02 juillet 2009

Les jeunes en politique, une percée difficile, …

À cause ou grâce à la crise, la jeunesse est aujourd’hui admise, ou du moins reconnue comme étant « la » relève. Réclamée et sollicitée de tous bords, la nouvelle génération est appelée à s’engager d’autant plus que la crise qui perdure a changé la donne. La jeunesse se donne les moyens de devenir un élément décideur, mais c’est une percée plutôt ardue.  Politique, engagement et leadership, les jeunes parlent des jeunes.


Andry Rajoelina, entre admiration et incertitude


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Depuis le retour de l’Indépendance, l’histoire malgache, faite de crise chronique et de tensions latentes, trébuche régulièrement sur une note violente, ou du moins brutale. Chaque conflit politique, directement ou non, met en scène la jeunesse, dans un rôle d’acteur ou de victime. A l’exemple de la crise de 1972, où une manifestation estudiantine, donc de la jeunesse, a donné le ton à une grève nationale qui a ouvert une nouvelle page de notre histoire. Cette année, l’accès d’Andry Rajoelina, 35 ans, au pouvoir ouvre la brèche de la jeune génération dans le monde politique. Mais c’est dans un contexte particulièrement  violent et toujours largement dominée par le microcosme de la vieille garde, que la nouvelle crue fait son entrée.


Faiseurs de roi

Le tempérament fonceur et déterminé d’Andry Rajoelina, sa jeunesse et son succès précoce ont toujours joué en sa faveur. Mais s’il a très vite fait ses preuves dans ses domaines de prédilection, la politique ne lui a pas fait de cadeau. Dès janvier, le basculement des revendications de la manifestation qu’il a mené a été aussi un virage en épingle, au regard de certains jeunes. Holimihanta, 32 ans, médecin et mère de famille s’indigne : «
J’étais tout à fait d’accord pour manifester contre la fermeture de Viva qui était un abus du régime Ravalomanana, selon moi. Mais une fois que la manifestation s’est affichée comme un ébranlement de l’Etat, je ne me suis plus reconnue dans ce mouvement. » Pour José-Marie, 28 ans, commercial, ce fut un mal pour un bien : « Marc Ravalomanana aurait été indétrônable si on n’avait pas fait cette grève. Je crois que cette crise était inévitable : il a fallu cette intervention d’Andry Rajoelina.  Je l’admire pour cela »

Dans le carcan d’un entourage politique composé d’anciennes personnalités, le signal fort qu’aurait dû ou pu donner Andry Rajoelina auprès de la jeunesse, et particulièrement des jeunes intellectuels, bute au mur de « dinosaures » qui l’accompagne. «
Il donne l’impression d’être téléguidé par les anciens. Ses décisions et sa position laissent entrevoir l’envergure des conflits de coulisse et l’incapacité de les juguler » juge Rojo, 35 ans, agent de banque et père de famille. Cette collaboration entre le benjamin et les aînés aurait pu symboliser la passation du flambeau entre les générations. « Aurait », car si le jeune président de la HAT a garde quand même un certain crédit auprès de certains jeunes, la génération précédente a largement perdu du terrain. Pour Rindra, 28 ans, juriste : « Ses plus proches collaborateurs sont des personnes qui ont été au pouvoir à un moment ou un autre. Directement ou non, elles ont eu une part de responsabilité dans la pauvreté de Madagascar. Ils avaient échoué et ils sont quand même là. Le fanion n’est pas passé, à mon avis. Les rênes du pouvoir sont bel et bien restées entre les mains des anciens politiciens. »

L’homme d’Etat

Dans le monde des affaires, Andry Rajoelina - organisateur d’évènements, professionnel du showbiz, connaisseur en  communication publicitaire,  et… ancien Dj – a été à bonne école. Mais c’est un parcours qui n’a pas suffi pour former  l’homme d’Etat. La faille est telle que même dans son message politique, Andry Rajoelina laisse un arrière-goût de tâtonnement. Un paradoxe, pour un des plus grands spécialistes de la communication à Madagascar. Hialisoa, 34 ans, entrepreneure et célibataire, parle :
« Cela se comprend parce qu’il est jeune. Mais je pense qu’il va s’améliorer dans l’avenir, il s’améliore déjà maintenant ».

