26 avril 2008

Plugged In: The End of the Oil Age

Gland, Suisse / Bruxelles, Belgique – Une récente étude du WWF montre que les véhicules électriques ou hybrides constituent une solution prometteuse en matière de transport durable : ils contribuent à réduire les risques de catastrophe climatique et d’éventuels conflits suscités par la constante réduction des ressources pétrolières. «Plugged In: The End of the Oil Age» (disponible en anglais uniquement) considère que l’avenir du secteur des transports repose actuellement à 95% sur les hydrocarbures liquides, et analyse les possibles avantages et impacts de l’électricité par rapport à d’autres substituts du pétrole pouvant servir de carburant à de futurs moyens de transport.

Cette étude montre que les véhicules fonctionnant entièrement ou partiellement à l’électricité fournie par le réseau de distribution sont bien plus efficaces et peuvent émettre moins de gaz à effet de serre que nombre de soi-disant « carburants alternatifs », et ce même lorsque l’électricité est essentiellement produite à partir de combustibles fossiles. Il est certain qu’avec une nouvelle génération d’électricité moins polluante et un recours plus important aux énergies renouvelables, nous constaterons à l’avenir une amélioration de la performance relative et des avantages en termes de pollution du transport électrique. « Nous devrions tous préférer la marche, le vélo, les bus ou les trains pour nos déplacements. Mais les voitures demeureront inévitablement un des moyens de transport les plus utilisés. Les voitures du futur devront être beaucoup plus performantes – plus petites, plus légères, plus aérodynamiques – et il faudrait qu’elles fonctionnent de plus en plus à l’électricité, » a déclaré James Leape, directeur général de WWF International.

À l’heure actuelle, alors que le pétrole est de plus en plus difficile d’accès, les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, l’Australie et l’Afrique du Sud recherchent activement des techniques visant à créer des combustibles liquides à partir du charbon. « Les combustibles liquides provenant du charbon coûtent cher, consomment beaucoup d’énergie, sont extrêmement polluants et n’ont jusqu’à présent été utilisés à grande échelle que dans des pays en état d’urgence, » a expliqué Dr. Gary Kendall, auteur de cette étude. Parmi les autres alternatives à l’habituelle extraction du pétrole, on trouve l’exploitation des sables pétrolifères, laquelle génère trois fois plus d’émissions que la production de pétrole et détruit l’environnement local. 

Le rapport montre également que les véhicules électriques peuvent se révéler trois fois plus performants que les véhicules fonctionnant avec des hydrocarbures, et surtout, que ceci est réalisable en ayant recours aux technologies et aux infrastructures de distribution déjà en place. « Le transport automobile est prêt à évoluer », a déclaré Dr. Kendall. « Nous devons accélérer la commercialisation des véhicules fonctionnant avec des sources primaires d’énergie diversifiées. Ceux-ci doivent être très performants et compatibles avec un avenir énergétique basé sur la durabilité et les énergies renouvelables. L’électrification du transport automobile est un moyen prometteur de parvenir à cet objectif. » 

Dans ce but, le rapport préconise de favoriser l’entrée sur le marché de technologies supérieures et d’annuler toute une série de subventions cachées ou non en faveur de l’utilisation de combustibles liquides. À l’instar d’autres appareils énergivores, les voitures devraient avoir un label de performance énergétique et devraient répondre à des critères d’amélioration de leur performance énergétique. Les mesures d’économie de carburant basées sur les combustibles liquides (par ex. la consommation de litres aux 100km) et les objectifs d’émission de CO2 devraient être remplacés par des indicateurs de l’énergie consommée par kilomètre qui restent neutres par rapport à la technologie employée.

De WWF visible sur www.panda.org 

 

* Les transports constituent le seul secteur qui dépende autant du pétrole. Ils sont la deuxième plus grande source d’émissions de gaz à effet de serre dues à l’utilisation d’énergie après le secteur de l’électricité. Il y a actuellement environ 800 millions de véhicules dans le monde et ce nombre pourrait doubler d’ici 25 ans selon le World Business Council for Sustainable Development  (Mobility 2030).

* Les véhicules électriques peuvent être quatre fois plus performants que leurs équivalents à combustion interne. Dans un véhicule mécanique conventionnel, seule 18 à 23% de l’énergie contenue dans le combustible est transformée en mouvement, tandis que les véhicules électriques utilisent ainsi jusqu’à 75% de l’électricité prise sur le réseau. 

