13 décembre 2007
Tsy an-jaza
Le parti présidentiel essuie son premier gros échec aux urnes, aux communales de mercredi: Andry Rajoelina, candidat indépendant, écrase Hery Raflimanana, du Tiako i Madagasikara. La débâcle est ici et là. Si dans la capitale du Vakinankaratra, la « victoire sans péril » du Tim est devenue la plaisanterie du moment ( 81 bureaux de vote, un peu plus de 100.000 inscrits, un peu moins 40.000 votants dont 16.000 et quelques blancs et nuls, 21.843 suffrages exprimés : et Tim rafle la petite mise) à Antananarivo, sa défaite sans cérémonie aurait pu faire l’objet d’un petit pari entre amis. Il fallait s’y attendre ! Alors même que le décompte des voix était en cours dans les bureaux de votes, chacun y est allé de son commentaire : « Je le savais ! ». Au lendemain du scrutin, les conversations semblent se diriger vers une même logique : « On le savait ! » .
Antananarivo est un « tsy an-jaza », comme on dit. Fidèle, à ses moments et à sa manière, mais impitoyablement sévère quand elle l’a décidé. Ces derniers mois ont révélé une grogne en sourdine, il fallait la voir venir : Antananarivo était en froid avec la « Tim-mania », qui curieusement (ou non d’ailleurs) est assimilée à une autre époque que l’on croyait enterrée sous les pavés du 13 mai. Andry Rajoelina n’était plus à ses yeux ce jeune premier, ce candidat au brillant parcours qui pouvait faire la différence : il était aussi ce contrepoids recherché en douce sans jamais le dire en face. Le vote n’aurait presque eu rien à voir avec Hery Rafalimanana : les Tananariviens avaient besoin de « désincarner » la Tim-mania, c’est chose faite.
Et puisqu’ Antananarivo ne désigne jamais son poulain du bout des lèvres, il lui a fallu, pour être fidèle à ses humeurs enflammées, un sacre pour Andry Rajoelina. Il faut croire que la capitale ne fait pas dans la demi-mesure : lorsqu’elle décide de somnoler, elle prend son hamac et vous ne l’entendrez plus. Une fois l’alternative trouvée, c’est un raz-de-marée et vous n’entendrez que sa voix. Qu’elle choisisse un président de la République ou un maire, que ce soit par les urnes ou par la rue, Antananarivo sait se fait obéir.
Le message est fort et oblige à faire volte-face à moins de tenir absolument à s’écraser dans le décor. L’avertissement vaut pour le gagnant et le perdant car l’équilibre ainsi forgé par les urnes devient la « ligne sacrée », la limite virtuelle mais très présente des choses possibles, des choses faisables, des choses impossibles et des choses auxquelles il ne faut même pas penser. L’air de toujours dire : « Je t’ai à l’œil. »
14:15 Ecrit par Mialy | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : ANTANANARIVO
Commentaires
Ecrit par : De l'autruche | 14 décembre 2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : Sipamilay | 14 décembre 2007
Répondre à ce commentaireAttention aux lendemains et surlendemains d'orgie :-))) mais on a l'habitude ?
ou autrement dit : après radama III, radama IV ?
Ecrit par : Rajiosy | 14 décembre 2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : norah | 15 décembre 2007
Répondre à ce commentaireAh, pour revenir au fil de la discussion, Tana n'est pas le nombril de Mada? Pourquoi pas? Mais Tana a toujours fait ce qui lui plait, non? Tu as raison, elle "ne devrait pas". Pour l'instant, elle est comme elle est.
Ecrit par : Mialy s'en fout | 16 décembre 2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : Mialy s'en fout | 16 décembre 2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : Rajiosy | 17 décembre 2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : Rajiosy | 17 décembre 2007
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