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26 septembre 2007

Breaking News 3

Chers lecteurs du blog,

La bloggeuse vous annonce qu'une personne mal intentionnée s'est glissée dans la petite bulle de Mialy s'en fout, histoire sans nul doute de pimenter les choses...Rien de bien méchant, mais finalement assez enfantin et révélateur d'un esprit un peu crétin. Il s'avère qui insiste de pseudos en pseudos s'avère être...Bof! Mais, aîe, pas très intelligent, tout ça!  

Ainsi dans le souci de garder une bonne ambiance et de faire en sorte que tout le monde comprenne qu'on n'est pas là pour se faire chier les uns les autres, en tout cas, pas trop, je t'invite ( oui, toi) à moins de zèle. Tu ne voudrais pas que je mette l'univers sur ton blog pour qu'on t'innonde de petites conneries à deux sous la minute!

Et toujours dans le même souci de préserver notre bonne entente de ce côté-ci de la Toile, tu comprendras que j'efface tes commentaires un peu trop gonflants et que je te demande de ne plus utiliser mon pseudo, merci. Ahhhh, et comme je le fais toujours dans le Breaking News, puis-je vous recommander les blogs gasy sur la liste, là, là, juste à droite? Mes préférés sont celui-ci  mais il a l'air d'être "en reconstruction" pour le moment mais repassez plus tard, et celui-là. J'aimerais que cet autre-là bloggue un peu plus ( aaaaaarghhhh pfffffff boof), mais si vous êtes journalistes, puis-je vous recommander ce billet, juste comme ça, en passant.

Enfin, pour lire le gros cliché de la trentenaire célibataire malgache déprimée et déprimante, je vous dirige de ce côté. Et vous comprendrez chères Andriambavilanitra, princesses des cieux, pourquoi, oui pourquoi, les hommes ne sont pas toujours très chauds pour se faire passer la corde au cou... :))) Ou bien, pourquoi il y a des filles qui n'ont pas l'air cord-au-cou-ables qu'après moult réflexions existentielles, et encore :))... Et aussi pourquoi le célibat est une tare chez certains quand il est sexy chez d'autres. Et aussi, permettez-moi de vous rappeler, si vous êtes non marié dans la vie, que le célibat n'est pas forcément déprimant: il y a des mariages râtés et donc des célibats réussis. Et surtout, pourquoi toujours courrir après le mâle en âge des épousailles, d'autres se contentent des mâles en rut! ( est-ce que je l'ai dit? EST-CE QUE J'AI DIT UNE NULLITÉ PAREILLE? :)))). 36ème degré!) Bref, ce billet me paraît un peu trop comme il est. ( Fantatro fa tsy tena honnête loatra hoe eto aho no wawawa fa tsy any amin'ilay bilaogin'lé oul fa bof, on s'en fout. Sa izany ve no mifosa? Et bof aussi, izy mapmé tsin koooouuuuu )

Je pars en "week-end anticipé" les amis ( donc si d'ici lundi quelqu'un pseudonymise à mon nom sous quelque prétexte que ce soit, c'est que c'est pô mouaaaaaaaaaah: manasa tanana i Pilate) Bonne fin de semaine à tous. Et à toi aussi, merci d'être passé et reviens-nous quand même. :)

Mais n'en faisons pas tout un plat, après tout, Mialy s'en fout. Et vous aussi, faites comme moi. C'est si bon. :)))  Bon week end e!

 

22 septembre 2007

Le poids des retrouvailles

Chers amis d'enfance. Nous avons célébré nos retrouvailles après 9-10 ans de séparation. Vous avez enfants, femmes et maris, un boulot en or et voila.  Et moi, outre mes rondeurs, sachez aussi que j'ai un blog un peu trop comme je suis  et où je peux dire toutes les vacheries qui me plaisent. 

- Ahhhh, Miaro! Comment va? Tu es définitivement installé sur la côte alors?

-Oui, dis-donc, ce que tu as grossi!

