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28 octobre 2007
Oiseaux de Madagascar
Fait rare, un oiseau s'est posé sur ma fenêtre samedi matin. Très petit. Fody ve? Je n'en sais rien mais son apparition furtive m'a gardé un joli sourire toute la journée. Je commence à exceller dans l'art du sourire idiot. Mais ma boule de plumes me rappelle qu'il y a des choses à raconter sur les oiseaux malgaches et ceux de l'océan Indien. L'encyclopédie sonore par exemple. Et le birdwatching aussi.
Un son rugueux. Six à huit notes sifflées en série, portant loin, émises alors que l'oiseau est dans son envol. C'est le chant du Ganga masqué de Madagascar, oiseau endémique connu sous le nom de Katakara. Le chant du Ganga a été capté en fin d'un après-midi de septembre 1983, à Ambararata, près de Morondava, par un passionné de l'avifaune, Pierre Huguet. Il enregistre les oiesaux depuis 30 ans. Cet enregistrement figure parmi les chants de 327 espèces d'oiseaux de Madagascar et des îles soeurs, regroupés dans la toute première encyclopédie sonore des oiseaux de l'océan Indien. Cette encyclopédie, un coffret de quatre compacts disques complété par un livret, a été présenté par WWF Madagascar à l'occasion de Birdfair, une manifestation consacrée aux oiseaux.Ces 327 espèces font partie des 344 dont le son a été scientifiquement déterminé. Il s'agit d'espèces nicheuses, de passage, introduites ou hivernantes à Madagascar, sur les îles Comores, Seychelles et La Réunion.
A ce jour, aucune banque de données exhaustives n'est encore disponible en matière d'ornithologie dans l'Ouest de l'océan Indien. Ce guide sonore établit donc une classification affinée des espèces, une historique approfondie de l'évolution migratoire et morphologique ainsi que des mécanismes de transport des oiseaux sur une longue distance. Cette encyclopédie est d'ailleurs, pour l'avifaune malgache, un outil de référence. En effet, parmi les îles de l'océan Indien, Madagascar est la seule, dérivée du Gondwana: comparé aux oiseaux de Maurice, La Réunion ou les Seychelles, des îles nées de récentes formations volcaniques, le patrimoine ornithologique malgache est donc l'un des plus anciens et des plus authentiques.
Birdwatching day 2007

Et sachez aussi que si vous êtes dans les parages, à partir du 30 octobre et pour quatre jours, vous pourrez découvrir et/ou redécouvrir les oiseaux de Madagascar. Ce sera à Taolanaro ( ou Taolagnaro, je ne sais plus, que quelqu'un me corrige) durant le « Birdwatching Day 2007 » organisé, depuis 2001 dans cette région, par Qit Madagascar Minerals (QMM), Rio Tinto et Birdlife International.L'observation se fera au coeur de ce qu'on appelle « zone importante pour la conservation des oiseaux » (Zico), à Tsitongambarika et Mandena.

Mais c'est dans le village d'Ivorona ( le cas de le dire, n'est-ce pas?) que les organisateurs prévoient des séances d’observation d'oiseaux; amateurs et passionnés pourront se délecter du spectacle, appareil photos et jumelles en mains.Les birdwatchers auront aussi l'occasion d'explorer les forêts environnantes qui abritent certaines espèces... Pô mal, nan?
Aaaaah, ireo vorona amin'ny sary faharoa sy fahatelo ireo dia hitanareo eny @ delta de Mahavavy. Ilay sary faharoa no atao hoe Sarcelle de Bernier izay tsy fahita afa-tsy eto Madagasikara. Ireo fahatelo kosa dia flamants roses, izay karazana vano betsaka indrindra. Fa tena tsy nahita sary aho, ho an'ilay ao Taolanaro. Sa Taolagnaro e? ( nisy niteny tamiko hoe efa misy fomba fanoratra raikitra io tanàna io fa tsy tadidiko hoe iza amin'ireo ilay marina...) Fa soloiko ilay sary, rehefa e. :)))
10:15 Publié dans D'une histoire à une autre | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : OISEAUX, MADAGASCAR, BIRDWATCHING
23 octobre 2007
On est tous Africains

