21 août 2009

Diatribe d'une folle en cavale

Cette étape de ma vie, je la baptise "chassé-croisé". C’est un passage curieux, où des gens et moi-même, vont, viennent et ne se croisent jamais. Je suis passée de « personne hautement agressive et grossière » à « personne dotée d’un rire facile ». Cela n’a rien de magique : c’est très tributaire de ma bonne volonté à être une personne aimable et socialement fréquentable, ou pas.

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J’ai piqué une crise très suspecte sur une plaisanterie anodine qui m’aurait fait rire, dans l’ordinaire. Crise est un euphémisme réducteur pour « colère suivie d’interpellations verbales et grosses larmes». Je sais exactement les raisons de mon courroux, dont je vous épargne volontiers les détails comme les généralités, moins dans le souci de garder ma vie bien privée que dans celui de préserver les aléas de mes états d’âme à la loupe scrupuleuse de votre bon sens. Car mes états d’âme sont d’affreux goujats qui lèvent un doigt d’honneur à la logique et à l’intelligence. Je suis idiote par intermittence mais de manière continue : sur la figure de Cléopâtre, je suis le pied…de nez. On me prend comme un pied, on me mouche comme un nez, mais sans l’un, sans l’autre et sans moi, Cléopâtre n’aurait pas pu changer la face du monde. En cela, vous aurez compris, mon culte du nombril n’a d’égal que mon ego surdimensionné : je suis grande dans le virtuel de ma fausse modestie. Voici ce que je tire de mes derniers douze mois:

- Je suis une femme impossible, faite de millions de possibilités, mais d’une imposture qui frise l’insolence. Ce n’est pas très sexy, je l’admets, je l’admets.

- Je suis une femme déprimée et déprimante, fatiguée et fatigante, emmerdée et emmerdante. Mais après moi, toujours après moi le déluge, même si en l’occurrence, le déluge est un filet d’eau à peine ruisselant ( pipi de chat aurais-je dit, très vulgairement). Sauf si on compte avec mes larmes, ce qui serait alors une crue innommable de la Volga. Je pleure beaucoup, c'est de race.

- Je suis une femme heureuse, particulièrement en ce moment où je débite connerie sur connerie, car je constate que vous me lisez et en cela, j’admire votre courage. Le désoeuvrement peut amener à d’insoupçonnables témérités : Kudos, lecteurs, moi-même, je ne me relis pas.

Dans mon chassé-croisé, c’est aussi les entrelacs du cœur.
- J’aime celui-ci qui ne m’aime pas, mais à qui j’ai encore des choses précieuses à dire. Faute de ne pouvoir m’exprimer à cœur ouvert pour des raisons de pure incompatibilité caractérielle, moi étant irritable, lui étant irrité, nous deux étant de toutes les irritations, je développe une fulgurante capacité à la frustration colérique que je maîtrise à coups de prozacs pyschologiques : je chante sous la douche.

- J’aime celui-là qui m’aime aussi, avec qui je prévois une vie ennivrante, mais dont les possibilités d’un avenir serein sont aussi improbables que la conversion du pape à l’Islam. Lui étant fou à lier et lié à une folle qui pour le coup n’est pas moi et Dieu, que c’est triste ; moi étant une folle déliée qui se lie au fou du roi, nous incarnons à tous deux le couple mythique des amours impossibles. C’est un cul-de-sac, un mur sur lequel j’ai aussi tagué mes chansons sous la douche. Car j’aime aussi un garçon irrité qui ne m’aime pas, souvenez-vous.

- Je suis aimée de ceux que je n’aime pas et de ceux-là, je ne vais piper mot. Les gens qui ne vous inspirent pas un sentiment affectif réciproque ne sont jamais de bons sujets de prose. En cela, je comprends très bien le garçon que j’aime et qui ne m’aime pas. Tu ne parles pas de moi ou ne me parle pas tout court, je ne parle pas d’eux et ne leur parle pas tout court. Je te comprends, je te comprends, mais va chier quand même.

