29 octobre 2009
Faux Cap, en pleine catastrophe écologique
Les déchets toxiques suite au naufrage du « Gulser Ana « au large de Faux Cap ont été particulièrement néfastes pour la santé de la population riveraine et pour les ressources marines. Les résultats des études mandatées par le WWF sont assez alarmants.
Ce vraquier qui bat pavillon turc et qui a sombré à l’extrême Sud de l’île le 26 août était l’un des 66 navires poubelles, fichés sur la liste noire européenne depuis sept ans. Au moment de son naufrage, il transportait 39 000 tonnes de phosphate brut, 568 tonnes de carburant, 66 tonnes de fuel et 8000 litres de lubrifiant.
Sur 30 km à l’est de Faux Cap ainsi qu’à l’ouest du lieu de naufrage, l’on trouve actuellement de grosses plaques d’hydrocarbure. Des marées noires recouvrent les plages et les rives, rendant la pêche impossible. Celle-ci est d’ailleurs interdite pour trois mois, ce qui n’est pas sans réduire les revenus des familles riveraines dont les 40% vivent des produits de la mer.
Des problèmes de santé
L’équipe de huit scientifiques mandatée par le WWF pour dresser un bilan des dégâts à Faux Cap confirme ces inquiétudes. D’après ses enquêtes, les habitants « souffrent de problèmes respiratoires, et de maladies cutanées et diarrhéiques ». Car non seulement ces personnes ont été exposées aux déchets toxiques, mais le nettoyage des zones polluées s’est fait sans vêtements de protection et sans équipements adéquats.
Les scientifiques pointent du doigt des négligences lourdes de conséquences : « Les plaques de pétrole ramassées, et mises dans des sacs en plastique, jonchent sur les plages au risque de provoquer d’autres dégâts écologiques ».
Neuf baleines échouées à Faux Cap
Le « Gulser Ana » a sombré dans un couloir migratoire de baleines qui, au moment de l’accident, étaient en période de reproduction. Conséquences : neuf baleines se sont échouées à Faux Cap dans le courant de septembre contre une à trois baleines dans une année ordinaire. Yvette Razafindrakoto, spécialiste des mammifères marins de l’Ong WCS explique : « Comme les êtres humains, les baleines souffrent de problèmes respiratoires en raison de l’odeur et du fuel lui-même. La baleine revient en surface de temps en temps pour respirer et, lors de cette remontée, si elle rencontre des couches de fuel ou de lubrifiant, elle pourrait en mourir ».
D’autres espèces comme le crabe des sables ont sensiblement diminué dans cette région. Après des études sur certains gastéropodes, les scientifiques sont arrivés à une conclusion inéluctable ; leur forte mortalité est due à la quantité excessivement élevée de métaux lourds dans leur organisme.
Des effets en chaîne
Il s’agit en fait d’une suite de réactions. Olivier Ralison du WWF précise : « Dans le cas de Faux Cap, le phosphate agit comme un engrais mais à très forte intensité. Cet état de choses a provoqué une prolifération d'algues. Le phénomène débute donc par une prolifération anormale de certaines algues et se termine par l'asphyxie et la destruction de l'ensemble de l'écosystème ». Ainsi, si le phosphate brut n’est pas essentiellement toxique, une certaine quantité de cette substance répandue d’une seule traite dans l’océan déclenche des bouleversements en chaîne. La végétation marine à proximité du lieu du naufrage présente des symptômes de dégradation.
C’est donc une catastrophe écologique qui sévit dans cette partie sud de l’île. Outre les dégâts écologiques, l’on estime que la moitié des 40 000 habitants de Faux cap et ses environs est victime de ce naufrage.
Mialisoa Randriamampianina
11:00 Ecrit par Mialy dans Manchette | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : naugrafe d gulser ana, catastrophes écologiques, baleines échouées
14 octobre 2009
Ho finarita, ho sambatra
La « légitimité » du 14 octobre 1958, date à laquelle la république de Madagascar a été proclamée et au lendemain de laquelle la loi d’annexion par la France a été abrogée, est encore discutée, un demi-siècle plus tard, selon les convictions et les points de vue. En 2008, la célébration du 14 octobre a été interdite, si c’est le mot pour le dire, sous le régime Ravalomanana qui a estimé que « cette date ne fait plus partie de la liste des fêtes officielles retenues à Madagascar…À cet effet, sa célébration ne doit revêtir aucun caractère officiel et public, et partant, ne peut être tenue que dans un lieu tout à fait privé » ( Lettre du 13 octobre 2008 de la préfecture de police n°3037/08-MID/PREF/POL/AG ).
