26 juillet 2008

Les rapaces


 M'ONT TOUS CONNUE, CONNUE AVANT,
ILS S'EN RAPPELLENT,
AU TEMPS DE L'EAU ET DU PAIN NOIR,
SANS MIRABELLE.
ILS ONT TOUT PARTAGE :
LEURS TARTINES BEURREES,
ONT COUCHE DANS LEUR LIT
MES LONGUES INSOMNIES
ET J'AI BEAU, J'AI BEAU CHERCHER,
EN VAIN, J'APPELLE
MES SOUVENIRS DU TEMPS PASSE,
MAIS INFIDELES,
JE N'AI PAS SOUVENIR, DU MOINDRE SOUVENIR
DU PAYSAGE
DE LEUR VISAGE.

...

HIER ENCORE, ILS FESTOYAIENT
A D'AUTRE TABLES.
DEMAIN, C'EST CHEZ TOI QU'ILS IRONT
SE METTRE A TABLE,
CES AMIS INCONNUS, QUE JE N'AI JAMAIS VUS
MAIS QU'ILS NE VIENNENT PAS
SE CHAUFFER SOUS MON TOIT.
QU'ILS AILLENT DONC PORTER LEURS JAMBES
ET RONDS DE JAMBES.
QU'ILS PORTENT AILLEURS LEUR SAVOIR-FAIRE,
LEURS BELLES MANIERES.
SONT VILAINS, SONT PAS BEAUX, SONT RIDICULES,
BREF, ILS ME FONT LA TETE COMME UNE PENDULE.
OH, QU'ILS NE VIENNENT PAS, JE NE NOURRIRAI PAS
CES RA, CES RA, CES RAPACES,
CES RA, CES RA, CES RAPACES.

 ...

A CEUX QUI M'ONT CONNUE AVANT
JE SUIS FIDELE
AU TEMPS DE L'EAU ET DU PAIN NOIR
SANS MIRABELLE.
CEUX QUI ONT PARTAGE
LEURS TARTINES BEURREES
ET COUCHE DANS LEUR LIT
MES LONGUES INSOMNIES,
CEUX-LA, J'EN AI LE SOUVENIR
DANS MA MEMOIRE,
CEUX-LA PEUVENT ME REVENIR.
C'EST SANS HISTOIRE.
QU'ILS VIENNENT AUJOURD'HUI,
PEUVENT PARAITRE.
CEUX-LA, JE SAURAI BIEN
LES RECONNAITRE,
LES AMIS D'AUTREFOIS,
CEUX LA QUI NE SONT PAS
DES RA, DES RA, DES RAPACES,
DES RA, DES RA, DES RAPACES

...

barbara.jpg

 

Extrait des Les Rapaces. Barbara.


20 juillet 2008

Un châton à oreilles de mouton

 
Nos patronymes influent-ils sur nos existences ? Existe-t-il un…euh… « déterminisme nominatif », un lien de cause à effet sur nos vies, nos caractères et le nom que nous portons ? Voici l’histoire.

Rainitelo, un astrologue traditionnel rencontré à l'occasion du salon "Zen attitude", m’a proposé de dresser ce qu’il appelle mon « lalam-piainana », chemin de vie, en se basant sur mon nom. Il examine ma date, heure et lieu de naissance, la position des astres et toutes choses que je ne connais pas et « aligne » les résultats de ses trouvailles sur mon nom. C’est un tantinet fantasque, mais c’est aussi une manière comme une autre d’interpréter les choses.   
 
Ainsi, je serais une « victime » du phénomène des noms composés : Miali+soa  Fara+niaina Randria+mampianina. Les noms composés, selon sa théorie, doivent toujours être complémentaires pour que les forces opposées ( le yin et le yang ? ) y trouvent leur compte. Ce qui ne serait pas mon cas. Rainitelo pense que les prénoms Mialy ( de Mialisoa) et Aina ( de Faraniaina) ont une très forte influence sur mon caractère : Mialy, issu de Miangaly, signifiant « aspirer la perfection » ou alors « partir en guerre » et « Aina » voulant dire « vie », « respirer ». Chacun des deux noms ayant donc plusieurs sens, les uns aussi lourds que les autres, je serai une… « survoltée ».

