé à 17 ans, c'est une connerie. Mourrir d'un avortement, c'est une connerie. Attraper une IST ou le sida, c'est une connerie. Une bonne information le plus tôt possible, c'est ça aussi par ce moyen là que nous réduirons les 75 000 cas d'avortements par an.
23:30 Publié dans Des vagues... | Lien permanent | Commentaires (51) | Envoyer cette note | Tags : DEPENALISATION, AVORTEMENT, IVG, FEMMES, MADAGASCAR
13 décembre 2007
Tsy an-jaza
Le message est fort et oblige à faire volte-face à moins de tenir absolument à s’écraser dans le décor. L’avertissement vaut pour le gagnant et le perdant car l’équilibre ainsi forgé par les urnes devient la « ligne sacrée », la limite virtuelle mais très présente des choses possibles, des choses faisables, des choses impossibles et des choses auxquelles il ne faut même pas penser. L’air de toujours dire : « Je t’ai à l’œil. »
14:15 Publié dans Des vagues... | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : ANTANANARIVO
23 octobre 2007
On est tous Africains

Et de tels propos, on ne les dit qu’aux Africains. Oserait-on dire cela aux Américains ? aux Japonais ? aux Européens ? Les « héros » de l’Histoire, entrés dans les annales de la mémoire collective en vainqueurs, sont encensés. Mais, on donne des leçons aux perdants, on les ramène à leur niveau de « pays pauvres », ceux de ce continent noir. Ainsi, par exemple, lorsque Madagascar passe dans les journaux télévisés occidentaux, on voit les mêmes images de la précarité et on entend « la » phrase consacrée: « Ce pays, parmi les plus pauvres du monde… ».
Bien sûr, l’Afrique est pauvre. Bien sûr, le niveau d’éducation y est faible et les enfants peuvent encore y mourir de faim, de diarrhée, ou de paludisme. Mais tout cela, ce ne sont pas des problèmes « africains », ce sont des problèmes humains. On ne le voit peut-être pas, du haut de leur soi-disant piédestal de vainqueurs, mais l’Afrique est en train de se battre pour son avenir. On ne le voit peut-être pas, mais l’Afrique d’aujourd’hui est aussi un continent actif, qui forme des leaders, qui veut sortir « vainqueur ». Dans la vision tacitement approuvée de ce qu’est le développement, enfermée dans le carcan manichéen de ceux qui réussissent et de ceux qui échouent, on ne voit de ce continent que son visage défait. Si la « bienséance morale » voudrait que « l’homme pauvre à l’avenir sombre » soit un Africain, alors on a tous été, à un moment ou un autre de nos vies, des Africains…
Mialisoa Randriamampianina.
20:35 Publié dans Des vagues... | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : AFRIQUE
14 septembre 2007
La République des incantations
Dans un pays de grands orateurs, élevés à la subtilité des mots et à la finesse du verbe, il est toujours curieux de constater que le discours devient de plus en plus plat. Aux grandes joutes verbales succèdent des slogans fades qui vous rappellent que, oui, on en est vraiment là.
C’est une marque de fabrique qui s’immisce insidieusement dans les esprits. Tant et si bien que lorsqu’un candidat énumère son programme, il faudra, s’il veut capter l’attention de son public, qu’il sorte « le » slogan. Le discours, même sans intérêt, suscitera l’ovation lorsque la formule est bien placée. Car plus qu’une idée innovante, bien mieux qu’un projet révolutionnaire, l’ « incantation » est un électron fédérateur. Une petite subtilité qui dénivelle la campagne en une « prospection » d’électeurs sans trop de façon.
Rien de bien méchant, mais un tantinet vulgaire, quand on y pense. Car ces sésames n’ouvrent pas toujours les portes de l’échange d’idées. Au contraire, la manière de les marteler à tout va ressemble étrangement à un propagandisme agaçant. A force de s’investir dans cette technique, la relation entre le politicien et l’électorat est devenue le « bureau des plaintes ». Le premier, assigné à l’écoute des attentes du second. Le second, dans la peau d’une victime, à la recherche d’une épaule amie sur laquelle s’épandre en doléances…Un échange vertical qui perpétue le déséquilibre, assimilant l’élu et son électeur au statut du père et son fils. Un paternalisme usé jusqu’à la trame, d’autant plus mal approprié qu’à ce tournant important où la société civile réclame son droit au dialogue, on lui sert un discours « congelé », adapté et adaptable à tous les contextes
Les « incantations politiques » ne sont pas une nouveauté. Il y en a eu un bien avant et il y en aura bien après. Et malheureusement pour nous, ces…mantras d’un autre genre supplantent le débat politique que l’on n’a toujours pas.
Mialisoa Randriamampianina
20:30 Publié dans Des vagues... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Madagascar, législatives, campagne
12 août 2007
A toi, Sarkozy
Plusieurs écrivains africains se joignent à Raharimanana pour répondre à la petite "leçon de français" du président Sarkozy, à Dakar.