* Des études récentes ont montré qu’un nombre important de véhicules électriques peut être mis en circulation sans conséquences pour les infrastructures électriques, à la condition que ces véhicules soient chargés en heures creuses (cf. « Impacts Assessment of Plug-In Hybrid Vehicles on Electric Utilities and Regional U.S. Power Grids - Part 1: Technical Analysis », Pacific Northwest National Laboratory, 2006).
 

25 décembre 2007

Noël sous les tropiques

Je suis convaincue que le Père Noël existe, mais je n'arrive pas à me le figurer dans un pays chaud. C'est d'ailleurs un truc assez rigolo car ici, personne ne pense à "trpoicaliser" le Père Noël. On entend en boucle à la radio des "Vive le vent d'hiver!" et des "Noël, mon beau rêve blanc", dans un pays où il fait 28-30° en décembre! Alors, d'ici, sous le soleil tapant, sous la pluie diluvienne et la bonne humeur : Bon et joyeux noël à tous et à toutes. 

 

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19 décembre 2007

Ceux qui disent pourquoi pas

"Some people see things as they are and say why ? I dream things that never were and say why not?" Kennedy, 1968. Ils étaient là. Leurs bougies s'allumant une à une devant leurs yeux songeurs. L'aventure ne s'arrêtait pas, ils le savaient. Et dans le silence de l'instant, ils avaient cédé la place au rêve. "Pourquoi pas?" se disent-ils, tout bas. 

 

Yltpiens

 

Lire "Ouaillealtipien". Quand vous faites partie des 25 sélectionnés sur les 500 pour participer au Youth Leadership Training Program (YLTP) de la Fondation allemande Friedrich Ebert, vous êtes un Yltpien. Lorsque votre formation (qui est plus un "coaching") est terminée, les uns disent que vous êtes un "leader", les autres disent que vous êtes un "meneur", ou bien un "ex-Yltp". Honnêtement, le mot "leader" me parait un peu pompeux, je ne sais pas, je trouve cette appellation lègerement ...enflée! Bof, bref. J'ai un petit faible pour "Yltpien" et donc ce sera désormais la seule appelation utilisée sur ce blog. De toute façon, cémwakikomande.

Si vous vous demandez de quelle manière cela nous a changé, hé bien, itou, ai pensé. Je vais vous épargner des discours emmerdants et emphatiques du type "Participer au développement socio-économique de Madagascar", "Faire le saut qualitatif", " Soutenir l'émergence de la nouvelle génération d'intellectuels". Et vous n'aurez pas de cours de pédantismes moraux un peu trop habituels dans ce coin du monde ("faire abnégation de soi, aller au sacrifice"). Pffit! Je ne suis définitivement pas dans ces eaux-là. Beaucoup d'anciens Yltipiens et d'autres gens aussi d'ailleurs se noient dans ces convictions élitistes un peu pétantes. Ce n'est peut-être pas mauvais en soi, mais bof. 
 
Tout ce qui importe, c'est de se préserver une part de vérité, se donner toujours la chance de se remettre en question, accepter de ne pas être parfait et  s'accorder le privilège et le plaisir d'aller vers l’autre. Il n'est pas pas forcément important d'être de ceux qui « prennent le pouvoir », ni de ceux qu’on appellera « Ramose… ». Ce qui importe c'est de faire du mieux que l'on peut avec ce qu’on a, d'apprendre chaque jour à faire la différence, de voir les choses comme elles pourraient être et de se dire « Pourquoi pas ? ». Voila, mon Yltp. Et ce fut une très bonne expérience, je vous le conseille. 
 
 
Je me relis et j'ai l'impression d'avoir bu en écrivant. 'Y a un air de makafoka, quelque part. Non?  
 

 
 

28 octobre 2007

Oiseaux de Madagascar

Fait rare, un oiseau s'est posé sur ma fenêtre samedi matin. Très petit. Fody ve? Je n'en sais rien mais son apparition furtive m'a gardé un joli sourire  toute la journée. Je commence à exceller dans l'art du sourire idiot. Mais ma boule de plumes me rappelle qu'il y a des choses à raconter sur les oiseaux malgaches et ceux de l'océan Indien. L'encyclopédie sonore par exemple. Et le birdwatching aussi. 