-Miaaly, mais tu as grossi, ma parole!

-Ouiais, sinon je vais bien. Ah, Tiavina! Alors, cette nouvelle fiancée?

- Ouais, tout va bien pour l'instant, mais est-ce que je me trompe où tu as grossi?

-Juste un peu, quelques kg au grand maximunm...

- Quoi, d'un coup?

-Ben, ça m'a pris cinq ans...

-Mais là, t'es énorme, une vraie cochonnette...

-Je saaaaaaaaaais, pô la peine de baver d'envie!

-Ahhhhh, Mialy chéééérrrrriiie. Zut, mais tu es joufflue, je ne rêve pas, tu es bien joufflue!

-Ouais, et pas que là, merde.

-Mais attend, ça doit bien te faire, quoi, 60-65 kg?

-C'est un concentré de matière grise.

-Matière grasse oui!

-Mais attends, tu l'as vu, Mialy? Mais c'est qu'elle a avalé le grenier!

-T'imagines ta tête si t'étais genre enceinte?

-Et toi, la tienne, si tu genre n'arrêtes pas?

-Oh fais pas ta crise de nerf, c'est toi qui fait ton choléstérol et c'est nous que tu engeules...

-Tu sommatises. Voila.

- Y a un régime qui... 

-Annaaaaa! au secours, lls me font leur rondephobie...

-Calme-toi ma grosse!

 

Voila pourquoi dans les actus, on ne voit que des meutres en série. :) En attendant votre tour de passer aux infos de 19h, pourriez-vous, par pitié, vous nourrir correctement? Des bras maigrichons qui vous entourent les épaules, on a connu mieux...Wahahaha!!!Bin koi, y en a qui les aime musclés. Les bras. 

18 septembre 2007

Devoir de mémoire

J'ai lu les mémoires de Primo Levi, il y a cinq ans, grâce  à une chanson (ou à cause??) qui s'appelle "Souviens-toi du jour", (alb. Innamoramento, 1999). C'est le genre de livre qui vous "rencontre", mais vraiment dans le sens de "mihaona": entre deux époques différentes, lui dans les cellules d'Auschwitz, moi dans ma  ville sans histoire. Je ne vous raconterai pas ces mémoires parce que je ne le saurais jamais. Je voulais juste mettre le poème en ligne. Il n'est pas beau, ce poème, il est même terrible.  Parce qu'il nous dit que parfois, notre vérité à nous, les êtres humains, c'est aussi ça: ..."mourir pour un oui ou pour un non"..."les yeux vides et le sein froid"...C'était vrai hier, c'est toujours vrai aujourd'hui.
 
Si c'est un homme 
 
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Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons,
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis,
Considérez si c'est un homme
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connaît pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour un oui pour un non.
Considérez si c'est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu'à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N'oubliez pas que cela fut,
Non, ne l'oubliez pas :
Gravez ces mots dans votre cœur,
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant ;
Répétez-les à vos enfants
Ou que votre maison s'écroule,
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous.

Primo Levi


 
 
 
 

17 septembre 2007

Bouffe rapide

Je ne cuisine pas. Je suis techniquement et intellectuellement incapable de réussir un plat. Celui-là, je l'ai raté. Honnêtement, je ne m'attendais pas à ce qu'il soit réussi. Histoire de se prouver que je ne suis pas l'unique débile de la poêle, que d'autres comme vous, peuvent le rater, je vous mets cette recette.