Mais aujourd’hui, je n’ai pas envie de polémiquer la-dessus, j’estime qu’il s’agit toujours d’une date dans notre histoire qu’elle soit incluse ou non dans la liste des fêtes officielles et quelles que soient nos convictions. Et puis de toute façon, je fais ce qui me plait dans mon blog, meuh !
Je voudrais surtout rappeler cette toute première fois où « Ry Tanindrazanay Malala », a été entonné et nos couleurs, hissées. C’était aujourd’hui, il y a 51 ans. Il y eut une sorte de sélection ou d’élection avant que celui-ci soit déclaré « Hira Faneva », mais honnêtement, je préfère le « Zanahary ô, tahio ny Tanindrazanay ». Quoi qu’il en soit, dans les deux chansons, deux petites lettres, une syllabe à peine visible à l’œil nu mais tellement trop vrai...
“ … 'Ty Nosindrazanay ity/ Hiadana sy ho finaritra…”. (Ry Tanindrazanay malala)
“…Dia ho tany sambatra, ilay Madagasikaranay” ( Zanahary ô, tahio ny Tanindrazanay )
Faniriana omaly ny “ho finaritra” sy “ho tany sambatra”… Hatramin’izao. Madagascar, est un éternel « ho »…Bref.
« Ry Tanindrazanay Malala » est l’œuvre de l’écrivain et pasteur Rahajason (1897-1971), composé par Norbert Raharisoa.« Zanahary ô, tahio ny Tanindrazanay » est l’œuvre de Gilles Ramiarison ( 1918 – 2007). Cet hymne, car c’en est un quoi qu’il en soit, fait aujourd’hui partie des cantiques (Ao anatin’ny Fihirana FFPM. Dia rehefa mihira azy dia ohatran'ny mangorintsina be rehefa tapitra ilay hira, misy demie-seconde mangina tampoka. C'est la demie-seconde du "ho" hahahahaha).
12:30 Ecrit par Mialy dans Manchette | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
07 octobre 2009
Petite...


10:45 Ecrit par Mialy dans Manchette | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
27 mars 2009
Chacun à son niveau, selon ce qui lui est possible…
J’ai assisté hier, à Faravohitra, aux travaux préparatoires des assises nationales qui devraient se tenir les 2 et 3 avril ( mais c'est une date remise en question), en tant que Yltpienne. Je représente donc, avec quelques autres personnes issues de divers réseaux, la communauté des jeunes. Etaient également présents les représentants de partis et associations politiques ( M. Ralaidovy, Roland Ratsiraka, Pr. Albert Zafy, etc…), les groupements économiques (Gem, Gefp, Tourisme, Jeunes entrepreneurs…etc..), les membres de la société civile. Pourquoi y crois-je? Ceci est ma seule opinion, pas celle des participants.
Le régime Ravalomanana a eu des dérapages inexcusables et des ratés gratuits. L’erreur partagée était l’omerta volontaire, silence complice qui cautionnait en douce les faits du prince (et les caprices d’un roi). Mais je crois encore, malgré tout, qu’il aurait été plus digne, responsable, citoyen et démocrate de passer par la voix des urnes, démarche légale, constitutionnelle et consensuelle. Je ne réprouve pas le droit du peuple à exprimer son opinion sur la place publique, loin de là. Mais la place publique n’est pas forcément l’agora des sages. Oui, 13-mai et Ambohijatovo peuvent se tromper. On ne descend pas dans les rues pour faire valoir uniquement des préférences exclusivement partisanes («TGV Président, TGV président » vs « Avereno i Dada, Avereno i Dada »), - de toute façon certaines radios s'en chargent déjà héhéhé-. Mais encore, je n’ai aucune confiance à Andry Rajoelina et son staff : le principe même de s’arroger le pouvoir par une voie aussi peu recommandable, mettre un pays déjà en mauvaise posture sur la corde raide des parias, n’avoir apparemment aucun programme précis, relèvent d’un amateurisme inquiétant. Le jeune pouvoir à peine sur ses pieds vacille dangereusement : jamais autant un régime n’a été aussi peu crédible dans son propre pays, et il faut l'admettre, Mada est en train de partir dans tous les sens. Alors espérer convaincre la communauté internationale…’Faut pas trop rêver hein !