Moins indulgente, Rindra reproche : « Il tergiverse, il donne l’impression qu’il n’a pas les moyens d’avancer. Ce peut être vrai, mais il le montre un peu trop. Dans son discours du 26 juin, il avait un air éprouvé, presque suppliant, comme si le poids du monde ployait sur son existence. C’était agaçant. » Pour Rojo, notre agent de banque, la tergiversation a un nom : « Le doute. C’est un jeune homme dans l’incertitude ; il est tiraillé par son entourage, par les exigences des mouvances dans les négociations et surtout, les méthodes de communication sont défaillantes. Par exemple, que fait la haute autorité de transition ? A quoi servent sa quarantaine de membres et qu’ont-ils fait tout ce temps ? Ces zones d’ombre alimentent aussi le doute chez le public. »


Le jeu des médias

Le n°1 de la haute autorité de transition doit une part importante de sa crédibilité à certains médias dont l’analyse politique et les critiques réfléchies, lui sauvent la mise. A l’opposé du  « brusque » --- ah, comme je suis diplomate, chers confrères et consoeurs --- revirement de certains journalistes, hier connus pour être les adeptes officiels de Marc Ravalomanana et aujourd’hui signant des pamphlets dithyrambique sur Andry Rajoelina : une épine embarrassante au pied de ce dernier, « car laissant fortement soupçonner l’aspect mercantile des relations avec les médias », selon Holimihanta. ( Tu m'enlèves les mots de la bouche, là lol )

Mais, comble du comble, c’est sa propre station radiophonique qui fut la première à nuire à sa réputation, particulièrement auprès des intellectuels et de la frange instruite, toutes tendances politiques confondues. «C’est vrai qu’il y avait de bons arguments, légitimes et défendables », rappelle la juriste, Rindra, « mais la manière dont ces arguments ont été diffusé au public a été épouvantable. La journaliste partait dans une psychose incompréhensible et les points qui auront pu être sainement discutés sont devenus des arguments de mépris et de haine. C’était très primitif. » Grossière erreur de communication empruntée au prédécesseur, le président Marc Ravalomanana, qui en son temps, s’est aussi approprié le quatrième pouvoir pour en faire un instrument de propagande. «Andry Rajoelina aurait dû voir que cette propagande n’a pas vraiment aidé Marc Ravalomanana. Au lieu de tirer des leçons, il a repris les choses là ou Marc Ravalomanana les a laissées. »

La jeunesse ne se fait donc pas d’illusions : il y a du pain sur la planche. Mais quelles que soient les opinions, tous  se rallient à l’avis de José-Marie, commercial : « Andry Rajoelina a le mérite d’avoir démontré aux jeunes que c’est possible d’être un leader à seulement 35 ans."  (Glp...)

Propos recueillis par Mialisoa Randriamampianina, qui ne se fait pas trop d'illusions non plus, hein...

Commentaires

Tokony hanaovako billet iray ity fa leo be dia aleoko eto mimenomenona

Le premier entretien de TGV à la télé.
JE SUIS SIDÉRÉE PAR CE VIDE INTELLECTUEL BÉANT.
Dia tsy manankolazaina be à ce point ve? Tena obtus à ce point ve? Il y a bien eu des abus de Ravalomanana, ils étaient énormes et Ravalomanana et les siens doivent payer. Mais Rajoelina est aussi responsable de cette impasse où nous nous trouvons, j'estime que pour un gars qui a autant de conneries à son actif, il faudrait faire l'effort d'être à la hauteur, il se fait embobiner par Onitiana Realy et elle ne cille pas, lui s'enfonce dans son tonneau des danaïdes. Et puis la gentille conclusion sur le "Andry Rajoelina mino an'Andriamanitra, mivavaka sy manakim-po amin'ny Tompo"... ça me fait rire. Ao anatin'ny 2heures, mandeha en live, jeren'ny firenena iray manontolo ve, il a la chance de se faire entendre, de défendre son cas, de se refaire une virginité. Dia tsy manankolazaina à ce point ve izy ? Tssss tsss tsss

Je mets entre parenthèse toutes les bêtises politiques qu'on a eu ces six mois, ces 7 ans et ces dernières décennies. Je suis juste sidérée que l'on puisse venir au pouvoir avec un bagage intellectuel et une rhétorique aussi simplistes. tena mahavariana.