 

Croquettes à la japonaise

Préparation : 15 mn
Cuisson : 10 mn
Repos : 0 mn
Temps total : 25 mn

Pour 4 personnes :

 
  •   4 grosses pommes de terre
  •   120 g de chair à saucisse
  •   1 oeufa
  •   1/2 de pain de la veille ou de la chapelure
  •   1/2 oignon
  •   sel et poivre
  •   Huile à frire
  •   Huile végétale pour les mains
 
   
Croquettes à la japonaise
  • Découpez et hachez le pain (si vous n'utilisez pas la chapelure).
  • Hachez l'oignon.
  •  Eplucher et couper les pommes de terre en petits morceaux.
  • Faire cuire à l'eau salée environ 30 minutes.
  • Passez les pommes de terre au moulin à légumes.
Croquettes à la japonaise
  • Dans un saladier, mélanger les pommes de terres, l'oignon et la viande.
  • Saler, poivrer. Ne pas trop saler car la chair à saucisse l'est déjà.
  • Diviser et faire des boulettes.
  • Les passer dans le bol d'oeuf battu, puis dans la chapelure.
Croquettes à la japonaise
  • Frire les boulettes dans l'huile chaude jusqu'à ce qu'elles soient bien dorées.
  • Les égoutter sur du papier absorbant.
  • Accompagner avec du riz nature.
  • Ajoutez une sauce de votre choix (mayonnaise, ketchup...) ou sans sauce. 
   
 
 

Si possible, utilisez du pain à la place de la chapelure toute prête, vos croquettes seront plus croquantes. Si le pain est mou, le griller un peu dans le four ou sur le fata-pera si pas de four.

Et donc, quand vous l'aurez raté, z'avez qu'à commander une pizza!

15 septembre 2007

Ny vavaky ny Zoam

(Mba) Nampirina trano 'za androany dia nahita tampoka an'ity tantara ity tao anaty boky. Zavatra tsy mba niainako ity fa mety niainanareo. Tantarao anay "inculte du passé" hoe nanao ahoana izany fotoana izany. 2002 ange mantsy no mba afaka tantaranay aminareo, fa isaky ny te hitantara aminy "olon-dehibe" izahay dia misy miteny foana hoe "aza ampitoviana fa tsy mitovy e!". Rehefa tsy hoe "Ny tamin'ny andronay tolona, ny tamin'ny andronareo coup monté!" Asa re...
 
Ny vavaky ny Zoam*
 
O ry Ray ao ambony,
Ho hamasinina anie ny anaran'Itony
Hatao anie ny kléan'Itony
Ho tonga anie ny revin'Itony
Et an-tany fa tsy revin-drongony
Omeo anay  anio aloha ny sogany androany
Fa rahampisto mbola mety hitomany
Mamelà ny tsy revin'Itony
Izahay anie tsy misotro rongony
Aza mitondra anay amin'ny kizo
Fa kôzy bonne atao...
 
 
Isika Zoam*
 
Izany Ferega sy ireo ôgany
Dia manenjika anao tamin'ny jazy sy jaolany
Ny kôzy amin'izay tsy kôzy intsony
Ampangaina ny bandy ho mpirevy rongony
 
Tsy ny bandy ihany anefa fa ao ireo kitsay
Izay lazaina ho mofo sy tsy mba milay
Tsy mba misy mihitsy ny tsontsongona
Fa mihatra ny daka ary koa ny vonoana
 
Tsy taitra ary isika fa tena solotra
Satria izay rovitra mbola ho voazaitra
Dia mitohy indray ary izany ny tantara
K'aza mitaraiky fa mihainoa tsara 
 
 * "Zwam" no nosoratako teo t@ voalohany (ka Zwam tsinona no tao anatin'ilay boky koa!) fa Zoam ny marina. Jereo comment Rajiosy, io ambany io. 

14 septembre 2007

La République des incantations

Dans un pays de grands orateurs, élevés à la subtilité des mots et à la finesse du verbe, il est toujours curieux de constater que le discours devient de plus en plus plat. Aux grandes joutes verbales succèdent des slogans fades qui vous rappellent que, oui, on en est vraiment là.