Je pense qu’une élection, le plus vite possible, est incontournable. Je souhaite que la période transitoire soit écourtée autant que faire se peut. Un président, encensé par 50 000 personnes, n’est pas mon président. Mais, tant que la Haute autorité de transition reste à la tête du pays ( ou d’Antananarivo…), il est important, oui, de la gérer ensemble. La Constitution prévoyait que le pouvoir devat passer aux mains du Sénat, en pareil cas...Mais qui se préoccupe de la Constitution e? ( Bande de... ) Devant le fait accompli, je pense qu'il est mieux de gérer au mieux cette transition, que ce ne soit pas laissée aux seules mains d’Andry Rajoelina qui, vraisemblablement, la gère très mal. Qu'elle soit une transition concertée, la moins risquée possible, pour une sortie de crise pacifique. Ces assises nationales devraient ainsi définir les termes de référence de la transition : qui peut, doit et va faire quoi, comment, pourquoi et en combien de temps. Elles érigeront une feuille de route consensuelle qui fixera, étape par étape, le calendrier de travail ; les institutions qui gèrent la transition, leurs rôles et leurs limites ; et surtout la durée de la transition.
Si le projet m’intéresse, c’est aussi parce qu’il me paraît utile pour les années à venir, pour la tâche immense qui nous attend tous. et parce qu'à un moment, il faut véritablement accepter de dépasser les positions partisanes, pro-ci ou pro-ça. Dans un pays où la démocratie est aussi ridiculement galvaudée, je pense qu’il est bon d’appliquer pour une fois une gestion véritablement concertée, où la diversité des idées comme les idées elles-mêmes auront une force. Plus tard, dans les mois à venir comme dans le long terme, cette expérience nous servira de base pour une vraie refondation de notre démocratie, ses principes, les valeurs républicaines que Madagascar veut faire siennes. A ce moment-là, et pourquoi pas déjà aux assises nationales, je pense qu’il faudrait ( puisque par principe, ces assises incluent la grande diversité malgache et ses forces vives), la présence de nos présidents. Je pense aux présidents Didier Ratsiaraka, Albert Zafy et Marc Ravalomanana.
En Yltpienne brute de fonderie, je crois en la force d’une éducation citoyenne et en l’importance d’inculquer certaines valeurs à la jeune génération dès les premières années d’école. Compte tenu du fait que, malheureusement, nous n’avons pas encore les moyens de donner la chance à tous de finir leur scolarité, il faut que ceux, contraints à quitter l’école trop tôt, aient les bases nécessaires pour agir en citoyen, pour être demain un électorat responsable. Dans l’absolu, ce sera une refonte de l’éducation pour faire de celle-ci une véritable charnière sociale et culturelle, au-delà des références partisanes. Dans l’absolu, ce sera une formation pour tous, mais encore, il faudra très vite trouver les moyens.
Je crois en la force d’un engagement citoyen et je crois qu’il commence par chacun d’entre nous, donc par moi aussi. J’ai décidé de rejoindre un réseau de personnes ressources qui promeut le genre, c’est-à-dire, la possibilité pour chacun, avec et par son genre (enfant, jeune, vieux, homme, femme, blanc, noir etc…), à prendre un engagement citoyen.
Et je crois toujours et plus fort que jamais en l’impératif d’une élection. J’insiste lourdement, alefa ny fifiadanana rangàh, fa hitokona eo foana ve a !