3a6c41835c9a5d9abff1c872863ee196.jpgUn son rugueux. Six à huit notes sifflées en série, portant loin, émises alors que l'oiseau est dans son envol. C'est le chant du Ganga masqué de Madagascar, oiseau endémique connu sous le nom de Katakara. Le chant du Ganga a été capté en fin d'un après-midi de septembre 1983, à Ambararata, près de Morondava, par un passionné de l'avifaune, Pierre Huguet. Il enregistre les oiesaux depuis 30 ans. Cet enregistrement figure parmi les chants de 327 espèces d'oiseaux de Madagascar et des îles soeurs, regroupés dans la toute première encyclopédie sonore des oiseaux de l'océan Indien. Cette encyclopédie, un coffret de quatre compacts disques complété par un livret, a été présenté par WWF Madagascar à l'occasion de Birdfair, une manifestation consacrée aux oiseaux.Ces 327 espèces font partie des 344 dont le son a été scientifiquement déterminé. Il s'agit d'espèces nicheuses, de passage, introduites ou hivernantes à Madagascar, sur les îles Comores, Seychelles et La Réunion.

 

2df8a86ca115128f055ada9c59ca80c3.jpg A ce jour, aucune banque de données exhaustives n'est encore disponible en matière d'ornithologie dans l'Ouest de l'océan Indien. Ce guide sonore établit donc une classification affinée des espèces, une historique approfondie de l'évolution migratoire et morphologique ainsi que des mécanismes de transport des oiseaux sur une longue distance. Cette encyclopédie est d'ailleurs, pour l'avifaune malgache, un outil de référence. En effet, parmi les îles de l'océan Indien, Madagascar est la seule, dérivée du Gondwana: comparé aux oiseaux de Maurice, La Réunion ou les Seychelles, des îles nées de récentes formations volcaniques, le patrimoine ornithologique malgache est donc l'un des plus anciens et des plus authentiques.

 Birdwatching day 2007 

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Et sachez aussi que si vous êtes dans les parages, à partir du 30 octobre et pour quatre jours, vous pourrez découvrir et/ou redécouvrir les oiseaux de Madagascar. Ce sera à Taolanaro ( ou Taolagnaro, je ne sais plus, que quelqu'un me corrige) durant le « Birdwatching Day 2007 »  organisé, depuis 2001 dans cette région, par Qit Madagascar Minerals (QMM), Rio Tinto et Birdlife International.L'observation se fera au coeur de ce qu'on appelle « zone importante pour la conservation des oiseaux » (Zico), à  Tsitongambarika et Mandena.

 

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Mais c'est dans le village d'Ivorona ( le cas de le dire, n'est-ce pas?) que les organisateurs prévoient des séances d’observation d'oiseaux; amateurs et passionnés pourront se délecter du spectacle, appareil photos et jumelles en mains.Les birdwatchers auront aussi l'occasion d'explorer les forêts environnantes qui abritent  certaines espèces... Pô mal, nan?

 

 
Aaaaah, ireo vorona amin'ny sary faharoa sy fahatelo ireo dia hitanareo eny @ delta de Mahavavy. Ilay sary faharoa no atao hoe Sarcelle de Bernier izay tsy fahita afa-tsy eto Madagasikara. Ireo fahatelo kosa dia flamants roses, izay karazana vano betsaka indrindra. Fa tena tsy nahita sary aho, ho an'ilay ao Taolanaro. Sa Taolagnaro e? ( nisy niteny tamiko hoe efa misy fomba fanoratra raikitra io tanàna io fa tsy tadidiko hoe iza amin'ireo ilay marina...) Fa soloiko ilay sary, rehefa e. :))) 

17 octobre 2007

Non à la misère

974b45261a90490919ae391d7b9ca8dd.jpgAnselme Ratsimbazafy a vécu dans les rues d’Antananarivo pendant dix ans. Ancien professeur d’histoire, sa vie bascule à cause de l’alcool. Divorce, endettement, chômage…Il se retrouve à la rue, seul et démuni mais a choisi de remonter la pente. Voici le témoignage d’un ex-SDF, à l’occasion de la journée mondiale du refus de la misère, célébrée aujourd'hui.
 
 L.N : Qui êtes-vous, Anselme Ratsimbazafy ?

Anselme Ratsimbazafy : Un Malgache, un 4’mis, un professeur d’histoire, un homme de 47 ans, un père de famille…Faites votre choix ! Il fut un temps où j’étais un homme respecté car je représentais la réussite. J’ai fait des études, j’ai enseigné, je me suis cultivé. Après ma faillite, je suis devenu transparent. Je n’accuse personne mais j’ai aussi compris que l’argent pèse lourd dans le respect des autres. J’ai mes torts et je les assume mais la désillusion a été la plus forte, l’indifférence vous marque un homme.