Rainitelo avance aussi que ma « manie » de couper mon prénom en Mialy et de le porter avant le nom serait le reflet de ma soumission inconsciente à l’aura du « Mialy ». Les deux autres moitiés des prénoms, Soa ( de Mialisoa) qui veut dire « bonne », « jolie », et Fara ( de Faraniaina) ou benjamine, la dernière née, ne seraient pas de taille à faire face à leurs binômes. Heureusement, continue-t-il, mon nom de famille, Randriamampianina, rétablit l’équilibre. Randriamampianina signifie  littéralement « celui qui donne satisfaction » ou "celui qui rénfonforte", du mot racine « anina » qui signifie plaisir, contentement, voire consolation. Il me recommande soit de toujours porter le nom de mon père avant mes prénoms, soit de garder ce nom de jeune fille, après le mariage ( ah, je tremble!!! ), soit de choisir avec précaution les prénoms de mes enfants pour qu’ils jugulent le mien. Ils me proposent "Soahary"  et
"Ravomahandry" pour la fille et le fils que je n'ai pas encore. Je ne suis pas candidate au mariage, lui dis-je. "Aucun problème" me répond-t-il ( j'aime mieux ça!!! )." Voici un nom qui pourra rétablir les choses dans l'immédiat: Bodomampianina Mialintsoa!!!"
 
Bodo qui rappelle l’innocence et l’enfance (humpff) « Mialintsoa » pour contrer, grâce à cette construction grammaticale ( insérer un "nt"  entre les deux binômes pour "relever" Soa ) les énormités belliqueuses de Mialy. Autrement, me dit-il, je risque de toujours m'insurger "trop brutalement" aux obstacles de mon chemin de vie. Hum. Les obstacles étant faits pour être brutalisés, je bois un verre d’eau et je vais dormir, en attendant la prochaine guerre ;))) Quand je pense qu’enfant, Neny m’appelait "Sofinondry ", oreilles de mouton et Dada, "Piso", châton ! Héhéhéhé!
 
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17 juillet 2008

Nosy Be, l'île de la tentation

Torride. C’est sans doute le mot pour parler de Nosy Be. Sous le soleil des tropiques, cette île du nord de Madagascar invite à l’évasion. Argent, sexe et plaisir, ce cocktail explosif a de quoi impressionner et se demander comment sera l’avenir de la jeunesse locale. Au-delà des discours officiels, voici Nosy Be tel que le vivent ses habitants. 
 
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Soirée dans un bar-restaurant. À n’en pas douter, la plupart des jeunes filles qui remplissent la salle ont au moins le tiers de l’âge des Vazaha qui les accompagnent. Les gestes sont lascifs, les intentions sans équivoques, mais c’est, pour Nosy Be, un scénario banal, qui est même encouragé par certains : « C’est parce que les filles sont là que le business tourne », plaisante Roberto, malicieux. La trentaine fière, chemise hawaïenne ouverte sur de lourdes chaînes en or, bermuda blanc, Roberto est l’archétype du self made man de Nosy Be. Autodidacte du monde des affaires, Roberto reconnaît que les filles représentent un bon filon. D’ailleurs, son travail est de « trouver de jolies partenaires pour les étrangers ». Rien d’étonnant : le mécénat du sexe est un business juteux à Nosy Be. Et si Robert est satisfait de son travail d’intermédiaire, c’est aussi parce que du côté des jeunes filles comme celui des étrangers, c’est la loi de l’offre et de la demande. Combien touche-t-il par « transaction » ? Notre homme reste discret mais par bribes de conversation téléphonique, on peut comprendre l’ampleur de l’opération : Robert dispose d’un réseau bien tissé et ses services se facturent en euro.