On a eu le coup du verset biblique qui vire parfois au prosélytisme religieux plus ou moins conscient dans cet Etat, réputé laïc. Saint-Marc n’aurait pas idée des mille et une transformations, parfois douteuses, de ses propres mots, repris, touillés, mélangés à toutes les sauces. On a eu aussi la formule chauvine : « Madagasikara tsy mandohalika », usée et abusée à qui mieux mieux. De la campagne électorale des présidentielles à celle des législatives, en passant par le « Livre rouge », le DSRP , le Map, tout tient dans quatre ou cinq mots. Ceux qui n’auront pas lu ou ne sentent pas l’utilité de lire ces documents en entier ou même partiellement en auront forcément entendu parler. Comme les spams, ils envahissent même ceux qui n’en veulent pas!

C’est une marque de fabrique qui s’immisce insidieusement dans les esprits. Tant et si bien que lorsqu’un candidat énumère son programme, il faudra, s’il veut capter l’attention de son public, qu’il sorte « le » slogan. Le discours, même sans intérêt, suscitera l’ovation lorsque la formule est bien placée. Car plus qu’une idée innovante, bien mieux qu’un projet révolutionnaire, l’ « incantation » est un électron fédérateur. Une petite subtilité qui dénivelle la campagne en une « prospection » d’électeurs sans trop de façon.

Rien de bien méchant, mais un tantinet vulgaire, quand on y pense. Car ces sésames n’ouvrent pas toujours les portes de l’échange d’idées. Au contraire, la manière de les marteler à tout va ressemble étrangement à un propagandisme agaçant. A force de s’investir dans cette technique, la relation entre le politicien et l’électorat est devenue le « bureau des plaintes ». Le premier, assigné à l’écoute des attentes du second. Le second, dans la peau d’une victime, à la recherche d’une épaule amie sur laquelle s’épandre en doléances…Un échange vertical qui perpétue le déséquilibre, assimilant l’élu et son électeur au statut du père et son fils. Un paternalisme usé jusqu’à la trame, d’autant plus mal approprié qu’à ce tournant important où la société civile réclame son droit au dialogue, on lui sert un discours « congelé », adapté et adaptable à tous les contextes

Les « incantations politiques » ne sont pas une nouveauté. Il y en a eu un bien avant et il y en aura bien après. Et malheureusement pour nous, ces…mantras d’un autre genre supplantent le débat politique que l’on n’a toujours pas.



Mialisoa Randriamampianina

08 septembre 2007

Le sens de l'à peu près

La précision n'est pas une spécialité malgache. Les esprits cartésiens auront bien du mal à se retrouver dans notre vision du temps, et de l'espace. Mais ce n'est pas plus mal, finalement, bien qu'en l'an 2007, le sens de l'à peu près n'est pas vraiment un atout. Et puis, admettons-le,  on n'a pas trop changé.
 
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Je dors très mal, depuis quelques temps. Et j'ai le choix entre me gaver de somnifères vazaha ou suivre un petit traitement traditionnel "destressant". Mon médecin : "Ceci est un médicament à effet sédatif, qui provoque un sommeil normal et qui conserve donc les cycles du sommeil. En traitement prolongé, il peut être susceptible d'engendrer une dépendance." Le tradipraticien: " Breuvage à boire deux ou trois fois dans la journée, pendant trois ou quatre jours. Attention, il n'est pas vraiment doux."  Je fais confiance à la médecine du terroir mais vraiment, il m'a fallu toute une heure d'un entretien qui virait à l'interrogatoire pour obtenir un semblant d'informations qui m'expliquent ce que vaut la tisane, à part le fait de me rendre le sommeil.
 
 
Il y a des jours comme ça, où on se rend compte qu'être précis n'est pas vraiment une priorité de chez nous. Autrefois, nous mesurions le temps par "unité de cuisson". "Indray mahamasa-bary" ( le temps de cuire le riz) pour disons 45mn à une heure. "Indray mitono valala" ( le temps de griller une sauterelle) pour 30 sec à environ une minute. La journée s'égrène au rythme de la vie des hommes, de la nature, des animaux. "Maneno akoho" ( au chant du coq), pour...allez, au crépuscule !!! "Mitatao vovona" ( Quand le soleil est au zénith) pour midi. Le temps malgache n'est pas linéaire, il ne passe pas, il tourne en boucle! Ce qui est bien, c'est de toujours avoir l'impression d'éternité, que tout peut durer: le présent est un futur dans le passé...
 