Comment cette période de votre vie vous a-t-elle changée ?

L’instinct de survie est une chose extraordinaire. Seul, au bord du gouffre, vous savez que vous n’avez plus le choix, vous devez remonter la pente. J’ai compris que la vraie richesse des hommes libres, c’est d’avoir le choix.  Malheureusement, je ne l’ai compris que trop tard, mais prendre conscience de cette vérité m’a changé.

De quelle manière pensez-vous refaire votre vie ?

A un moment, je suis retourné à Imamba, ma région natale. Là-bas, je me suis défait de mon penchant pour l’alcool mais côté travail, ce n’était pas intéressant. Alors je suis revenu à Antananarivo. Au début, je vivais de petits boulots, « irakiraka ». Puis, mes patrons ont compris que je pouvais enseigner. J’ai fait faire des révisions à des enfants et des lycéens, donné des cours d’alphabétisation à des adultes, grâce à mes employeurs qui m’ont conseillé à leurs amis. Tout en étant l’homme à tout faire chez mes patrons, j’arrondis mes fins de mois, j’économise. Pour remonter la pente, il faut beaucoup d’humilité, n’est-ce pas ?

On vous sent très motivé.

Oui, je le suis. Quand on est le plus pauvre dans un pays très pauvre, soit on désiste face à la vie soit on choisit de se motiver…C’est la leçon que je tire de ces années de galère: la vie, il faut la vouloir, de toutes ses forces. On n’est que ce qu’on choisit d’être…A l’image de ce pays, de nous, Malgaches qui nous plaignons de ceci et de cela : il faut la vouloir, cette réussite, il faut se battre pour elle. Il ne s’agit plus de geindre, il s’agit de gagner. Les dirigeants vous déçoivent ? Les concitoyens vous fâchent ? Résistez, battez-vous, dites « non » à la misère de l’esprit et de la vie.

Propos recueillis par Mialisoa Randriamampianina.
 
 
 


11 octobre 2007

Rappelez-moi...

Si vous passez par là, rappelez-moi...


De me réveiller tôt, pour profiter de mes matins.

De ne pas me coucher tard, pour profiter de mes nuits. 

De ne boire qu'une et une seule tasse de café dans la journée.

De ne pas dire que j'arrête le café quand je sais que je ne tiendrais pas longtemps.

De dire à Dada et Neny que je les aime, le plus toujours possible.

De toujours bien faire mon travail, n'est-ce pas.

De sourire.

D'être reconnaissante.

De ne plus porter des jupes trop courtes, même si je sais que je les porterai quand même...

De ne plus me goinfrer de brownies.

De faire du sport, autre qu'aller de mon lit à la salle de bains, à pieds...

De ranger ce gentil foutoir qui est ma maison.

D'écrire en malgache...(Ce que je ne fais pas, effectivement...)

De me défaire de ma colère.

De ne pas rire toute seule, dans la rue. 

De prier.

De terminer ce truc, ce gros petit truc que j'ai commencé.

D'accepter que les morues sont des morues, quoi que je fasse. 

De cuisiner.

De ne pas parler le méchant.

De ne pas rire avant de terminer les blagues que je raconte.

De comprendre qu'il y a aussi des gens comme ça, malheureusement.

D'aimer à en crever, même si... 

De dire merci, "à qui de droit".

De toujours trouver la force de dire "Mialy s'en fout". Et de le penser.

07 octobre 2007

Expédition en pays Zafimaniry

J'ai découvert Antoetra et le pays Zafimaniry grâce à un voyage que nous avons fait avec les Yltpiens et la Friedrich Ebert Stiftung. Une expédition qui sera à l'origine d'un petit réveil, après un siècle catatonique :) et qui m'a amené à revenir dans ce "bled perdu", à l'occasion d'un petit trek avec quelques amis.
 
 


Ceux qui désirent...
 
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Ralaibiha ouvre la porte de sa case, avec le sourire. A 84 ans, il est le patriarche d'Antoetra, le Tangalamena d'un village de 25 000 âmes. Sculpteurs de père en fils, génération après génération, il appartient à la tribu des Zafimaniry, la dernière à pratiquer et à vivre du travail du bois à Madagascar.