- Enfin, je voudrais aimer l'autre qui voudrait m’aimer et avec qui je peux envisager un avenir serein, dans une villa blanche au bord de l'océan. Car je suis aussi une fille simple aux rêves ordinaires. En vue d’une telle possibilité, je mets de côté un peu de prozac, un répertoire de chansons de douche : les vies tranquilles sont déprimantes à l’avance.

Voilà où j’en suis à 28 ans. A 18 ans et même à 27 ans trois quart, je pestais contre les coeurs d'artichaut. Et voici que je suis, moi-même un jardin, un champ, une forêt, une Amazonie d'artichauts. Ah, fontaine, que n'aurais-je donné pour te bannir de mon monde ( mais je ne pouvais pas crever de soif non plus, hein ). C’est donc un brouillon de vie qui me fait juste pleurer de rage ou de rire. Je dépose les armes, le temps de transformer mes amours non-partagés en amitiés librement consentis, le temps de ranger le fou dans sa tour, le temps de me faire désaimer des êtres que je n'affectionnent pas, et d'apprécier la personne civilisée que je suis quand je suis aimable et rieuse. Bref, le temps de m'ennuyer. Dieu me pardonne, je pêche, je pêche comme une pomme. Mais d'Adam, cela va de soi

La bonne nouvelle est que, quoi qu’il en soit, je suis toujours moi et ma foi, qui dit mieux ?

Commentaires

tant de folie chez une seule personne est très curieux? tu es sûre d'avoir pris tes comprimés ce matin ? enfin, j'espère que le second déjeuner d'annif a été moins éprouvant

Ecrit par : Anna | 21 août 2009

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PS : Parfois je me demande ce qui me prend de raconter mes ratés en live. Mais toujours, je me dis "célèbre tes râtés, t'auras pas toujours des réussites à fêter". lol

Ecrit par : Mialy s'en fout | 21 août 2009

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mahafinaritra ery ikala ity na dia mitapy ihany aza

Ecrit par : klem | 21 août 2009

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J'ai trouvé cette prose très touchante...
Tu devrais franchement commencer à écrire des livres, roman ou autre, mais partager ton talent et ton amour de l'écriture... si ce n'est déjà fait... bien sûr à part le blog...
Bien à toi !

Ecrit par : vahiny | 21 août 2009

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joyeux anniversaire angamba ?
Pb 1 : any mada toa an-tapitrisany ny folles sy fous en cavale
Pb 2 : efa mialy-cent-fous koa akory atao ?

Ecrit par : Rajiosy | 22 août 2009

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Un vrai plaisir à lire :)

Ecrit par : Tattum | 24 août 2009

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mouais ... ça n'arrange pas mes maux de tête tout ça ...

Ecrit par : Rondro | 28 août 2009

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Sincèrement il ne m'a pas fallu beaucoup de courage pour te lire tellement c'était bien écrit ... Je me suis demandée si tu étais enceinte ;) mais finalement je pense comme Rajiosy. Joyeux anniversaire ?

Ecrit par : Mia | 04 septembre 2009

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tout le monde me croit enceinte, c'est très curieux, ça...

Ecrit par : Mialy s'en fout | 29 septembre 2009

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Ben dis donc !!!! Ca fait longtemps que je n'ai pas lu un truc aussi bien écrit !
Reflet des relations humaines, qui sont compliquées ou qu'on complique à souhait ? Enfin, la vie en général quoi !

BRAVO en tout cas ! Je rejoins l'etranger qui dit que tu devrais vraiment te mettre à écrire, des nouvelles peut être ?

Ecrit par : Crjo | 08 octobre 2009

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Vrai. c4est l'une des chosz les plus merveilleusement écrites que j'ai pu lire ces derniers temps. Bravo. a quand le livre des louves ? :))

Ecrit par : Rotsy | 12 octobre 2009

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