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L'exactitude est repoussée au point de ne jamais suivre un timing bien déterminé. Toute réunion ou festivité ne commence que si "efa tonga ny olona", que si tout le monde est là. Encore aujourd'hui, les évènements officiels ou non-officiels d'ailleurs, prennent toujours un retard en attendant "ny olona"... Un délai n'est jamais fixé d'une manière coercitive, il n'a pas valeur d'accord. On dit: "Tokony hapetraka rahampitso hono ange ny tafon-trano e!" ( Il paraît que le toit de la maison devrait être posé demain), plutôt que de dire "Apetraka io tafon-trano io rahampitso" (Posons ce toit demain), expression qui vous ferait passer pour un stakhanoviste fini. Préférez plutôt "Ahoana raha apetraka rahampitso?" ( Que direz-vous de le poser demain?)...Huhuhu!!!
 
 
Il n'y a pas que le temps. L'espace reste tout aussi flou. "Irain-jehy" ( une dizaine de cm???), "ketsa folo vavy", se dit d'une rizière dont le repiquage demande dix femmes, histoire de donner une idée de l'étendue du champ. Si un paysan malgache vous dit que le prochain village se trouve "ao ambadika kely ao", ( juste derrière), méfiez-vous, c'est vraiment derrière la colline, la vallée, la forêt, le bosquet...Loin derrière, quoi. 
 
 
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Evidemment, dans le millénaire de la vitesse et du pointu, on s'y perd un peu. Evaluer le temps selon la cuisson serait un pur désastre: cuisson au gaz? au rice cooker? au fata-pera? Mais l'idée de l'à peu près reste toujours présente. Les  Malgaches n'ont, par exemple, pratiquement jamais le réflexe de l'année. On ne dit pas "En 2004,...", on a plus tendance à "Tamin'ny mariazin'i Bozy" ( L'année où Bozy s'est mariée) ou "Tamin'i Bebe maty" ( L'année du décès de Bebe), ou plus vague encore "Taloha, tamin'ny mbola kely" ( Avant, quand on était enfant- la période de l'enfance étant très vague, car même à 30 ans, rien ne vous garantit que l'on vous considère comme un adulte!). Les seules dates restées intactes sont, je pense, 1947, 1960, 1972, 1992, 2002...
 
Plus marrant encore: Envoyez un mail et on vous dira "Voaraiko ilay taratasy fa valiako rahampitso" ( Mail reçu, je réponds demain - Mais pas maintenant. Demain.) Si un Malgache est habituellement non ponctuel ( zà championne!) et ne s'en inquiète pas, il est tout aussi alambiqué dans ses conversations. Ses discussions sont semées de "mba", d'"angamba", de "sao dia" et de "raha ohatra hoe...". Ses rendez-vous sont tout ce qu'il y a de plus informel: "Mandalo any aho ny maraina, eo amin'ny 10 eo." ( Je passerai le matin, disons vers 10h), et d'ailleurs, on lui répond: "Eny e, mandalova ihany" ( OK, passe quand même - Sans aucune garantie qu'on trouvera quelqu'un.) On peu aussi avoir des "Ho hita eo e", ( On verra !- ou? quand? comment? avec qui? ...)
 
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Evidemment, ce peut être une vraie plaie par moment, surtout si on a affaire avec le tribunal, la police, ou un fonctionnaire. Parce que le temps que vous aurez rempli toute la paperasse nécessaire, le temps d'obtenir un rendez-vous, vous aurez pu faire toute une carrière. Il y toujours un directeur introuvable et curieusement irremplaçable ( ne délégue pratiquement jamais ses responsabilités), qui vient toujours de partir, qui reste toujours injoignable ou que l'on ne peut appeller, dont personne ne sait l'heure du retour, et surtout pas s'il pourra vous recevoir demain. Et s'il vous reçoit, c'est d'humeur acâriatre car vous lui faites perdre...son temps!
 