Ralaibiha est le chef spirituel, le représentant des ancêtres parmi les mortels. Les autorités locales s'adressent à l'Ampanjaka pour prendre les grandes décisions sur le village tout comme les villageois s'en remettent à sa sagesse pour leur quotidien. "C'est un ordre immuable qui maintient la cohésion de notre tribu" explique Kotoniaina Rafanomezana, maire du village. Lui-même a été "intrônisé" par Ralaibiha, malgré sa victoire aux urnes.

Les Zafimaniry ont été, de tout temps une tribu d’insoumis. « En général, les gens d’ici n’aiment pas les pressions, ils ont horreur du chantage. Ce sont des personnes que l’on ne peut pas manipuler », explique Rafanomezana. Un caractère fier qui a fait la gloire d’Antoetra en 1947. « Nous ne pouvions accepter que des étrangers s’emparent de la terre de nos ancêtres. Nos pères et nos grands-pères ont alors pris les armes et ont combattu. Le jour, nous nous réfugions dans les forêts, la nuit, les hommes attaquaient» se souvient le Tangalamena. Une époque gravée dans les mémoires: à l’entrée du village, une stèle salue le courage des rebelles, « en hommage à ces hommes et femmes qui ont acheté notre liberté au prix de leurs vie"


Orfèvres du bois
 
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Plus qu’une tradition ou un gagne-pain, le travail du bois est une manière d'être pour ces Tanala, les gens de forêts. " Nous imprimons dans chacun de nos gestes notre vision des choses, notre façon de concevoir la vie", confie-t-il. C’est même une cosmogonie très particulière: "Nous pensons que le bois est le gardien de nos esprits. Nous lui transmettons nos pensées, nos espoirs, nos craintes et nos bonheurs de tous les jours pour qu'il les garde à jamais comme il a gardé ceux de nos aïeuls." 

La case du patriarche, enveloppée d'une douce odeur de miel, est à l'image de ce savoir-faire. C’est une petite maison basse, à la tradition Zafimaniry. "Les jointures sont faites en bois, les cases sont ainsi démontables à volonté", comme l'explique Charles, guide touristique et enfant du pays. On les appelle les "trano mena", les cases rouges,"qui n'a rien à voir avec la couleur  mais au respect que nous accordons au travail de celui qui construit". Sur la lourde porte d'entrée, le soleil est représenté par des pétales de tournesol aux contours finement ciselés. Tous les pans de mur sont ornés par ces reliefs géométriques, minutieusement travaillés. Ici, chaque foyer est  "ouvert à ceux qui désirent notre amitié", nous dit Ralaibiha.
 
La fameuse "tana-paroratra", la toile d'araignée, et les "toho-tantely", les alvéoles d'abeille, sont les motifs de prédilection des Zafimaniry. La toile renvoie aux liens familiaux qui sont très forts: comme dans toutes les tribus malgaches, les Zafimaniry vivent et meurent ensemble. La ruche quant à elle rappelle la vie communautaire, la solidarité, l'entraide et le fihavanana...
 
La construction et l'agencement des cases obéissent à des règles très strictes. "Une seule et unique pièce dont le sol de terre battue est recouvert de "tsihy" en raphia. Le lit se situe toujours au Nord-Est, les étagères et autres meubles sont placés à l'Ouest. La cuisine est à l'intérieur de la case qui ne doit pas comporter de cheminée. Une petite fenêtre servira à faire échapper la fumée."

Le rituel du miel
 
 
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Le miel est l'une des "choses sacrées" des Zafimaniry. "C'est le présent de la forêt", explique Maharisoa, guide touristique. La collecte du miel relève d'un rituel séculaire que les sculpteurs aiment à représenter dans leurs oeuvres. "Le bon miel est celui de la forêt et seul l'homme fort peut le prendre, accompagné de son épouse. Ils apportent des "vatan-tantely", pots en bois sculptés et des "tady mahazaka", pour récupérer le miel. Le couple part en forêt et choisit la meilleure ruche. L'homme demande la bénédiction d'Andriamanitra et des ancêtres avant d'extraire le nectar. Il grimpe sur l’arbre et fait descendre le miel dans le "vatan-tantely", qu’il attache au bout de sa corde. Son épouse, restée à terre, reçoit le présent de la forêt et remercie Zanahary le créateur pour ce cadeau. »

Dans ce pays où l’agriculture subit les caprices d’un climat aride, le miel est une nourriture de base. Aux jours de fête, les familles Zafimaniry offrent  une assiette de miel sur laquelle sont disposés des « sonjos » accompagnés d’une côte de bœuf affûtée.