MIANARA RANGAHY A, LEITY E

Ecrit par : Mialy s'en fout ( sady leo be) | 10 juillet 2009

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MAPME ANÀ FA J'AI TRÈS ENVIE DE LUI SOUFFLER DES RÉPONSES... pfff

Ecrit par : Mialy s'en fout | 10 juillet 2009

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J'ai écrit : Je suis juste sidérée que l'on puisse venir au pouvoir avec un bagage intellectuel et une rhétorique aussi simplistes. tena mahavariana.

noheveriko fa on a touché le fond avec Ra8. C'était juste le demi-fond kanefa. Handroso ity firenena ity, mety Rajoelina no hampandroso azy, na hanapotika azy. Fa na inona na inona ho vitany rahampitso, je suis quand meêm sidérée par ce trou béant de gouffre intellectuel. C'est très facile de prôner la libre expression quand on n'a rien à dire hein

Ecrit par : Mialy s'en fout | 10 juillet 2009

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masiaka ndry ty kah... t'as pas peur qu'ils viennent te tuer ou quoi ? lol
ndry tena mahasahisahy be mihintsy ( tsy io soratan-dry io ihany fa na ny édito an-dry rehetra hafa aza), tsy miteny a hoe ratsy an, au contraire, fa tandremo ny aina fa ny olona ange tsy hary hoe izao na izao e. En plus, tu lui tombes dessus à chaque fois et avec un ton très corrosif. Je suis sûre qu'il a des allergies rien qu'en lisant ton nom, ce pauvre Andry Rajoelina. Ok, il l'a bien cherché, mais bon, fais gaffe quand même.

Ecrit par : Anna | 10 juillet 2009

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ka efa hoe Mialy s'en fout knou
za mahita hoe tokony hi-insiste d'avantage ilay journalistes. Misy question tsy voavaliny mintsy, il fait le détour, na tsy azony na tsy hitany zay valiny, fa tokony mi-insiste ihany lé journaliste. Otran'ny mijanona foana amin'ny hoe "tsy tombontsoan'olona irery no tadiavina" sy ny hoe "tombotsoan'ny vahoaka" sy ny "vahoaka no tompon'ny teny farany", "izaho tsy hifikitra amin'ny fitondrana" ny resany. bien sûr, ela ve miakatra eo amin'ny fitondrana tsy izany no lazain'éla? sa éla hiteny hoe hanangon-karena izaho sy ny HAT 40 lahy?

Ecrit par : klem | 10 juillet 2009

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"sa éla hiteny hoe hanangon-karena izaho sy ny HAT 40 lahy?"

Ali Baba et les 40 voleurs!

Ecrit par : Anna | 10 juillet 2009

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hahaha, vôtifitra eo enao ry Anna an
moi, je lui donne 12 / 20 quand même. Fa ilay reportage GTT tany Bruxelles no nahalatsaka ahy. Romotra be zareo ;)))

Ecrit par : Calimero | 10 juillet 2009

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Moi, je n'ai pas compris la réponse de Rajoelina quand Onitiana Realy lui a demandé hoe tsy miconforter ny communauté internationale amin'ny heviny tsy hireconnaitre ny HAT ve ireny hetsika ireny?

Ecrit par : Anna | 10 juillet 2009

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moi, moi, moi...
pour avoir d'autres impressions, voyez d'autres journalistes moins à cran que moi. D'autres lui auron sûrement trouvé bon, ça vous permettra de contrebalancer un peu. Moi, j'en ai ma claque

Ecrit par : Mialy s'en fout | 12 juillet 2009

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