Et de tels propos, on ne les dit qu’aux Africains. Oserait-on dire cela aux Américains ? aux Japonais ? aux Européens ? Les « héros » de l’Histoire, entrés dans les annales de la mémoire collective en vainqueurs, sont encensés. Mais, on donne des leçons aux perdants, on les ramène à leur niveau de « pays pauvres », ceux de ce continent noir. Ainsi, par exemple, lorsque Madagascar passe dans les journaux télévisés occidentaux, on voit les mêmes images de la précarité et on entend « la » phrase consacrée: « Ce pays, parmi les plus pauvres du monde… ».
Bien sûr, l’Afrique est pauvre. Bien sûr, le niveau d’éducation y est faible et les enfants peuvent encore y mourir de faim, de diarrhée, ou de paludisme. Mais tout cela, ce ne sont pas des problèmes « africains », ce sont des problèmes humains. On ne le voit peut-être pas, du haut de leur soi-disant piédestal de vainqueurs, mais l’Afrique est en train de se battre pour son avenir. On ne le voit peut-être pas, mais l’Afrique d’aujourd’hui est aussi un continent actif, qui forme des leaders, qui veut sortir « vainqueur ». Dans la vision tacitement approuvée de ce qu’est le développement, enfermée dans le carcan manichéen de ceux qui réussissent et de ceux qui échouent, on ne voit de ce continent que son visage défait. Si la « bienséance morale » voudrait que « l’homme pauvre à l’avenir sombre » soit un Africain, alors on a tous été, à un moment ou un autre de nos vies, des Africains…
Mialisoa Randriamampianina.
20:35 Publié dans Des vagues... | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : AFRIQUE
21 octobre 2007
Ah, Mafalda!


21:05 Publié dans Blibladenimportekwa | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Mafalda
17 octobre 2007
Non à la misère
Anselme Ratsimbazafy a vécu dans les rues d’Antananarivo pendant dix ans. Ancien professeur d’histoire, sa vie bascule à cause de l’alcool. Divorce, endettement, chômage…Il se retrouve à la rue, seul et démuni mais a choisi de remonter la pente. Voici le témoignage d’un ex-SDF, à l’occasion de la journée mondiale du refus de la misère, célébrée aujourd'hui.Anselme Ratsimbazafy : Un Malgache, un 4’mis, un professeur d’histoire, un homme de 47 ans, un père de famille…Faites votre choix ! Il fut un temps où j’étais un homme respecté car je représentais la réussite. J’ai fait des études, j’ai enseigné, je me suis cultivé. Après ma faillite, je suis devenu transparent. Je n’accuse personne mais j’ai aussi compris que l’argent pèse lourd dans le respect des autres. J’ai mes torts et je les assume mais la désillusion a été la plus forte, l’indifférence vous marque un homme.
Comment cette période de votre vie vous a-t-elle changée ?
L’instinct de survie est une chose extraordinaire. Seul, au bord du gouffre, vous savez que vous n’avez plus le choix, vous devez remonter la pente. J’ai compris que la vraie richesse des hommes libres, c’est d’avoir le choix. Malheureusement, je ne l’ai compris que trop tard, mais prendre conscience de cette vérité m’a changé.
De quelle manière pensez-vous refaire votre vie ?
A un moment, je suis retourné à Imamba, ma région natale. Là-bas, je me suis défait de mon penchant pour l’alcool mais côté travail, ce n’était pas intéressant. Alors je suis revenu à Antananarivo. Au début, je vivais de petits boulots, « irakiraka ». Puis, mes patrons ont compris que je pouvais enseigner. J’ai fait faire des révisions à des enfants et des lycéens, donné des cours d’alphabétisation à des adultes, grâce à mes employeurs qui m’ont conseillé à leurs amis. Tout en étant l’homme à tout faire chez mes patrons, j’arrondis mes fins de mois, j’économise. Pour remonter la pente, il faut beaucoup d’humilité, n’est-ce pas ?
On vous sent très motivé.
Oui, je le suis. Quand on est le plus pauvre dans un pays très pauvre, soit on désiste face à la vie soit on choisit de se motiver…C’est la leçon que je tire de ces années de galère: la vie, il faut la vouloir, de toutes ses forces. On n’est que ce qu’on choisit d’être…A l’image de ce pays, de nous, Malgaches qui nous plaignons de ceci et de cela : il faut la vouloir, cette réussite, il faut se battre pour elle. Il ne s’agit plus de geindre, il s’agit de gagner. Les dirigeants vous déçoivent ? Les concitoyens vous fâchent ? Résistez, battez-vous, dites « non » à la misère de l’esprit et de la vie.
Propos recueillis par Mialisoa Randriamampianina.
19:35 Publié dans D'une histoire à une autre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
15 octobre 2007
Overdose de gecko

