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25 décembre 2007

Noël sous les tropiques

Je suis convaincue que le Père Noël existe, mais je n'arrive pas à me le figurer dans un pays chaud. C'est d'ailleurs un truc assez rigolo car ici, personne ne pense à "trpoicaliser" le Père Noël. On entend en boucle à la radio des "Vive le vent d'hiver!" et des "Noël, mon beau rêve blanc", dans un pays où il fait 28-30° en décembre! Alors, d'ici, sous le soleil tapant, sous la pluie diluvienne et la bonne humeur : Bon et joyeux noël à tous et à toutes. 

 

http://www.annuaire-enfants-kibodio.com/images/chanson-noel-au-soleil.jpg

 

19 décembre 2007

Asa izay raha tsapany....

 
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Hafahafa ho'aho ny tontolon'izy iny
Zakaranda mipoapoaka
Fonfon-tany mando no mba tiany
Rehefa volana Oktobra 
Orana mitendry ny fanitso
Izay no hira tiany indrindra
Ilay masoandro mody hamonjy ampitso
Sinemany takariva
 
... 
 
Fa nitoetra teo iny fitiavako iny
Tsy mba nisy resa-be
Arahaba iray, tsiky no nidify
Dia samy lasa nandeha
Samy mba nanohy ny eritreriny any
Ny azy aloha tsy fantatro
Fa ny ahy niova hira ihany
 
 
Asa izay raha tsapany...
 
 
Zakarandà, Lolo sy ny Tariny
 

Ceux qui disent pourquoi pas

"Some people see things as they are and say why ? I dream things that never were and say why not?" Kennedy, 1968. Ils étaient là. Leurs bougies s'allumant une à une devant leurs yeux songeurs. L'aventure ne s'arrêtait pas, ils le savaient. Et dans le silence de l'instant, ils avaient cédé la place au rêve. "Pourquoi pas?" se disent-ils, tout bas. 

 

Yltpiens

 

Lire "Ouaillealtipien". Quand vous faites partie des 25 sélectionnés sur les 500 pour participer au Youth Leadership Training Program (YLTP) de la Fondation allemande Friedrich Ebert, vous êtes un Yltpien. Lorsque votre formation (qui est plus un "coaching") est terminée, les uns disent que vous êtes un "leader", les autres disent que vous êtes un "meneur", ou bien un "ex-Yltp". Honnêtement, le mot "leader" me parait un peu pompeux, je ne sais pas, je trouve cette appellation lègerement ...enflée! Bof, bref. J'ai un petit faible pour "Yltpien" et donc ce sera désormais la seule appelation utilisée sur ce blog. De toute façon, cémwakikomande.

Si vous vous demandez de quelle manière cela nous a changé, hé bien, itou, ai pensé. Je vais vous épargner des discours emmerdants et emphatiques du type "Participer au développement socio-économique de Madagascar", "Faire le saut qualitatif", " Soutenir l'émergence de la nouvelle génération d'intellectuels". Et vous n'aurez pas de cours de pédantismes moraux un peu trop habituels dans ce coin du monde ("faire abnégation de soi, aller au sacrifice"). Pffit! Je ne suis définitivement pas dans ces eaux-là. Beaucoup d'anciens Yltipiens et d'autres gens aussi d'ailleurs se noient dans ces convictions élitistes un peu pétantes. Ce n'est peut-être pas mauvais en soi, mais bof. 
 
Tout ce qui importe, c'est de se préserver une part de vérité, se donner toujours la chance de se remettre en question, accepter de ne pas être parfait et  s'accorder le privilège et le plaisir d'aller vers l’autre. Il n'est pas pas forcément important d'être de ceux qui « prennent le pouvoir », ni de ceux qu’on appellera « Ramose… ». Ce qui importe c'est de faire du mieux que l'on peut avec ce qu’on a, d'apprendre chaque jour à faire la différence, de voir les choses comme elles pourraient être et de se dire « Pourquoi pas ? ». Voila, mon Yltp. Et ce fut une très bonne expérience, je vous le conseille. 
 
 
Je me relis et j'ai l'impression d'avoir bu en écrivant. 'Y a un air de makafoka, quelque part. Non?  
 

 
 

16 décembre 2007

Goodbye, cruel world

Combien de chances y a-t-il pour que l'une des soirées les plus attendues de l'année finisse en queue de poisson? La sortie des Yltpiens, prévue depuis dix mois, et moi, un peu trop comme je suis, je trouve le moyen de...aaaaarggggggghhhhhh!!!!!!