09:22 Ecrit par Mialy dans Manchette | Lien permanent | Commentaires (40) | Envoyer cette note
11 février 2009
APPEL A LA MAJORITE SILENCIEUSE
Ce qui suit est à l'origine un commentaire laissé par Rondro, ici. J'ai décidé d'en faire un billet, de le partager aux "lafivalon'ny nosy" parce que je sais que vous êtes nombreux à penser comme Rondro. J'avoue que traverser une crise à l'époque d'Internet simplifie la vie. J'imagine l'horreur que cela avait pu être pour dispatcher les infos en 47!!!
Appel à la majorité silencieuse

Si vous estimez que la liberté d’expression doit être assurée, que les opposants doivent pouvoir s’exprimer sur tous les médias sans que leur liberté soit menacée, et que les élections doivent être libres et transparentes, que la liberté d’entreprendre doit être assurée pour tous les opérateurs, que tous les opérateurs doivent bénéficier d’une égalité de traitement, que tout monopole est à bannir et que la gouvernance doit être améliorée,
Si vous en avez assez que l’on usurpe votre voix sur les places publiques, assez de voir vos compatriotes mourir sur l’autel des égoïsmes politiques, assez de voir les biens publics et privés incendiés, l’économie à genoux, vos efforts personnels réduits anéanti, l’avenir de vos enfants hypothéqué et le spectre de l’anarchie et de la guerre civile guetter notre pays,
Vous faites partie de la majorité silencieuse.
Ne descendons pas dans les rues pour semer le désordre, faisons entendre notre voix de la seule manière qui serve nos intérêts et ceux de notre pays :
Continuons notre travail, maintenons l’activité de nos entreprises, continuons d’enseigner, de soigner, de remplir nos tâches dans les entreprises et dans les ministères, de tenir nos commerces et d’assurer la survie de nos familles et de notre économie. C’est comme cela que nous servons notre pays : nous n’améliorerons notre niveau de vie que par nos efforts et notre travail. Ne nous laissons pas impressionner ou menacer.
Le seul effort que nous devons faire est de porter à notre boutonnière un ruban ou une étoffe de couleur rose pour que notre importance numérique soit reconnue et que tout effort de règlement tienne compte de nos sentiments.
10:34 Ecrit par Mialy dans Manchette | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
24 janvier 2009
Une quête de démocratie
Cette crise politique, si elle perdure, vous donnera assurément d’excellents dons de navigation. Mais une navigation à vue d’oeil ou à l’aveuglette. C’est un déjà-vu qui laisse perplexe : d’un côté comme de l’autre, les eaux sont troubles.

Pour l’heure, la fresque politique est faite d’un Marc Ravalomanana aux affres d’une impopularité furieusement grandissante après avoir été tout aussi audacieusement encensé ; d’un régime désormais mieux connu pour ses décisions contestables que ses efforts déployés ; d’une Opposition abstraite et fragile ; d’un Andry Rajoelina porté à bout de bras, malgré ses motivations imprécises et malgré certains membres de son entourage politique qui laissent à désirer. En définitive, de si peu d’hommes et de femmes politiques convaincants, d’une société civile plus ou moins entendue, d’une presse que l’on voudrait pravdaïsée et d’un « grand public » tiraillé entre les flots.
À défaut d’une véritable culture politique, ce grand public se rabat sur la bonne vieille offuscation des éternelles victimes, le ton toujours plus haut, la prudence toujours bradée. On hurle au scandale, on appelle au soulèvement, à la rue, à Dieu et aux saints. D’autant plus que dans ce bras de fer, les « mots de trop » entretiennent la zizanie, bien qu’ils soient en réalité plus divertissants que choquants.
Bien plus qu’un sursaut, cette crise est un rappel cruel des leçons que nous n’avons pas apprises de nos propres erreurs. Et visiblement, on s’apprête à sauter pieds joints dans le même panneau : il est clair maintenant que le bon Dieu sans confession ne devait pas être accordé au premier venu. Mais pourquoi devrait-il l’être au second ? Et surtout, devrait-il encore l’être à qui que ce soit ? Car curieusement, et malgré les déboires des chèques en blanc et des vestes retournées, les discours exaltés, partisans sans concession, affidés sans réserve, ont pris le relais. C’est tout blanc, c’est tout noir, c’est très bon ou très mauvais. Ainsi faisait-on en 2002, ainsi fait-on en 2009. Sept années n’ont apparemment pas suffi pour se faire un « sang-froid » : la rue est devenue le chemin forcé, la menace, le recours incontournable. Et au bout, une implosion qui n’est pas forcément utile.