Très souvent, à cause de cette conception un peu lente du temps, (le fameux "moramora") on nous attribue un caractère flemmard, un peu pantouflard sur les bords, et l'on "croit" aussi que c'est de là que vient ce "déclin" national. Evidemment,  quand on s'amène avec ses grands chevaux d'occidentalisés, le chronomètre à la seconde près, et qu'on est parti pour se trouver un bouc émissaire... Et pourtant, ce n'est pas ( à mon humble avis) tellement cette partie là de notre culture qui est "difficile", c'est qu'en fait, on est comme tout le monde, on a fait de mauvais choix, on a pris de mauvaises décisions et on peine à admettre nos erreurs! Pourquoi d'ailleurs avoir honte de le dire, la slow life, c'est nous (Ici, on n'a pas de suicide au travail, pô fou!) Mais, comme tout Malgache qui se respecte, on est aussi capable d'abattre le mur quand il le faut. Alors oui, on adoooore prendre le temps, mais ne vous fiez pas aux apparences. On marche lentement, mais qui sait? Si on ne court pars, c'est qu'on est peut-être parti à point?  huhuhu! Eny e, izany aloha tsymanala ny tsinin'ny fahatarana fa mba ny bon côté fotsiny no jerena...
 
 
 

03 septembre 2007

Human Touch

Puisqu’on en est arrivé à parler de Mylène Farmer, je vous mets ici la chanson qui a inspiré le blog : « Mylène s’en fout ». Un petit air entêtant qui me garde en vie, les jours sans.  Voici la question: « Sans parure », condamnés à n’avoir de splendeurs que « celles du cœur », qui sommes-nous, si ce ne sont des hommes et des femmes, face à leurs vérités ? Et là, on comprend que finalement, tout ce qu’il nous faut pour être heureux et rendre heureux, c’est être vrai et rester humain. Un peu facile (ou vraiment trop compliqué), quand on y pense, mais pourquoi pas ? Les uns vivent d’amour et d’eau fraîche, les autres vivent de profits et de recettes, ou de musique et d’une tige de oinj’, ou de Krishna, Bouddha ou Jéhovah… Alors pourquoi ne pas vivre de sa touche humaine et se préserver une part de vérité ? Et j'aime cette chanson pour son message, car oui, "le jade est un joyau bien plus doux..." Mais détrompez-vous, garder son coeur d'homme ( et donc d'enfant...?) est un exploit! Qui l'a réussi? Pô mouah en tout cas. Mais j'essaie :)))

 
 
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 Mylène s'en fout

 

Mon aquarium
C'est pas du barnum
J'vois tes grands airs
De diamantaire
T'as plus de mystère
Comme tu as changé
T'es pas plus beau vu de haut
Moi comme j't'aimais
Tu f'sais la planche sur le dos
Voir ton île ô

Moi, mes splendeurs
Sont celles du cœur
Ta mode s'emmure
Le jade est pur
Son style perdure
Comme tu as changé
Ta poésie a pris l'eau
Viens comme tu es
Mais sans parure c'est plus chaud
Sur mon île ô

Des améthystes
Mylène s'en fout
L'éclat du chic
Mylène s'en fout
Le jade est un joyau bien plus doux
Au creux du nombril
Mylène nue en dessous

 

Mylène Farmer, 1995. Album Anamorphosée

01 septembre 2007

Les grands esprits se rencontrent...