La robe. Une robe noire "sacrée" car ai mis trois longues journées pour la trouver. 48 heures avant le jour J, je renfile cette denrée rare. Aaaaaaaarggggggghhhhhhhh, les coutures menacent de rompre, le tissu horriblement distendu fait des rondeurs bizarres à ce corps virtuellement svelte :). Je suis Kelly Osbourne dans un mouchoir. Hummpppfff. Ok. On se calme. On assume. J'asssummme.  J'enfile ma tenue. Je suis prête, je vais filer, voler, me téléporter vers le salon de coiffure. Et là. Là. Là. Merde. Combien de chances sur combien de milliards, pour que, déjà affreusement lancée dans ma course contre la montre, je suis retardée par...aaaarggggggggghhhhh!!! " Le candidat Rafalimanana passe dans votre quartier!" hurle un gars dans un mégaphone, et là toute une foule de gens qui suivent le candidat à la mairie d'Antananarivo. Je suis devant ma porte avec Neny, il est derrière le tamboho avec sa suite. Il nous tend la main, Neny lui dis bonjour.

Neny veut faire la conversation et paf, les caméramen de MBS et de la Présidence sont sur le coup. Ils ont enjambé le muret. "Les électeurs s'entretiennent avec le candidat", hurle le mégaphone. Merde. Je suis dans le champ, les gars sont en train de filmer "la séquence humaine" de la campagne électorale. Le candidat "de proximité", en pleine conversation avec les simples gens. Tellement simple d'esprit qu'elles se sont mises sur leur 31 rien que parce que le candidat va passer dans le coin?! ( Y a deux poulettes qui ricanent en me voyant, moi, Kelly Osbourne dans un mouchoir). Sauf que: moi, les cheveux en pétard et la mine déconfite. Et les cadreurs sont en train de shooter, sans pitié. 

Neny veut se plaindre de l'insécurité. J'essaie de m'esquiver, quand, merde. Merde. Re-merde. Voyant les deux cameramen enjamber le muret, la foule se rue dans l'étroite courette, devant la maison. Ils sont tous devant ma porte, en scandant "Tohizo ny asa Rafaly ô!". Putain. Il est 15 heures de l'après-midi, j'ai l'air d'une schtroumpfette ensorcellée et des militants du Tim me font du rentre-dedans. Combien de chances sur dix milliards pour que ça m'arrive? Et combien de chances sur dix milliards pour que ça m'arrive le jour "J"? Aaaarggggh. Ok. Du calme. On attend. Deux-trois minutes, ils sont partis. Je suis en retaaaaaard !!!!! 

J'arrive. Chez le coiffeur. Le monde entier s'est donné le mot. Le monde entier a décidé de squatter le salon. Aaargghhh. Mais oui, j'ai pris rendez-vous mais qui s'en soucie? Ok. Ok. On se calme. On négocie. Tranquillement, l'air d'avoir fait ça toute sa vie :" Mesdames, la paix du Proche Orient dépend de la tête que je vais avoir en sortant d'ici quinze minutes. Alors s'il vous plaît, faites que pour une fois, Condoleeza Rice ne me vole pas la vedette..." Hum. Une heure plus tard. L'opération "ravalement de façade" est faite. "Outèèèèèèèèèèèèèè? Téalabouuuuuuuurrrreeee!" me siffle le portable qui dring...dring...dring...Toc, coupé, éteint. Laissez-moi, je suis à deux doigts de. Le taxi. Avec Manou. Notre taxi est coincé dans un foutu bouchon. Là. Sur la descente d'Ambohijatovo. L'agent de la circulation s'est endormi, juste après avoir cédé le passage à la file d'en face. Rrrronnnn...Zzzzzz...Rrrrrooonnn... Zzzzzzz....Ok. Ok. On se calme. On n'explose pas. Ok. Ok.

Arrivée à destination. "Vous êtes en retard, on a remis les certificats". Euh...? On s'eslaffe, c'était une blague. J'ai eu chaud. Je cours. Tout le monde est là. Humpffff. "J'ai l'air?" "Bien", réponds Andry Tiana. Il s'en fout. Ok. Ok. Il faut que quelqu'un me dise que j'ai l'air bien. Ah, le photographe. Oui, 'tite photo. Pliz. Zoom sur la star. Tchak. Montrez voir? Hum. Vous n'êtes pas le meilleur dans votre métier, je tiens à ce que vous le sachiez. 

