22 juin 2008
Mariage et grossesse précoces
Fistule obstétricale. Derrière cette appellation barbare se cache un mal tout aussi barbare et qui frappe les jeunes filles enceintes trop prématurément et vivant généralement dans les régions éloignées. La fistule obstétricale est méconnue à Madagascar, pourtant elle est fréquemment décelée pour la simple raison que nos jeunes filles ( ou fillettes???) ont tendance à avoir un enfant trop tôt.
« Lorsque la grossesse survient à un âge encore peu avancé, entre 13 et 18 ans, les cas de fistule obstétricale planent sur les parturientes. Leurs corps n’étant pas assez bien développés, l’accouchement rencontre des complications graves : le vagin subit une lésion qui rend incontinente. La jeune fille est alors incapable de contrôler l’écoulement de l’urine et des excréments. "Mamany lava" dit-on en malgache » explique le Dr Solo, spécialiste au sein de l’Unfpa-Madagascar. La déchirure se produit souvent quand la césarienne est retardée. Lorsque l’accouchement se prolonge, la pression de la tête du bébé sur le bassin de la mère interrompt l’afflux du sang dans les tissus autour de la vessie, du rectum et du vagin. Le tissu se déchire et apparaît un trou béant qui est la fistule. Le bébé n’échappe pas à la mort dans la plupart des cas. La mère est frappée d’une incontinence chronique, humiliante et dangereuse pour sa santé: la fistule s’accompagne parfois d’infections de la vessie qui atteignent la partie génitale.
Et malheureusement, à Madagascar, l’encadrement des femmes enceintes est encore précaire. L’île ne possède en tout et pour tout que 30 centres hospitaliers capables de recevoir un accouchement en bonne et due forme. La plupart de ceux-ci sont regroupés dans les régions urbaines et les médecins font cruellement défaut. Pour accoucher, une femme peut faire entre trois heures et trois jours de route avant de trouver un hôpital. Aujourd’hui, le centre de Mandritsara est le seul à pouvoir assurer un traitement des filles fistuleuses.
Mais encore, ce phénomène est à l’origine d’une véritable exclusion sociale. « Frappée d’incontinence et traînant en permanence une forte odeur nauséabonde, la jeune fille se voit évitée par son mari et sa famille. Dans la plupart des cas, les parturientes se retrouvent livrées à elles-mêmes. Et pourtant, plus elles attendent, plus leur cas s’aggrave », toujours selon le Dr Solo.
Parce que les hôpitaux se trouvent à des kilomètres de chez elles, parce qu’elles savent que l’accouchement en centre hospitalier n’est pas encore totalement gratuit, parce que la sensibilisation n’a pas encore touché les lointains villages éparpillés dans le pays, parce qu’elles ont tout simplement peur, ces jeunes filles se retrouvent démunies. Dans beaucoup trop de cas, elles se laissent tenter par les services d’un « accoucheur traditionnel » qui généralement ne respecte pas les normes d’hygiène et de sécurité.
Mais aussi et surtout, parce qu’elles sont des filles, elles se retrouvent au pied du mur. Peu ou pas scolarisées, peu ou pas informées, elles deviennent facilement une « solution de circonstances » entre des parents dans le besoin et un homme en quête de femme, entre des traditions rébarbatives et une communauté indifférente, entre une idée aliénante qui réduit la jeune fille en un vagin et un utérus.
Jusqu’en 2007, la loi malgache autorisait le mariage aux jeunes filles dès 14 ans. Paradoxalement donc, le mariage précoce ( et donc les grossesses précoces) a toujours eu la loi de son côté. Mais grâce à une importante refonte qui a été faite l’an dernier, l’âge minimum légal pour le mariage a été révisé à la hausse et fixé à 18 ans pour les deux partenaires. C’est un grand pas en matière de droit mais aussi en matière de protection sociale et de santé publique. Mais cela n’est qu’un début de réponse. Tout au moins pourrions-nous dire que la loi ne se retrouve pas complice de ce fléau, même si dans la pratique, nous savons qu'elle est encore une petite chose sans conséquence face à la force des traditions et la pauvreté. Mariage et grossesse précoces vont de pair et quand la coutume, l'indigence et l’ignorance s’en mêlent, il nous faut réagir.
Parce que les hôpitaux se trouvent à des kilomètres de chez elles, parce qu’elles savent que l’accouchement en centre hospitalier n’est pas encore totalement gratuit, parce que la sensibilisation n’a pas encore touché les lointains villages éparpillés dans le pays, parce qu’elles ont tout simplement peur, ces jeunes filles se retrouvent démunies. Dans beaucoup trop de cas, elles se laissent tenter par les services d’un « accoucheur traditionnel » qui généralement ne respecte pas les normes d’hygiène et de sécurité.
Mais aussi et surtout, parce qu’elles sont des filles, elles se retrouvent au pied du mur. Peu ou pas scolarisées, peu ou pas informées, elles deviennent facilement une « solution de circonstances » entre des parents dans le besoin et un homme en quête de femme, entre des traditions rébarbatives et une communauté indifférente, entre une idée aliénante qui réduit la jeune fille en un vagin et un utérus.
Jusqu’en 2007, la loi malgache autorisait le mariage aux jeunes filles dès 14 ans. Paradoxalement donc, le mariage précoce ( et donc les grossesses précoces) a toujours eu la loi de son côté. Mais grâce à une importante refonte qui a été faite l’an dernier, l’âge minimum légal pour le mariage a été révisé à la hausse et fixé à 18 ans pour les deux partenaires. C’est un grand pas en matière de droit mais aussi en matière de protection sociale et de santé publique. Mais cela n’est qu’un début de réponse. Tout au moins pourrions-nous dire que la loi ne se retrouve pas complice de ce fléau, même si dans la pratique, nous savons qu'elle est encore une petite chose sans conséquence face à la force des traditions et la pauvreté. Mariage et grossesse précoces vont de pair et quand la coutume, l'indigence et l’ignorance s’en mêlent, il nous faut réagir.
Aujourd’hui, les textes liés à la protection des droits de la femme sont particulièrement obsolètes. A l’exemple de la loi malgache sur le planning familial actuellement en vigueur qui date du premier quart du 20ème siècle et qui est inspirée de la loi française appliquée en 1923…
09:03 Ecrit par Mialy dans Princesses des cieux | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : fistule obstétricale, mariage précoce, grossesse précoce
Commentaires
Ecrit par : Rajiosy | 23 juin 2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Ravo | 23 juin 2008
Répondre à ce commentaireAry vao novakiko tam L'Express tam herinandro lasa resaka fiterahana ihany fa misy fikasana hanome peridurale maimaim-poana. Eritreritra sy finiavana mahavelom-bolo daholo izany ...
Ecrit par : miangaly | 24 juin 2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Smooth | 26 juin 2008
Répondre à ce commentairekiss
Ecrit par : sipagasy | 03 juillet 2008
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