Proxénétisme et prostitution


Ailleurs qu’à Nosy Be, on appellera cela proxénétisme et prostitution. Mais ici, la situation est considérée comme une issue pour une jeunesse qui fait face à de conditions d’existence difficiles. « Pour s’en sortir à Nosy Be, il faut un genre de système D qui peut aider à joindre les deux bouts. Les hommes font leurs affaires et les femmes ont les leurs» commente Roberto.

Mais il est plutôt un cas classique car aujourd’hui, avec la révolution technologique, la prostitution atteint une autre sphère. Mario, 25 ans, est au cœur de cette nouvelle dimension. Né à Antsiranana et vivant sur l’île depuis plus de dix ans, il est un Gavroche de Nosy Be. : il connaît tout le monde et tout le monde le connaît. Grâce au web, son réseau de connaissances s’étend outre mer : « Je sais qui va débarquer, où il loge, combien de temps il compte rester et ce qu’il va faire à Nosy Be. Je sais le genre de filles qui lui plaît, l’âge, le teint, les cheveux, le corps…Donc, je cherche pour lui. Parfois, c’est l’histoire d’une soirée ou d’une semaine, mais si la fille prend bien soin de son partenaire, ils se marient ou au moins deviennent un vrai couple. Bien sûr, ils ne m’oublient pas et me donnent une petite récompense. » 


Les critères de choix sont de plus en plus rigoureux. Les demandes se focalisent sur les plus jeunes, les relations non protégées sont sollicitées, l’approbation parentale serait un atout. « Je dirais que les 16-17 ans sont les plus appréciées », selon Mario. « Les filles sont alors moins vulnérables face aux infections sexuelles car la plupart des cas, elles en sont à leur première relation sexuelle et peuvent se permettre de se passer du préservatif. Elles se contentent d’une bonne contraception. »  Mario a tout faux. Mais malheureusement, cette idée fait tâche d’huile et devient une source d’inquiétude pour les médecins. Estelle Moanazara, responsable de la santé de la reproduction de l’hôpital de Nosy Be explique : « Généralement, les contraceptifs sont bien connus dans l’île mais les jeunes sont les plus réticents à les utiliser. On a beaucoup de mal à les sensibiliser, à les amener à se prémunir des grossesses non désirées. De plus, notre site dédié à la santé de la reproduction des adolescents n’est pas fonctionnel. »

Invulnérables ?

Le sentiment d’invulnérabilité face aux IST et au sida est très présent chez les jeunes filles et cette idée reçue les amène à perdre totalement le contrôle de leur sexualité : c’est la mise aux enchères ! « Plus le vazaha paie, plus la fille se lâche », d’après Mario. « Elle ira aussi loin que l’argent le lui permettra d’aller. Si la fille prouve qu’elle mérite son cachet, sa réputation est faite, elle est la favorite ! ».  Conséquence : Nosy Be est exposé aux IST avec 5,7% de ses jeunes ayant contracté la syphilis contre 3,8% dans l’ensemble de l’île, d’après les estimations du ministère de la Santé.

Paradoxalement, la contraction d’une IST est loin de rebuter les candidates. « Bien sûr, une fois victimes, elles se protègent. Mais elles ont une étiquette qu’elles ne cachent pas : avoir une IST, c’est donner la preuve de jusqu’où elles peuvent aller… »
 
 

03 juillet 2008

Le sourire d'Ingrid

 
Elle a retrouvé la liberté. Et regardez ce sourire, si ce n'est pas magnifique?
 
 
 
 

02 juillet 2008

African colours

 

 
The Ultimate Cry
 
Appeal to the conscience of the African symbol. It is a summation of suffering and hope.

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"Africa, as a whole, represented by this mother dressed in flags, appealing for peace, symbolised by the presence of the doves. The hungry children, in the shadow of hope, is a kind of awaking for the role of the african union, without, however, ignoring the blue, red, green, yelow and other helmets, represented, here, by the totems, like in the past, with our acnestors, for the protection of our lands. The presence of wood and earth symbolise the casting aside of any western interpretion. An authentic and united Africa is our leitmotiv."
By Cyprien Kablan, Ivorian artist.
 