L'autre visage de Madagascar
 

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Antoetra, c'est aussi un étonnant paradoxe. Ici, le développement et la mondialisation ont commencé par briser les barrières des langues avant celles de la pauvreté. Habitués à côtoyer les touristes qui traversent le village pour visiter cette partie de l'île, les jeunes et les enfants ont généralement une assez bonne connaissance du français et de l'anglais, comprennent les basiques de l'italien et de l'allemand. C'est assez dépaysant de discuter en anglais avec un gamin haut comme trois pommes alors que moi-même, je baragouinais la langue de Shakespeare il n'y a pas très longtemps!

Mais l’autre visage de Madagascar, c’est aussi celle de la pauvreté qui est le quotidien  des Zafimaniry. Un paradoxe, lorsqu’on sait qu’ils sont les héritiers d’un savoir-faire classé patrimoine de l’humanité depuis 2003, que leurs chef-d’œuvres sont connus dans le monde entier et que le commerce de cet artisanat traditionnel ne leur profite pas. Un pot de miel, une chaise ou un bibelot taillé dans ce village se vend dix fois plus cher à Ambositra, à à peine une heure de route. Des articles qui n’échappent pas à la contrefaçon, sachant qu’un buffet à la Zafimaniry peut se vendre jusqu’à 1.600.000 Ar…

Le label « patrimoine de l’humanité » n’aura pas servi à grand-chose. Avec les feux de brousse, la déforestation galopante ( cette région de l’île a perdu 80% de ses forêts en 50 ans), et l’interdiction d’exploiter le bois, les Zafimaniry tentent de sauver leur richesse en misant sur un reboisement massif. Mais tant que le trafic illégal existe, leur talent est voué au massacre…

 

Où s’arrête le temps…

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Dressé fièrement sur sa colline, le village domine la vallée. Une ribambelle d'enfants court dans les ruelles. Ils dévalent les minuscules escaliers qui traversent le village. Les fins de semaine sont des moments de délassement. Régis, le musicien du village gratte son "kabaosy", tandis que les jeunes entonnent leurs chansons accompagnées d'une danse endiablée. Assis dans un coin de la place, les anciens devisent tranquillement en attendant le repas du soir.

Le tableau est saisissant, un voyage pittoresque dans ce qu'aurait pu être un hameau malgache il y deux ou trois siècles.  Allan et Sahoby parcourent les ruelles, leurs appareils photo en bandoulière. Pour réaliser ce petit projet ( zay ho tantaraiko rehefa vita soamantsara), nous avons utilisés de très vieux appareils, une tonne de pellicules, et une volonté à tout rompre. Nous voilà, assis sur les rochers, admirant les derniers rayons du jour sur les contours d'Antoetra…Et le temps s’arrête.

Acquis à la cause des Zafimaniry, un certain Bekoto (Mahaleo). Je vous parlerai de ce petit grand homme, une autre fois. Le temps que je me remette de ce petit voyage improvisé. :)))   

18 septembre 2007

Devoir de mémoire

J'ai lu les mémoires de Primo Levi, il y a cinq ans, grâce  à une chanson (ou à cause??) qui s'appelle "Souviens-toi du jour", (alb. Innamoramento, 1999). C'est le genre de livre qui vous "rencontre", mais vraiment dans le sens de "mihaona": entre deux époques différentes, lui dans les cellules d'Auschwitz, moi dans ma  ville sans histoire. Je ne vous raconterai pas ces mémoires parce que je ne le saurais jamais. Je voulais juste mettre le poème en ligne. Il n'est pas beau, ce poème, il est même terrible.  Parce qu'il nous dit que parfois, notre vérité à nous, les êtres humains, c'est aussi ça: ..."mourir pour un oui ou pour un non"..."les yeux vides et le sein froid"...C'était vrai hier, c'est toujours vrai aujourd'hui.
 
Si c'est un homme 
 
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Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons,
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis,
Considérez si c'est un homme
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connaît pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour un oui pour un non.
Considérez si c'est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu'à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N'oubliez pas que cela fut,
Non, ne l'oubliez pas :
Gravez ces mots dans votre cœur,
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant ;
Répétez-les à vos enfants
Ou que votre maison s'écroule,
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous.

Primo Levi


 
 
 
 

15 septembre 2007

Ny vavaky ny Zoam

(Mba) Nampirina trano 'za androany dia nahita tampoka an'ity tantara ity tao anaty boky. Zavatra tsy mba niainako ity fa mety niainanareo. Tantarao anay "inculte du passé" hoe nanao ahoana izany fotoana izany. 2002 ange mantsy no mba afaka tantaranay aminareo, fa isaky ny te hitantara aminy "olon-dehibe" izahay dia misy miteny foana hoe "aza ampitoviana fa tsy mitovy e!". Rehefa tsy hoe "Ny tamin'ny andronay tolona, ny tamin'ny andronareo coup monté!" Asa re...
 
