29 octobre 2008
Sacrée montagne!
J’ai passé deux semaines à me documenter sur…les parcs nationaux de Madagascar. Don’t ask why, il y a des passions qui se déchaînent subitement ( et bien malgré soi). Après avoir passé à la loupe les 47 aires protégées (quand je vous dis qu’il y a des passions…) J’ai choisi de vous parler de l’Andringitra, car ce parc a, disons une valeur assez sentimentale à mes yeux.

En 2004, quelques semaines avant la soutenance de ma maîtrise en sciences po, j’ai claqué la porte de la fac. La décision prise, il a fallu des sensations fortes pour avaler la pilule. Et c’est ainsi que deux jours plus tard, j’étais juchée sur le plus haut sommet jamais gravi par l’homme à Madagascar, le fameux Imarivolanitra qui culmine à 2658m. Autour de moi, un paysage lunaire et glacial à perte de vue, l’Ambondrombe où nos âmes insulaires iront se reposer et le sentiment infini d’être la montagne qui touche le ciel. Essentiellement dû à un gros taux d’alcoolémie : je me suis gavée de Galeoka, alcool artisanal qui vous rend flasque en moins de deux. Un « livre d’or » est déposé dans un petit tabernacle tout en haut du sommet ou depuis plus de 80 ans, tous ceux qui ont vu le bout de la terre depuis les rives du ciel délivrent leurs empreintes. Je n’ai aucun souvenir de ce que j’ai écrit. Le Galeoka est fort.
Le Parc National d’Andringitra est situé dans le Sud Est de Madagascar, dans la région de la Haute Matsiatra : 22°07’Sud – 22°21’Sud et 46°47’ – 47°02’Est. C’est un lieu « habité ». C’est un lieu « vécu ». Les hommes et les dieux se côtoient, se plaisent, font et défont le monde. J’aime l’idée d’éternité, qu’ici-bas comme dans l’au-delà, on appartient toujours à l’existence. Raha razana tsy hitahy, hono… Ici, la mort n’est plus cette peur de perdre un être cher, ni cette appréhension de partir vers l’inconnu. C’est un chemin, un passage d’un état à un autre. Jamais autant un peuple n’a si bien désincarné le trépas. Jamais autant la peur et l’inconnu n’ont été aussi avilis.
Andringitra se dresse devant moi. Elle est la montagne et j’étais l’amazone qui allait l’enfourcher. Ombimangan-dRasoalao… Un brouillard épais enveloppe l’atmosphère. Le froid est incendiaire. Le silence hurle à m’exploser, me renvoyant, entre les rochers le sifflement aigu du vent. Je sentais l’alcool frayer son chemin dans mes veines et je n’entendais plus que mes pas. L’ascension n’est pas difficile. Mais penser et attaquer une pente sont deux choses qui s’annulent en moi. J’avance et je ne pense pas. Ou je pense et je m’arrête.
Il y eut alors une sérénité apaisante. Devant moi, clairement, se dessinent les contours de l’Ambondrombe. J’irai parmi les miens, j’avancerais sans peur. Je vivrais. J’aimerais. Je pleurerais. Je prendrais la vie à bras le corps. Je me saoulerais. Je suis la Montagne.
Une semaine plus tard, je traverse l’Atlantique. Trois mois plus tard, j’ai un appartement. Et je rempile pour l’un des métiers les plus mal payés de Madagascar. Sacrée montagne !
15:46 Ecrit par Mialy dans Entre chien et loup | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : andringitra
15 octobre 2008
Mariage et autres bêtises
« Pourquoi se marier ? » me demandais-je, encore une fois, alors que j’assistais au mariage d’une de mes amies. Dans la nef décorée de l’église d’Antanimena, je les voyais, magnifiques et presque irréels, dire ces mots qui allaient les lier pour la vie. Pour la vie. « Je promets de t’aimer et de te chérir, dans la richesse ou la pauvreté, dans la santé ou la maladie…Jusqu’à ce que la mort nous sépare. »
Le serment du mariage m’a toujours paru décadent. J’aurais aimé que le mariage fonctionne comme un CDD. On signe pour dix ans, cinq ans…etc. en affichant chacun ses conditions, avec la possibilité de rempiler ou de se séparer au terme du contrat, « tsy misy rahoraho » comme on dit. Pas très romantique, mais tellement plus réaliste.
Je n’ai pas la phobie de l’engagement. Certainement pas. La phobie de l’amour, peut-être ? Aimer quelqu’un, il me semble, c’est accepter qu’il ait, d’une manière ou d’une autre, le pouvoir de nous rendre heureux ou pas. L’abandon m’est alors un sentiment effrayant. L'abadon. La perte. Alors, s’abandonner, se perdre « pour la vie » ?
« Je veux t’épouser, mais tu n’en as pas envie. Alors je ne te le demanderai pas », m’a-t-il dit. C’était en mai. Mon mois préféré. En mai, fais ce qu’il te plaît. Et je ne le revis jamais. L’abandon. La perte. L’amour.

16:44 Ecrit par Mialy dans Mon coeur est un salaud! | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : mariage
06 octobre 2008
Message in a bottle...
Et si je m'en vais avant toi
Dis-toi bien que je serai là
J'épouserai la pluie, le vent
Le soleil et les éléments
Pour te caresser tout le temps
L'air sera tiède et léger
Comme tu aimes...
Et si pourtant tu nous oublies
Il me faudra laisser la pluie
Le soleil et les éléments
Et je te quitterai vraiment
Et je me quitterai aussi
L'air ne sera que du vent
Comme l'oubli...
F. Hardy, 1972
09:52 Ecrit par Mialy dans Mon coeur est un salaud! | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