Antananarivo, le 3 août 2007
Monsieur le Président,
Vous étiez venu dites-vous à Dakar nous parler — nous les Africains —, avec franchise et sincérité, vous étiez donc venu avec tout le fond de votre pensée, car c’est ainsi je crois qu’on qualifie la franchise et la sincérité, un échange sans fard et sans arrière-pensée. Nous prenons donc acte de la conception que vous avez de ce continent et de ses habitants. Vous étiez venu dites-vous pour nous assurer que la France s’associera à nous si nous voulons la liberté, la justice et le droit, mais permettez-moi d’être franc et sincère également.
Au lendemain de votre discours, que faisiez-vous donc avec Omar Bongo, quarante ans de règne dans la dictature, un doyen dites-vous, et quel doyen dans la corruption et l’aliénation de son pays ! De quelle liberté, de quelle justice, de quel droit parlez-vous ? Je n’ose même pas vous poser la question concernant votre sourire à cet autre grand dictateur africain : Muammar al-Kadhafi ! Que dire du don nucléaire que vous lui promettiez ? Il serait maintenant fréquentable ? Sincèrement ? Mais soit… Nous les Africains manquons un peu de raison et ne comprenons pas ces subtilités qui nous éloignent de la nature et de l’ordre immuable des saisons.
Vous étiez donc venu — vidi vici complétera l’autre, regarder en face notre histoire commune. Fort bien ! Votre posture tombe à propos pour une génération d’Africains et de Français avides de comprendre enfin ces drames continuels frappant l’Afrique. Il nous reste simplement à tomber d’accord pour définir le sens de ce mot histoire. Car quand vous dites que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire, vous avez tort. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’esclavage a changé la face du monde. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’Europe s’est partagé notre continent. Nous étions au cœur de l’histoire quand la colonisation a dessiné la configuration actuelle du monde. Le monde moderne doit tout au sort de l’Afrique, et quand je dis monde moderne, je n’en exclus pas l’homme africain que vous semblez reléguer dans les traditions et je ne sais quel autre mythe et contemplation béate de la nature. Qu’entendez-vous par histoire ? N’y comptent que ceux qui y sont entrés comme vainqueurs ? Laissez-nous vous raconter un peu cette histoire que vous semblez fort mal connaître. Nos pères, par leurs luttes sont entrés dans l’histoire en résistant à l’esclavage, nos pères par leurs révoltes, ont contraint les pays esclavagistes à ratifier l’abolition de l’esclavage, nos pères par leurs insurrections — connaissez-vous Sétif 1945, connaissez-vous Madagascar 1947 ? ont poussé les pays colonialistes à abandonner la colonisation. Et nous qui luttions depuis les indépendances contre ces dictateurs soutenus entre autres par la France et ses grandes entreprises — le groupe de votre ami si généreux au large de Malte par exemple, ou la compagnie Elf.
Savez-vous au moins combien de jeunes Africains sont tombés dans les manifestations, les grèves et les soulèvements depuis cette quarantaine d’années de dictature et d’atteinte aux droits de l’homme ? Fait-on partie de l’histoire quand on tombe dans un coin de rue d’Andavamamba, les bottes des militaires foulant votre corps et vous livrant aux chiens ? Croyez-vous vraiment que jamais l’homme (africain) ne s’élance vers l’avenir, jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin ? Jamais dites-vous ? Devons-nous l’interpréter comme ignorance, comme cynisme, comme mépris ? Ou alors, comme ces colonisateurs de bonne foi, vous vous exprimez en croyant exposer un bien qui serait finalement un mal pour nous. Seriez-vous aveugle ? Dans ce cas, vous devriez sincèrement reprendre la copie nous concernant. Vous avez tort de mettre sur le même pied d’égalité la responsabilité des Africains et les crimes de l’esclavage et de la colonisation, car s’il y avait des complices de notre côté, ils ne sont que les émanations de ces entreprises totalitaires initiées par l’Europe, depuis quand les systèmes totalitaires n’ont-ils pas leurs collaborateurs locaux ? Car oui, l’esclavage et la colonisation sont des systèmes totalitaires, et vous avez tort de tenter de les justifier en évoquant nos responsabilités et ce bon côté de la colonisation. Mais tout comme vous sûrement, nous reconnaissons qu’il y a eu des «justes».
Or vous savez fort bien que les justes n’excusent pas le totalitarisme. Vous avez tort de penser que les dictateurs sont de nos faits. Foccart vous dit peut-être quelque chose ? Et les jeux des grandes puissances — dont la France évidemment, qui font et défont les régimes ? Paranoïa de notre part ? Oui, nous devons résister, et nous résistons déjà, mais la France est-elle franchement de notre côté ? Qui a oublié le Rwanda ? Vous appelez à une «renaissance africaine», venez d’abord parler à vos véritables interlocuteurs, de ceux qui veulent sincèrement et franchement cette renaissance, nous la jeunesse africaine, savons qu’ils ne se nomment pas Omar Bongo, Muammar al-Kadhafi, Denis Sassou Nguesso, Ravalomanana ou bien d’autres chefs d’Etat autoproclamés démocrates.