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Namibian tree of unity
 
A triptyche artwork dedicated to the unity, liberty and justice as enshrined on the coat of arms of Namibia.
 
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"The design of the artwork is centred around the tree of unity depicted by the oneness of a hand whose roots change into hands gripping onto one another to depict their interdependence. The eyes on the roots reflect the expectation of the late heroes who sacrificed their livers for the independence of their motherland.

On top of the soil, fumes emerge from clay pots which pass through the fruit to the sky, symbolizing the influence that the soil of the independent motherland has on all those who have the privilege to walk, live and benefit from it today. The trunk of the tree further strengthens the thought of oneness that changes into a hand holding the blue sky of Namibia. The weaving texture in the background suggests the social fabric of the Namibian nation as a symbol of integration and unity that exiosts among the different language speaking groups of the country.

The left side panel of the artwork reminds one of the armed struggle for independence and complements the right hand panel that symbolizes the benefits of education, science and technology that we enjoy as a nation. The colours of the bangle around the wrist of the hand reflects the national flag of Namibia. The three white doves symbolize the peace and stability that we have as a priviledged united namibian nation.

In short, this artwork symbolizes that the tree can only continue to give us nutritious fruit if our roots of unity hold onto one another, and liberty to look each other in the eye, with justice that assures us of human dignity, through the fertile ground that holds our roots together as one nation."
By Joe Madisia, Namibian artist.
 
 
 
 
 

Madiba "terrorise" les Ricains!

  
 

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Il a porté le coup fatal à l’apartheid. Il est le premier président noir de l’Afrique du Sud à l’issue d’une élection multiraciale sans précédent. Il est aujourd’hui un grand fédérateur des générations, des origines et des horizons. Il incarne de part et d’autre du monde l’image des causes justes. On peut être cet homme, on peut être Nelson Mandela et attendre longtemps avant que la Maison Blanche daigne vous rendre justice.  Mardi dernier, à une quinzaine de jours de ses 90 ans et 14 ans après sa victoire historique contre une longue tradition ségrégationniste, Washington a enfin retiré Nelson Mandela de la liste américaine des terroristes.

L’anachronisme frise le ridicule lorsqu’un Prix Nobel de la paix se retrouve fiché au même titre que des organisations terroristes, armées et violentes. Depuis 1994, Nelson Mandela et l’African National Congress (ANC), qui raflaient les succès diplomatiques auprès du gotha politique, étaient plébiscités aux Nations unies. Mais, ni Mandela, ni les membres de son parti n’avaient  droit de séjour en territoire américain…sauf à New York, au siège des Nations unies !

Avoir maintenu Nelson Mandela dans les rangs des terroristes est une de ces « coquilles » gênantes, une « négligence» dans les textes, qui ne rejoint évidemment pas l’idée que les Etats-Unis se font de Madiba. Mais la véritable injustice de cette disposition n’est plus tant qu’elle ait perduré aussi longtemps, ni qu’elle ait versé l’honneur du leader dans la disgrâce. L’injustice, c’est que pour l’abroger, il aura fallu qu’une Condoleezza Rice, plus embarrassée qu’autre chose, intervienne personnellement. Le parcours de Mandela et son engagement contre le racisme, le sida et l’exclusion et pour l’Afrique libre ne justifieraient-ils pas le respect pour qu’il faille que la secrétaire d’Etat intercède en sa faveur ?  
 
Et c’est une intervention symbolique : Mme Rice est la première femme noire de l’histoire américaine qui accède au haut poste de secrétaire d’Etat comme de son côté, Nelson Mandela est le premier noir au pouvoir dans son propre pays. Née en Alabama et donc enfant du vieux Sud, Rice a connu, comme Nelson Mandela, l’ignominie de la discrimination raciale. Elle est aussi devenue, comme Nelson Mandela, une des personnalités les plus influentes du moment.

Morale de l’histoire : être le pays de la liberté ne dispense pas par moment d’oublier le bon sens.

18:03 Ecrit par Mialy dans AfriK | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : nelson mandela

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