15:50 Publié dans Humeur du jour | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : GECKO
11 octobre 2007
Rappelez-moi...
Si vous passez par là, rappelez-moi...
De me réveiller tôt, pour profiter de mes matins.
De ne pas me coucher tard, pour profiter de mes nuits.
De ne boire qu'une et une seule tasse de café dans la journée.
De ne pas dire que j'arrête le café quand je sais que je ne tiendrais pas longtemps.
De dire à Dada et Neny que je les aime, le plus toujours possible.
De toujours bien faire mon travail, n'est-ce pas.
De sourire.
D'être reconnaissante.
De ne plus porter des jupes trop courtes, même si je sais que je les porterai quand même...
De ne plus me goinfrer de brownies.
De faire du sport, autre qu'aller de mon lit à la salle de bains, à pieds...
De ranger ce gentil foutoir qui est ma maison.
D'écrire en malgache...(Ce que je ne fais pas, effectivement...)
De me défaire de ma colère.
De ne pas rire toute seule, dans la rue.
De prier.
De terminer ce truc, ce gros petit truc que j'ai commencé.
D'accepter que les morues sont des morues, quoi que je fasse.
De cuisiner.
De ne pas parler le méchant.
De ne pas rire avant de terminer les blagues que je raconte.
De comprendre qu'il y a aussi des gens comme ça, malheureusement.
D'aimer à en crever, même si...
De dire merci, "à qui de droit".
De toujours trouver la force de dire "Mialy s'en fout". Et de le penser.
16:55 Publié dans D'une histoire à une autre | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Mialy s'en fout
07 octobre 2007
Lis, si ça te dit...
Le droit de sauter des pages
Le droit de ne pas finir un livre
Le droit de lire n’importe quoi
Le droit de lire à haute voix

23:42 Publié dans Humeur du jour | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : DANIEL PENNAC
Expédition en pays Zafimaniry
J'ai découvert Antoetra et le pays Zafimaniry grâce à un voyage que nous avons fait avec les Yltpiens et la Friedrich Ebert Stiftung. Une expédition qui sera à l'origine d'un petit réveil, après un siècle catatonique :) et qui m'a amené à revenir dans ce "bled perdu", à l'occasion d'un petit trek avec quelques amis.

Ralaibiha ouvre la porte de sa case, avec le sourire. A 84 ans, il est le patriarche d'Antoetra, le Tangalamena d'un village de 25 000 âmes. Sculpteurs de père en fils, génération après génération, il appartient à la tribu des Zafimaniry, la dernière à pratiquer et à vivre du travail du bois à Madagascar.
Ralaibiha est le chef spirituel, le représentant des ancêtres parmi les mortels. Les autorités locales s'adressent à l'Ampanjaka pour prendre les grandes décisions sur le village tout comme les villageois s'en remettent à sa sagesse pour leur quotidien. "C'est un ordre immuable qui maintient la cohésion de notre tribu" explique Kotoniaina Rafanomezana, maire du village. Lui-même a été "intrônisé" par Ralaibiha, malgré sa victoire aux urnes.
Les Zafimaniry ont été, de tout temps une tribu d’insoumis. « En général, les gens d’ici n’aiment pas les pressions, ils ont horreur du chantage. Ce sont des personnes que l’on ne peut pas manipuler », explique Rafanomezana. Un caractère fier qui a fait la gloire d’Antoetra en 1947. « Nous ne pouvions accepter que des étrangers s’emparent de la terre de nos ancêtres. Nos pères et nos grands-pères ont alors pris les armes et ont combattu. Le jour, nous nous réfugions dans les forêts, la nuit, les hommes attaquaient» se souvient le Tangalamena. Une époque gravée dans les mémoires: à l’entrée du village, une stèle salue le courage des rebelles, « en hommage à ces hommes et femmes qui ont acheté notre liberté au prix de leurs vie"