Ny vavaky ny Zoam*
 
O ry Ray ao ambony,
Ho hamasinina anie ny anaran'Itony
Hatao anie ny kléan'Itony
Ho tonga anie ny revin'Itony
Et an-tany fa tsy revin-drongony
Omeo anay  anio aloha ny sogany androany
Fa rahampisto mbola mety hitomany
Mamelà ny tsy revin'Itony
Izahay anie tsy misotro rongony
Aza mitondra anay amin'ny kizo
Fa kôzy bonne atao...
 
 
Isika Zoam*
 
Izany Ferega sy ireo ôgany
Dia manenjika anao tamin'ny jazy sy jaolany
Ny kôzy amin'izay tsy kôzy intsony
Ampangaina ny bandy ho mpirevy rongony
 
Tsy ny bandy ihany anefa fa ao ireo kitsay
Izay lazaina ho mofo sy tsy mba milay
Tsy mba misy mihitsy ny tsontsongona
Fa mihatra ny daka ary koa ny vonoana
 
Tsy taitra ary isika fa tena solotra
Satria izay rovitra mbola ho voazaitra
Dia mitohy indray ary izany ny tantara
K'aza mitaraiky fa mihainoa tsara 
 
 * "Zwam" no nosoratako teo t@ voalohany (ka Zwam tsinona no tao anatin'ilay boky koa!) fa Zoam ny marina. Jereo comment Rajiosy, io ambany io. 

08 septembre 2007

Le sens de l'à peu près

La précision n'est pas une spécialité malgache. Les esprits cartésiens auront bien du mal à se retrouver dans notre vision du temps, et de l'espace. Mais ce n'est pas plus mal, finalement, bien qu'en l'an 2007, le sens de l'à peu près n'est pas vraiment un atout. Et puis, admettons-le,  on n'a pas trop changé.
 
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Je dors très mal, depuis quelques temps. Et j'ai le choix entre me gaver de somnifères vazaha ou suivre un petit traitement traditionnel "destressant". Mon médecin : "Ceci est un médicament à effet sédatif, qui provoque un sommeil normal et qui conserve donc les cycles du sommeil. En traitement prolongé, il peut être susceptible d'engendrer une dépendance." Le tradipraticien: " Breuvage à boire deux ou trois fois dans la journée, pendant trois ou quatre jours. Attention, il n'est pas vraiment doux."  Je fais confiance à la médecine du terroir mais vraiment, il m'a fallu toute une heure d'un entretien qui virait à l'interrogatoire pour obtenir un semblant d'informations qui m'expliquent ce que vaut la tisane, à part le fait de me rendre le sommeil.
 
 
Il y a des jours comme ça, où on se rend compte qu'être précis n'est pas vraiment une priorité de chez nous. Autrefois, nous mesurions le temps par "unité de cuisson". "Indray mahamasa-bary" ( le temps de cuire le riz) pour disons 45mn à une heure. "Indray mitono valala" ( le temps de griller une sauterelle) pour 30 sec à environ une minute. La journée s'égrène au rythme de la vie des hommes, de la nature, des animaux. "Maneno akoho" ( au chant du coq), pour...allez, au crépuscule !!! "Mitatao vovona" ( Quand le soleil est au zénith) pour midi. Le temps malgache n'est pas linéaire, il ne passe pas, il tourne en boucle! Ce qui est bien, c'est de toujours avoir l'impression d'éternité, que tout peut durer: le présent est un futur dans le passé...
 
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L'exactitude est repoussée au point de ne jamais suivre un timing bien déterminé. Toute réunion ou festivité ne commence que si "efa tonga ny olona", que si tout le monde est là. Encore aujourd'hui, les évènements officiels ou non-officiels d'ailleurs, prennent toujours un retard en attendant "ny olona"... Un délai n'est jamais fixé d'une manière coercitive, il n'a pas valeur d'accord. On dit: "Tokony hapetraka rahampitso hono ange ny tafon-trano e!" ( Il paraît que le toit de la maison devrait être posé demain), plutôt que de dire "Apetraka io tafon-trano io rahampitso" (Posons ce toit demain), expression qui vous ferait passer pour un stakhanoviste fini. Préférez plutôt "Ahoana raha apetraka rahampitso?" ( Que direz-vous de le poser demain?)...Huhuhu!!!
 