Mialy est une journaliste vraiment très paumée ( Signe particulier : paumée. Y a pas photo). Anselme, un prof un peu trop largué. (Signe particulier : francophone confirmé, une faillite incroyable, une première femme partie à l'île Maurice, une seconde femme restée à Imamba et six enfants dont deux à Maurice et 4 à Mada...) On s'est rencontré il y a un an, alors que la mairie a décidé de faire son "grand ménage" et de renvoyer les 4'mis ( SDF, on dit aussi Lemizo, chez nous, mais bon...). Anselme faisait partie de ceux qui devaient rejoindre l'Imamba (et qui a "fugué" plus tard, n'ayant pas trouvé son bonheur...) Il avait fait un joli pied de nez à Mme l'autorité suprême du Bureau municipal d'hygiène d'Antananarivo qui avait apparement cultivé l'idée qu'un 4'mi, c'est forcément un idiot. Je lui avais promis que j'allais faire un papier sur lui. Il m'a dit "Rejoins-moi sur le boulevard de l'Europe, à n'importe quel jour de cette semaine. On va parler..." Je n'y suis jamais allée, je n'ai jamais fait le reportage. Et en fait, j'ai totalement zappé Anselme pour me consacrer à ma précieuse petite vie de journaliste paumée. Aujourd'hui, je suis allée me promener du côté du palais de la Reine et je suis tombée sur l'ancien prof de lycée au jardin d'Andohalo. Lui m'a tout de suite  reconnue  et me demande " Comment ça va, le boulot?". Ma première réaction a été celle d'une tsalovavy berk be, "furieusement" dégoutée devant cet homme qui sent l'alcool plein nez. Rassurez-vous, ça m'a juste pris une seconde et je me suis secouée. Après tout, on se connaissait, non? Je me suis assise sur un banc et lui, à côté de moi. J'ai bien fait: Anselme m'a fait la discussion "édifiante" de la semaine. Comme quoi, ny olona tsy ampoizina, amin'ny fotoana tsy ampoizina ary amin'ny fomba tsy ampoizina  foana no mampifoha amin'ny torimaso. 
 
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Tiako ary tena faniriako,
Raha ialahy no mba namana,
Mety handray ireto tanana...

 

 

 

- Et le canard. ça va.. L'Express, c'est ça?
- Les Nouvelles.
- Pourquoi pas l'Express? C'est bien, l'Express. Non?
- Vous n'aimez pas trop Les Nouvelles...
- Non, je ne connais pas, c'est tout. Avant je lisais l'Express.
- Avant quoi?
- Avant. 
- Vous n'êtes plus à Imamba, alors...
- Non. Ma femme est restée là-bas. Ca vaut mieux.
- Pour qui?
- Pour rien.
- Qu'est-ce que vous faites, maintenant?
- Je vais, je viens. J'étais prof. Je te l'ai dit, ça? J'enseignais l'histoire.
J'aurais pu te faire la classe, toi. C'était quoi ta matière préférée à l'école?
- La philo.
- La philo! Du vent, tout ça! La philo...Planez, planez demoiselle...
 
 
 
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  Aoka aho,
Mba ho tompon-tsafidy,
Mba tsy havela hihidy
Ity vavako miteny...
 
 
 
 
 
 
- Vous ne regrettez pas d'être parti?
- Elle m'a dit de partir. Elles me disent toujours de partir.
- Moi, c'est eux qui partent.
- Mais toi, tu as une sale tronche.
- Merci, c'est sympa. Vous aussi.
- J'ai 57 ans et je suis alcoolique. Toi, tu n'as aucune excuse. 
- C'est votre tour d'être méchant aujourd'hui?
- Jolie expression. "Le tour d'être méchant"...
Ce serait bien commode, s'il y avait un tour.
J'aurais pu te dire que c'est mon tour de devenir un enfoiré.
J'aurais eu une excuse.
- La vie est parfois étrange.
- On est ce qu'on choisit d'être, il n'y a rien d'étrange.
Louise est partie à Maurice. Avec un métis vazaha. Je te l'ai déjà dit? C'est son choix.  
- Et vous, votre dernier choix, c'était quoi?
- Est-ce qu'on a le choix, quand on n'est plus libre? La liberté, c'est avoir le choix.
Est-ce que tu es libre, toi?
- ...Oui...
- Tu ferais bien de le rester.  
  