Nous vous invitons au débat, nous vous invitons à l’échange. Par cette lettre ouverte, nous vous prenons au mot, cessez donc de côtoyer les fossoyeurs de nos espérances et venez parler avec nous. Quant à l’Eurafrique, en avez-vous parlé à Angela ?
Sincèrement et franchement à vous.
Raharimanana et les écrivains
Boubacar Boris Diop (Sénégal),
Abderrahman Beggar (Maroc, Canada),
Patrice Nganang (Cameroun, Etats-Unis) Koulsy Lamko (Tchad),
Kangni Alem (université de Lomé),
et l’éditrice Jutta Hepke (Vents d’ailleurs).
Retrouvez cette lettre ici
11:10 Publié dans Des vagues... | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Dakar
10 juillet 2007
Téléphone rose
Compte à rebours. « Allô…Allô ?….Allô !!! Bonjour njy e…Ca va njy ? Keskeutufééééé ?…10 sec…Alors, on se voit quand ?…Tu ne peux pas… Demain alors ? Ou après-demain…30 sec….Tu rentres à quelle heure ?…Et donc t’as pas un break pour qu’on se voit un peu ? Juste un peu de temps rien que toi et moi…Comme au bon vieux temps…OK, alors j’insiste pas…Sinon, tu passes une bonne journée ?…Cool…Tu as l’air de bien t’amuser…Sans moi, ceci étant…40 sec…Tummanktuséééé…Jetèmetuséééé…T’as l’air vachement occupé…Tu veux que je te laisse ?…52 sec…OK Alors… Je te laisse…Bisous njy eee…Je t’ai…bip bip bip bip…me. Allô ? 59 sec. Allô…Et tu as raccroché… »Allez, on remet ça. « Bip..(c’est la sonnerie)…Bip…Bip… Bip…Bip… Bip…Bip… Bip…Bip… Bip…Bip… Bip…Bip… Bip…Bip… Bip…Bip…Votre correspondant ne répond pas. Veuillez rappeler ultérieurement."
OK. On est optimiste. Crise de surdité passagère. Au petit coin, genre diarrhée imprévue. OK. Y a pas le feu. On y va. « Bip…Bip…Le téléphone de votre correspondant est éteint ou hors de la zone de connexion… »
OK. OK. Entré sous un tunnel. Y a pas de réseau, dans un tunnel. Alors le téléphone est mort. Ou alors, panne de batterie. Oublié de recharger. Ca arrive, surtout que le stress du boulot et tout le tintouin, ça finit par vous brouiller les repères. On a l’air de squatter sa vie, là ? Hein, on a l’air genre Bridget Jones court après Mr Darcy ? Ouais, but c’est vachement tôt pour tirer des conclusions. Bon, on remet ça. Mais peut-être qu’il va rappeler. OK. Attendons qu’il rappelle.
Il va rappeler. Impossible qu’il ne le fasse pas. Ou bien à court de crédit ? Ca arrive. Bon. On fera bien de rappeler parce que si ça se trouve, il ne peut pas rappeler. Alors qu’il meurt d’envie de le faire. OK. On y va. « Bip…Bip…Allô ? Allô…Za iany…Juste te dire que tummanke. Jtemankociiiiii ?…10 sec…OK. Ahem. OK. Je dérange encore….35 sec…Mais comme on se voit jamais, imagine qu’on cesse de s’appeler…45 sec…Je sais que tu es occupé, d’ailleurs moi aussi, mais on en est couple, non ?…On pourrait bip…bip…Raccroché. »Raccroché. Ah, le con.
Tout cela pour vous dire que je hais le téléphone. Une invention de dingue. Cet appendice à ondes, dessert la communication intra-couple. J’en arrive à hurler : « Mais si tu veux qu’on ne se voit plus, fais-moi savoir », dans l’espoir d’une réaction, quelque chose d’autre que de l’indifférence, que cette connerie de bip-bip à la con. Non. On m’a raccroché au nez. Ca veut dire quoi ? Qu’on rompt ? Qu’on ne rompt pas ? Qu’on fait comme si de rien n’était ? Quel est le sens du raccrochage au nez dans le vocabulaire téléphonique amoureux (ou non, d'ailleurs, je ne sais plus)? Et paradoxalement, plus les pubs clament que le téléphone nous rapproche, plus on s’éloigne l’un de l’autre. Et imaginez un peu la
tonne de questions qui peuvent se poser quand un cellulaire sonne libre, est éteint, est hors réseau, est sur messagerie. Aaaaaahhhhhhhh!!!! Zut. Mais évidemment, ce sont des questions qui peuvent ne pas se poser si d'emblée on pouvait se dire qu'on a aucune raison de les poser. Donc. Aaaaaaaaaahhhhhhhhhh!!!!! ZUT!21:45 Publié dans Des vagues... | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : téléphone