 
Il n'y a pas que le temps. L'espace reste tout aussi flou. "Irain-jehy" ( une dizaine de cm???), "ketsa folo vavy", se dit d'une rizière dont le repiquage demande dix femmes, histoire de donner une idée de l'étendue du champ. Si un paysan malgache vous dit que le prochain village se trouve "ao ambadika kely ao", ( juste derrière), méfiez-vous, c'est vraiment derrière la colline, la vallée, la forêt, le bosquet...Loin derrière, quoi. 
 
 
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Evidemment, dans le millénaire de la vitesse et du pointu, on s'y perd un peu. Evaluer le temps selon la cuisson serait un pur désastre: cuisson au gaz? au rice cooker? au fata-pera? Mais l'idée de l'à peu près reste toujours présente. Les  Malgaches n'ont, par exemple, pratiquement jamais le réflexe de l'année. On ne dit pas "En 2004,...", on a plus tendance à "Tamin'ny mariazin'i Bozy" ( L'année où Bozy s'est mariée) ou "Tamin'i Bebe maty" ( L'année du décès de Bebe), ou plus vague encore "Taloha, tamin'ny mbola kely" ( Avant, quand on était enfant- la période de l'enfance étant très vague, car même à 30 ans, rien ne vous garantit que l'on vous considère comme un adulte!). Les seules dates restées intactes sont, je pense, 1947, 1960, 1972, 1992, 2002...
 
Plus marrant encore: Envoyez un mail et on vous dira "Voaraiko ilay taratasy fa valiako rahampitso" ( Mail reçu, je réponds demain - Mais pas maintenant. Demain.) Si un Malgache est habituellement non ponctuel ( zà championne!) et ne s'en inquiète pas, il est tout aussi alambiqué dans ses conversations. Ses discussions sont semées de "mba", d'"angamba", de "sao dia" et de "raha ohatra hoe...". Ses rendez-vous sont tout ce qu'il y a de plus informel: "Mandalo any aho ny maraina, eo amin'ny 10 eo." ( Je passerai le matin, disons vers 10h), et d'ailleurs, on lui répond: "Eny e, mandalova ihany" ( OK, passe quand même - Sans aucune garantie qu'on trouvera quelqu'un.) On peu aussi avoir des "Ho hita eo e", ( On verra !- ou? quand? comment? avec qui? ...)
 
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Evidemment, ce peut être une vraie plaie par moment, surtout si on a affaire avec le tribunal, la police, ou un fonctionnaire. Parce que le temps que vous aurez rempli toute la paperasse nécessaire, le temps d'obtenir un rendez-vous, vous aurez pu faire toute une carrière. Il y toujours un directeur introuvable et curieusement irremplaçable ( ne délégue pratiquement jamais ses responsabilités), qui vient toujours de partir, qui reste toujours injoignable ou que l'on ne peut appeller, dont personne ne sait l'heure du retour, et surtout pas s'il pourra vous recevoir demain. Et s'il vous reçoit, c'est d'humeur acâriatre car vous lui faites perdre...son temps!
 
Très souvent, à cause de cette conception un peu lente du temps, (le fameux "moramora") on nous attribue un caractère flemmard, un peu pantouflard sur les bords, et l'on "croit" aussi que c'est de là que vient ce "déclin" national. Evidemment,  quand on s'amène avec ses grands chevaux d'occidentalisés, le chronomètre à la seconde près, et qu'on est parti pour se trouver un bouc émissaire... Et pourtant, ce n'est pas ( à mon humble avis) tellement cette partie là de notre culture qui est "difficile", c'est qu'en fait, on est comme tout le monde, on a fait de mauvais choix, on a pris de mauvaises décisions et on peine à admettre nos erreurs! Pourquoi d'ailleurs avoir honte de le dire, la slow life, c'est nous (Ici, on n'a pas de suicide au travail, pô fou!) Mais, comme tout Malgache qui se respecte, on est aussi capable d'abattre le mur quand il le faut. Alors oui, on adoooore prendre le temps, mais ne vous fiez pas aux apparences. On marche lentement, mais qui sait? Si on ne court pars, c'est qu'on est peut-être parti à point?  huhuhu! Eny e, izany aloha tsymanala ny tsinin'ny fahatarana fa mba ny bon côté fotsiny no jerena...
 
 
 

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