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Iandrasana, hitondra takaitra,
Zay 'ngamba ialahy vao taitra
Sao dia mba tara loatra....
 
 
 
 
 
 
 
 
- Ils vous manquent, vos enfants?
- Non. Oui. Peut-être...
- Comment ça?
- Je n'y pense pas. Plus. J'espère qu'ils vont bien, c'est tout. Qu'ils vont mieux. 
- Vous n'avez pas d'autre famille?
- Je suis un cousin de Tsilavina Ralaindimby, de la famille...
- Vous ne voulez pas aller le voir? Voir s'il pourrait vous aider?
- Je suis une brebis galeuse. Je suis une âme perdue. Very ambiroa. 
- C'est affreux, ce que vous dites...
- N'attends pas de perdre ton âme pour comprendre que c'est affreux.
 
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 F'izaho sy ialahy
Hamafy hafaliana,
Hanome fanampiana
 Ny mitovy amiko...
 
 
 
 
 
- Qu'est-ce que tu vas écrire, dans ton article? 
- Je ne sais pas.    
- C'est bien, d'être journaliste?
- Ouais. Ca dépend, si on veut vraiment devenir un bon.
Si on a vraiment de la passion
- Tu veux devenir une bonne journaliste ?
- Oui.
- Tu es sur la voie?
- Non.
- Quand penses-tu te remettre sur les rails?
- Je ne sais pas.
- Tu ne sais rien de rien.
-...
- Sale tronche et ignare. Tu ne sers à rien. On ne te l'a pas dit ça?
Qu'est-ce qu'on t'a dit de plus vrai, ces derniers temps?
- "Je ne m'affiche pas avec toi".
- Tu m'étonnes. Avec ta tronche de fayotte!
- Vous êtes vraiment  culotté, dans le genre.
- Dans le genre 4'mi. 
- Mais je suis bien une ignare, moi, dans le genre journaliste paumée...
- Ce n'est pas comme ça que tu y arriveras.
- Je sais. Je ne compte pas y arriver comme ça.
- On y arrivera pas comme ça. Ce pays est fichu, tu sais.
Entre les mains des rapaces, il est fichu, ce pays... 
 
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Raha eo ialahy
Hiteny ireo nangiana...
Fahafahana no iriana,
Ho an'ny Taniko
   
 
 
 
            
- Dis-leur, quand tu vas écrire... 
- Que voulez-vous que je leur dise?
- Qu'ils se trompent. Moi, je suis Anselme, le prof. Pas Anselme, le 4'mi.
Dis-leur.
- Je leur dirai.
- Ne verse pas dans le cliché. Il y a trop de cliché dans ce pays.
Je suis Anselme, le professeur d'histoire. Tu es...
- Mialy.
- Tu es Mialy, la journaliste. Dis-leur.
- Je leur dirai.
- C'est comme ça, qu'on y arrivera.
- Je peux vous demander une chose, Anselme?
- Dis toujours.
- Comment êtes-vous passé à la rue?
- Et toi, comment es-tu devenue cette journaliste paumée?
-...
-N'attends pas. N'attends pas. Ne plane pas. Pas trop haut. Et dis-leur.
 
 
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Ka ny fanahiko,
Hitovy amin'ny vorona...
 
 
 
 
 
- Je m'en vais, Anselme. Il se fait tard...
- Va devant, je reste un peu. 
- Ok. Au plaisir de me refaire traiter de sale tronche.
- Je suis méchant, comme ça, mais je dis vrai.
Tu n'es pas très jolie, comme fille. 'Te fais pas d'illusion.
- Ok. Je m'en souviendrais.
- Mais moi, mes fonds de culottes sont troués.
- Moi aussi.
- Sale tronche. Culottes trouées.
- Au revoir, Anselme. Bonne chance.
- Eh, fillette!
-... Oui?
- Je m'affiche.
- Pardon?
- Moi, je m'affiche avec toi.
 

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