En soirée. On danse? On boit un peu. Hum. Une très bonne ambiance. Hum. Je suis partout. Hum. J'ai mal aux pieds. Escarpins virés. Escarpins égarés. Merde. Merdeeeeeeeeeeuh. Je ne me souviens plus de où j'ai laissé mes escarpins. Hum. Bref. Commandons à manger. Je veux des...crevettes à la sauce d'huître. Je les veux toujours, une heure plus tard. Le serveur s'en fout. Je commence à avoir des gargouillis. Ce n'est pas très sexy. Ah. Elles arrivent mes crevettes. Mmmh. Succulentes. Hum. Allez, on se remet en piste. Ah. Kesk'on danse bien. Il fait chaud. Très chaud. Je danse, je perds pieds. Zut. Y a truc bizarre. Aaaaaargggggggggghhhhhhhhhh. J'enfle. Mon visage est entrain d'enfler. Allergie? Allergie!!! Merde. Merde. Mon visage se transforme en citrouille. Non. Non. Noooooon.

Tom me ramène à la maison, là où cinq heures plus tôt le parti présidentiel m'a coincée entre deux caméras. J'ai la moitié du visage enflée, sous le maquillage qui me donne maintenant l'air d'une voiture voilée. Devant le miroir. J'ai l'air d'être sortie d'un ring. Combien de chances sur un milliards pour que ça m'arrive? Et surtout, combien de chances pour que ça m'arrive cette soirée que j'ai attendue depuis dix mois? Aaaarggggggggggggghhhhhhh....Goodbye, cruel world.

 

13 décembre 2007

Tsy an-jaza

Le parti présidentiel essuie son premier gros échec aux urnes, aux communales de mercredi: Andry Rajoelina, candidat indépendant, écrase Hery Raflimanana, du Tiako i Madagasikara. La débâcle est ici et là. Si dans la capitale du Vakinankaratra, la « victoire sans péril » du Tim est devenue la plaisanterie du moment ( 81 bureaux de vote, un peu plus de 100.000 inscrits, un peu moins 40.000 votants dont 16.000 et quelques blancs et nuls, 21.843 suffrages exprimés : et Tim rafle la petite mise) à Antananarivo, sa défaite sans cérémonie aurait pu faire l’objet d’un petit pari entre amis. Il fallait s’y attendre ! Alors même que le décompte des voix était en cours dans les bureaux de votes, chacun y est allé de son commentaire : « Je le savais ! ». Au lendemain du scrutin, les conversations semblent se diriger vers une même logique : « On le savait ! » .

Antananarivo est un « tsy an-jaza », comme on dit. Fidèle, à ses moments et à sa manière, mais impitoyablement sévère quand elle l’a décidé. Ces derniers mois ont révélé une grogne en sourdine, il fallait la voir venir : Antananarivo était en froid avec la « Tim-mania », qui curieusement (ou non d’ailleurs) est assimilée à une autre époque que l’on croyait enterrée sous les pavés du 13 mai. Andry Rajoelina n’était plus à ses yeux ce jeune premier, ce candidat au brillant parcours qui pouvait faire la différence : il était aussi ce contrepoids recherché en douce sans jamais le dire en face. Le vote n’aurait presque eu rien à voir avec Hery Rafalimanana : les Tananariviens avaient besoin de « désincarner » la Tim-mania, c’est chose faite.

Et puisqu’ Antananarivo ne désigne jamais son poulain du bout des lèvres, il lui a fallu, pour être fidèle à ses humeurs enflammées, un sacre pour Andry Rajoelina. Il faut croire que la capitale ne fait pas dans la demi-mesure : lorsqu’elle décide de somnoler, elle prend son hamac et vous ne l’entendrez plus. Une fois l’alternative trouvée, c’est un raz-de-marée et vous n’entendrez que sa voix. Qu’elle choisisse un président de la République ou un maire, que ce soit par les urnes ou par la rue, Antananarivo sait se fait obéir.

Le message est fort et oblige à faire volte-face à moins de tenir absolument à s’écraser dans le décor. L’avertissement vaut pour le gagnant et le perdant car l’équilibre ainsi forgé par les urnes devient la « ligne sacrée », la limite virtuelle mais très présente des choses possibles, des choses faisables, des choses impossibles et des choses auxquelles il ne faut même pas penser. L’air de toujours dire : « Je t’ai à l’œil. »
 

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