Il y a sûrement une juste manière de se faire comprendre, en dehors des intimidations un peu trop faciles et de la condescendance maladroite. En attendant un peu de sang-froid, on en est tous là, en train de naviguer à vue d’œil ou à l’aveuglette. Et on appelle cela « une quête de la démocratie »…
Mialisoa Randriamampianina
08:00 Ecrit par Mialy dans Manchette | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : démocratie à la con
06 janvier 2009
Ruée vers Pokanel
Vous êtes pas mal à venir jeter un oeil ici parce que vous aimez les âneries, les bouderies, les allergies et les sénélités. Je suis à court d'idioties pour l'instant. Mais j'ai un truc intélligent à partager avec vous alors tout le monde se rue ici :
C'est très simple et marrant à la fois. Pour seulement 10 euros, on fait un tour du monde très confortable puisqu'on voyage dans son fauteuil et assez divertissant, en même temps. Mais l'idée est aussi d'aider le dispensaire et la population d'Ambodiafontsy, qui est une localité enclavée de Madagascar. L'idée est signée Pokanel, association qui oeuvre en faveur de la santé et de l'éducation à Madagascar.
Alors, les aventuriers du web, qu'est ce qu'on attend???
20:58 Ecrit par Mialy dans Manchette | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
16 décembre 2008
Loi sur les partis politiques
Demain 17 décembre est la date prévue pour la rencontre, à Iavoloha, dédiée au projet de loi sur les partis politiques. A ce jour, 192 partis sont enregistrés au ministère de l’Intérieur. L’esprit de ce projet de loi porte donc sur la « régulation, l’organisation, le financement et l’accès aux médias des partis politiques ».
La version malgache du projet de texte sur les partis politiques a été élaborée par le gouvernement. Il compte 47 articles. Le président de la République, Marc Ravalomanana, a sollicité Serge Radert et Serge Zafimahova pour la préparation de la version française de ce projet de loi. Celle-ci compte 100 articles. Le texte intégral sera remis aux participants de la rencontre des chefs de partis politiques ce mercredi 17 décembre, au palais d’Iavoloha.
Retrouvez ici le projet de texte et le plan élaborés par Serge Radert et Serge Zafimahova.
14:43 Ecrit par Mialy dans Manchette | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : loi, partis politiques, radert, zafimahova
04 décembre 2008
Gauche-droite ( carotte-navet???)
Toavina Ralambomahay propose une classification pour éclairer les partis politiques. -
- Ce peut être étrange, mais ceci est un "coup de gueule très diplomatique face à la tendance générale des partis malgaches qui n'ont pas l'habitude d'être limpides dans leurs idées --
Aux partis politiques auxquels l’on reproche généralement d’être sans programme et sans idéologie, aux électeurs qui votent pour des personnes plutôt que des idées, voici un début de solution. Il est signé Toavina Ralambomahay, jeune juriste et passionné de sciences politiques, qui a consacré deux ans de travail pour établir un tableau de classification des partis à travers leurs valeurs politiques.
Une obligation de transparence
C’est une représentation des grands thématiques et des positions traditionnelles de l’extrême gauche à l’extrême droite, en passant par le centre. Il établit, de manière non exhaustive mais assez précise, les tendances générales des formations politiques selon leur obédience. « Nous avons par exemple un parti malgache qui se définit chrétien-démocrate. Que signifie cela ? Quelles sont les convictions d’un tel parti ? Ce genre de choses doit être connu des électeurs pour qu’ils mesurent le choix de leur vote » souligne Ralambomahay.
Dans un paysage politique traditionnellement abstrait, l’obligation de transparence des partis devient un essentiel, bien qu’elle ne soit pas respectée. « Les partis politiques doivent exprimer ouvertement leurs idées. Quand ils changent d’opinion, ils doivent le dire aussi. Ce n’est pas tant de changer d’idéologie qui est dangereux mais de ne pas le déclarer ouvertement », selon Toavina Ralambomahay. Aussi, ce tableau « oblige les dirigeants politiques, les partis politiques et les électeurs à se positionner par rapport aux valeurs politiques universelles. À partir de là, un débat d’idées peut s’enclencher en lieu et place des querelles d’hommes » explique toujours Ralambomahay.
