24 avril 2009

Tellement « nous »

Le faisons-nous exprès ou est-ce une maladresse nationale ? L’accès au pouvoir rend-il amnésique, dédaigneux ou méprisant ? La répression brutale est-elle contestable quant elle est perpétrée par un régime et acceptable, voire recommandée quant elle est commise par un autre pouvoir ? Ces dernières journées n’ont pas brillé par l’innovation, le nouveau pouvoir s’étant largement étendu dans la bête caricature de son prédécesseur. Hier, il réclamait haut et fort une liberté d’expression qu’il vient « subitement » mais sans surprise, de brader à son antonyme le moins honorable: la violence, cet argument des faibles. Ridicule, dirait-on, mais tellement « nous » : n’importe qui, n’importe quoi, n’importe comment.

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Il n’y a pas de quoi pavoiser sur la fin de la dictature ou l’avènement de la démocratie : il y a du chemin à faire et il est d’autant plus long qu’on est resté à quai. Car une dictature a été chassée de son trône pour que règne une autre, la sœur siamoise dont la logique est apparemment arrêtée aux frontières du talion. La brutalité de cette crise, les déchirures physiques et morales et le gouffre économique qu’elle a creusé nécessitent que nous ne nous contentions pas d’un règlement de compte ou d’un déballage des concussions et abus d’un régime en particulier. Le prix payé et à payer est trop lourd pour que l’on se satisfasse d’une issue aussi facile. La bonne foi et l’esprit citoyen exigent que nous dénoncions tous les écarts passés et présents pour prévenir ceux, à venir. Tous les écarts, y compris la prise d’un pouvoir par la force, la répression brutale, l’omerta forcée, la manipulation hystérique et irresponsable des médias de propagande, le terrorisme au quotidien, l’incitation à la violence. Cela demande aussi qu’on ne se contente ni du diktat des faits accomplis quels que soient leurs auteurs, ni de la honte d’un État en errance, ni de cette insécurité ambiante. Cela exige enfin que l’on tienne note des leçons de nos erreurs.

Si Andry Rajoelina a pu rassembler une foule, c’est la preuve que l’administration de Marc Ravalomanana est loin d’être irréprochable. Inversement, Ambohijatovo peut mobiliser les opinions parce que la haute autorité de transition n’est pas aussi légitime ni aussi correcte qu’elle le prétend. Et si au-dessus, l’on trouve toujours ces citoyens peu enclins à faire le choix entre la peste et le choléra et qui réclament une solution consensuelle, constitutionnelle, légale et un retour aux négociations, c’est aussi parce que la crise ne peut se solder par ce statu quo. Revenir purement et simplement à la situation antérieure serait illusoire : il y a bien eu une vague de contestation et cela, l’on ne peut l’ignorer. Rester en l’état actuel des choses, c’est souffler sur la braise de la guerre civile et créer une « jurisprudence » bancale. Car cela signifierait alors que c’est de cette façon scandaleuse que l’on prend le pouvoir à Madagascar. Ridicule, mais tellement « nous ».

Mialisoa Randriamampianina

08 avril 2009

"Mialy Randriamampianina" est un nom merveilleux :)

Combien de chances sur combien pour qu’une pareille coïncidence puisse se produire ? J’ai remué ciel et terre pour avoir le fin mot de l’histoire. J’ai même fait appel à l’ambassade américaine à Madagascar. Et devinez quoi ? Oui, elle existe. Elle porte les mêmes nom et prénom que moi et elle est journaliste, comme moi. Nous sommes deux Mialy Randriamampianina à Madagascar, nous travaillons toutes deux dans les médias. Et comble du comble, en écoutant son interview, sa voix ressemble à la mienne ( Monique me mail de loin en loin : "Incroyable, tena mahavariana, tena mahazendana !!!). Et tout ce temps, on ne s’est jamais rencontrées, je n’ai jamais entendu parler d’elle et apparemment, elle n’a jamais entendu parler de moi… Qui a dit que le monde est petit? Cher homonyme, "Mialy Randriamampianina"  est un nom merveilleux.