La case du patriarche, enveloppée d'une douce odeur de miel, est à l'image de ce savoir-faire. C’est une petite maison basse, à la tradition Zafimaniry. "Les jointures sont faites en bois, les cases sont ainsi démontables à volonté", comme l'explique Charles, guide touristique et enfant du pays. On les appelle les "trano mena", les cases rouges,"qui n'a rien à voir avec la couleur mais au respect que nous accordons au travail de celui qui construit". Sur la lourde porte d'entrée, le soleil est représenté par des pétales de tournesol aux contours finement ciselés. Tous les pans de mur sont ornés par ces reliefs géométriques, minutieusement travaillés. Ici, chaque foyer est "ouvert à ceux qui désirent notre amitié", nous dit Ralaibiha.
La fameuse "tana-paroratra", la toile d'araignée, et les "toho-tantely", les alvéoles d'abeille, sont les motifs de prédilection des Zafimaniry. La toile renvoie aux liens familiaux qui sont très forts: comme dans toutes les tribus malgaches, les Zafimaniry vivent et meurent ensemble. La ruche quant à elle rappelle la vie communautaire, la solidarité, l'entraide et le fihavanana...

Dans ce pays où l’agriculture subit les caprices d’un climat aride, le miel est une nourriture de base. Aux jours de fête, les familles Zafimaniry offrent une assiette de miel sur laquelle sont disposés des « sonjos » accompagnés d’une côte de bœuf affûtée.
L'autre visage de Madagascar

Antoetra, c'est aussi un étonnant paradoxe. Ici, le développement et la mondialisation ont commencé par briser les barrières des langues avant celles de la pauvreté. Habitués à côtoyer les touristes qui traversent le village pour visiter cette partie de l'île, les jeunes et les enfants ont généralement une assez bonne connaissance du français et de l'anglais, comprennent les basiques de l'italien et de l'allemand. C'est assez dépaysant de discuter en anglais avec un gamin haut comme trois pommes alors que moi-même, je baragouinais la langue de Shakespeare il n'y a pas très longtemps!
Mais l’autre visage de Madagascar, c’est aussi celle de la pauvreté qui est le quotidien des Zafimaniry. Un paradoxe, lorsqu’on sait qu’ils sont les héritiers d’un savoir-faire classé patrimoine de l’humanité depuis 2003, que leurs chef-d’œuvres sont connus dans le monde entier et que le commerce de cet artisanat traditionnel ne leur profite pas. Un pot de miel, une chaise ou un bibelot taillé dans ce village se vend dix fois plus cher à Ambositra, à à peine une heure de route. Des articles qui n’échappent pas à la contrefaçon, sachant qu’un buffet à la Zafimaniry peut se vendre jusqu’à 1.600.000 Ar…
Le label « patrimoine de l’humanité » n’aura pas servi à grand-chose. Avec les feux de brousse, la déforestation galopante ( cette région de l’île a perdu 80% de ses forêts en 50 ans), et l’interdiction d’exploiter le bois, les Zafimaniry tentent de sauver leur richesse en misant sur un reboisement massif. Mais tant que le trafic illégal existe, leur talent est voué au massacre…
Où s’arrête le temps…

Le tableau est saisissant, un voyage pittoresque dans ce qu'aurait pu être un hameau malgache il y deux ou trois siècles. Allan et Sahoby parcourent les ruelles, leurs appareils photo en bandoulière. Pour réaliser ce petit projet ( zay ho tantaraiko rehefa vita soamantsara), nous avons utilisés de très vieux appareils, une tonne de pellicules, et une volonté à tout rompre. Nous voilà, assis sur les rochers, admirant les derniers rayons du jour sur les contours d'Antoetra…Et le temps s’arrête.
Acquis à la cause des Zafimaniry, un certain Bekoto (Mahaleo). Je vous parlerai de ce petit grand homme, une autre fois. Le temps que je me remette de ce petit voyage improvisé. :)))
20:45 Publié dans D'une histoire à une autre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : ZAFIMANIRY, ANTOETRA