À l’heure où la loi sur les partis politiques commence à faire écho, le concept de Toavina Ralambomahay semble trouver une bonne assise puisque la classification contribue déjà à réduire le nombre des formations.
Madagascar, à l’extrême droite
Le tableau est d’inspiration occidentale bien que les thèmes et les valeurs concordent assez bien avec les réalités malgaches. Pour Ralambomahay, en suivant la logique de ses recherches, Madagascar se situe actuellement à l’extrême droite, « ce qui peut être acceptable tant que cela est assumé ». Quoi qu’il en soit, le juriste s’attelle à établir un répertoire entièrement basé sur le contexte national et prévoit la sortie d’un livre en 2009. L’intégralité a été présentée mercredi à Maibahoaka devant une assemblée restreinte.
Mialisoa Randriamampianina
19:12 Ecrit par Mialy dans Manchette | Lien permanent | Commentaires (79) | Envoyer cette note
25 novembre 2008
Sauvons le livre!
Les Malgaches n’ont pas goût à la lecture, avancent les observateurs. Car Madagascar est de tradition orale, car le livre est coûteux, car les jeunes sont « phagocytés » par une mondialisation galopante qui les tient à distance respectable de la culture pour mieux les noyer dans les inepties stériles et technologiques. Blibla.
On peut aussi voir les choses autrement et poser une question plus constructive : « Comment intéresser le public à la lecture? » Car, oui, il ne suffit pas de discuter de ces tendances anté-littéraires, il faudrait interpeller l’attention. Et réaliser que si le livre malgache contemporain n’est pas lu, c’est que sa cause est aussi mal défendue.
La chaîne du livre représente plusieurs professions qui gagnent à être valorisées car ce sont des maillons incontournables de tout un pan culturel. Ces maillons, ce sont les écrivains, bien sûr. Mais aussi, les éditeurs, les metteurs en page, les libraires, les bibliothécaires, les critiques littéraires… Autant d’intervenants qui vont largement conditionner l’avenir du livre et dont les efforts sont cependant peu encouragés.
L’heure est venue de réfléchir sur les réalités de la chaîne du livre à Madagascar. Miser sur les ouvrages importés peut être une solution mais elle doit rester provisoire, tout en répondant à la demande de nos lecteurs. Ce qui n’est manifestement pas encore le cas.
Cantonnée dans des projets et des évènements temporaires et ponctuels, la promotion du livre ne connaît pas encore l’essor qu’elle mérite et la littérature reste confinée dans le cercle des intellectuels et des connaisseurs. À cela s’ajoute une relève encore limitée du lectorat (car Madagascar compte des millions d’analphabètes) et une politique culturelle malgache, si tant est que celle-ci existe, qui ne se penche pas spécialement en faveur des écrivains.
Car même si les bons écrivains d’expression malgache ne manquent pas, la percée des nouvelles plumes n’est jamais aisée. Les moyens du bord sont précaires et publier un livre est dans la plupart des cas un parcours du combattant. Même publié, l’ouvrage se voit handicapé par une distribution en pointillés, une publicité en sourdine et un relais médiatique balbutiant.
Si 2008 est l’année de la langue, ce « premier instrument du génie d’un peuple » (Stendhal), 2008 aurait aussi dû être l’occasion rêvée d’accorder de la valeur à celle-ci en affichant plus de solidarité aux métiers du livre en général, aux écrivains en particulier. Les possibilités sont multiples, dès lors que l’on admet ouvertement que le livre ne dépend plus du seul talent d’un auteur et de l’unique patience d’un éditeur, mais de l’émergence d’une vraie filière aussi culturelle que sociale et économique. C’est peut-être un point de vue commercial sur un travail « cérébral », mais c’est aussi une étape à franchir pour que le livre puisse se départir de son étiquette de produit de luxe. L’idée serait alors que nos trésors littéraires ne se nourrissent plus des seules signatures des monuments du livre.
Mialisoa Randriamampianina
18:04 Ecrit par Mialy dans Manchette | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note