 

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Mialisoa Randriamampianina, Mialy, ho an'ny olona rehetra. Mandrakizay :)

 

03 avril 2009

Petite précision

A plusieurs reprises, http://www.voanews.com a publié l’avis d’une journaliste malgache qui répond aux nom et prénom de Mialy Randriamampianina. Aujourd’hui encore, vous retrouverez son opinion, ici : http://www.voanews.com/english/Africa/2009-04-03-voa2.cfm et pourrez entendre l'interview qu'elle a accordé au journaliste Peter Clottey, à Washington DC.

Je tiens à préciser que malgré le patronyme, cette personne n’est pas moi, je n’ai pas accordé d’interview à VOA et n’ai eu aucun contact avec le journaliste Peter Clottey. Je n’ai donné qu’un seul entretien, c’était sur Channel Africa, chaîne de l’Afrique du sud en février dernier : j’y expliquais les origines de la crise et les revendications des deux camps. Cet interview a été faite à titre personnel et en tant que simple citoyenne, n’engageant en rien ni à aucun moment le journal où je travaille. Ce blog et chacune des mes interventions sont faits à titre personnel, assumés par moi-seule.


Ceci, afin de lever toutes confusions ( et sur le nom et sur les idées  véhiculées par l'autre Mialy Randriamampianina ) et pour répondre une bonne fois pour toutes  aux dizaines de mails que j’ai reçues depuis une semaine.

10:48 Ecrit par Mialy | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note

01 avril 2009

A Man in Full…

Exorciser ses peines, comme on rejette le Diable. Dieu me pardonne, je rêve d’un homme, un vrai…

Chacun de ses gestes me rappelle l’homme qu’il aurait du être et qu’il n’est pas et ne sera jamais. Chacun de ses regards mesure ma peine et ma colère, celles de l’enfant que je suis restée et la femme que je ne serai jamais. Chacun de ses mots me dit que dans sa démesure, la nature crée des monstres comme il crée des anges. Dieu me pardonne, je rêve d’un homme, un vrai…

Je voudrais apprendre le pardon, avec l’âme pure d’un enfant. Je voudrais être forte. Je voudrais me regarder en face et trouver le courage d’apaiser le cœur. Mais mon cœur est un mauvais maître et je suis une servante trop parfaite. Dieu me pardonne, je rêve d’un homme, un vrai…

Je le revois, sa sainte Bible dans sa besace, l’homme debout dans sa duplicité. A l’image de ce pays qui est mien, fier de son étendard chrétien, incapable pourtant de la plus simple des vérités. Mais qui suis-je, pour exiger d’un homme que sa foi lui serve à quelque chose, moi qui ai tourné le dos aux saints et aux archanges. Dieu me pardonne, je rêve d’un homme, un vrai…

Et aujourd’hui, pourtant, la vie me rend mon dû. Je suis là où je dois être, au bon moment et avec le meilleur de ce que l’existence peut me donner. Le soleil n’a autant brillé, la chance n’a jamais été une aussi bonne alliée. Je suis le paradoxe de mon pays : 2009 m’a tout l’air d’un millésime. Mais ma bonne étoile ne m’obéit pas au doigt et à l’œil. Dieu me pardonne, je rêve d’un homme, un vrai…

La vie m’oblige à être réaliste et admettre que, oui, les humains n’ont parfois de grands que leurs noms. Et qu’à cela, je ne pourrais rien changer. Mon erreur est d’avoir cru le contraire et d’avoir du mal à assumer la vérité. Il est des hommes et des femmes qui éprouvent du plaisir en faisant du mal. Il est des hommes et des femmes qui éprouvent du mal en croyant se faire plaisir. Et qu’à cela, je dois exorciser mes peines, comme on rejette le Diable. Dieu me pardonne, je rêve d’un homme, un vrai…

Mais si c’est un homme, lui parler d’amour à volonté.

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