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29 août 2007

Noms, rien de rien...

4ddad7797787226053d97ff373971054.jpgChaque année, à mon anniversaire, Neny adore raconter la fameuse histoire de "Mialy" mon prénom. Une histoire qui la fait rire aux éclats. Incapables de tomber d'accord  (j'ai falli être baptisée "Christiane", voyez-vous), ils ont attendu une semaine avant de déclarer ma naissance. De sorte que les sept premiers jours de ma vie, on m'appella "Lé zazakely io"...  Pour vous dire à quel point, je suis sensible aux prénoms: il a fallu que je poireaute pour avoir le mien. ;) Je suis très curieuse sur les prénoms depuis que j'ai rencontré un Malgache de 30 ans qui s'appelle ... Allan ( sali élaaaaaaaaaaaaa!). Un peu comme si une gamine de trois mois s'appellait Geneviève... Bin koi? C'est marrant. Non? 

 

6dd3e884c1ffcb71ea2a88a3326298d3.jpgDada qui a fêté ses 60 ans en juillet s'appelle Henri, et Neny, Honorine. Pas très folichons comme prénoms, mais d'autres ont en eu de beaucoup moins attrayants que ça: un des frères de Neny s'appelle Jean de Dieu (devenu Dadafara "Dédé") et une des soeurs de Dada, Fleurette ou Nenifara "Fléra" pour la postérité. Mes grands-parents, eux et d'ailleurs comme beaucoup de leur époque, ont hérité de prénoms inspirés de la Bible: Dadabe, le père de Neny s'appellait Samuel. On a aussi des Joseph, des Moïse, des Sarah et des Rachel...La génération de mes parents a été fortement marquée par l'anti-Tsirananisme, mai 72, et surtout les Mahaleo. Je pense que c'est l'une des raisons (sinon "la" raison?) pour laquelle les jolis prénoms du terroir sont revenus au goût du jour. Entre 1970 et 1990, les enfants des familles malgaches portent généralement des prénoms malgaches. Dans ma famille par exemple, pour ma génération, qui compte une bonne cinquantaine de cousins et de cousines, personne n'a de prénoms vazaha. Nous sommes des Liva, Fanja, Ando, Haja, Hery, Zo, Mialy, Holy, Nirina, Haingo, Hanitra...ect. Je crois que Andry et Rija sont les prénoms masculins les plus populaires de cette génération, des prénoms assez emblématiques et très...mecs. Andry signifie le Pilier, Rija: le Viril. Chez les filles, à moins que je ne me trompe, on a une prolifération de Riana, (le  ruisseau???...), de Mirana ( la souriante) et de Malala ( chérie). 

 

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Par contre, la plupart des enfants nés, disons, après 1990 portent des prénoms très occidentaux, pas forcément français mais en tout cas pas gasy du tout. Mes neveux et nièces sont des Tiffany Mariness, Muriel, Sharel ( américanisation de Charles, le Dada de Dada), Mickaëlla, Yohan ou Kevin...Dévoreuse de BD gasy dans mon enfance, j'étais très étonnée de constater que le dessinateur du tout nouveau Benandro ( qui fait son come back ) a osé lui affubler du ridicule diminutif de "Ben"!  Plus sexy (?) mais tellement surfait ...  Ceci dit, chez les autres, on a aussi l'essor de prénoms très élaborés comme "Antsaniala" ou "Rohinifitia"; très poétiques, comme "Miangotiana" ou "Ariandro"; très religieux comme "Tempoly" ( bof!) ou "Antema"; très musical comme "Valiha", et aussi très laid comme "Fanoina" :))) D'un côté, l'empreinte de l'incontournable mondialisation ( "Ramily Brian"...Je ne sais pas, à l'écoute, je trouve ça très bizarre) et de l'autre, une "malgachitude" de plus en plus affirmée.  

 

 

4924ff762e4624976fdfaa5a9ef43874.jpgAujourd'hui, les parents travaillent à fond sur l'orthographe pour avoir des "Irin'Tsoa", "Zarah" ou "Harrinjo" ou "Rentya" ( contraction savante de Renty et Tia). A 16 ans, une de mes soeurs s'entêtait à écrire son second prénom "Nourouh", Neny était horriffiée! Mais, bon nombre d'enfants ont aussi des prénoms qui ressemblent de plus en plus à des expressions, comme ceux des Asiatiques. Sur le Web, j'ai trouvé une petite malgacho-canadienne qui s'appelle "Kintana Kely" ou "Petite Etoile". On a aussi des "Volana Mamiratra" (La lune brillante), "Antsa Mahatony" ( la mélodie qui apaise), "Anjara Tsitoherina" ( le destin (?) à qui l'on ne résiste pas, enfin, une traduction un peu trop littérale satria tsy dia haiko izay hilazana azy.)  Enfin, les noms de famille "communs" sont  par contre assez récents. Chez moi, ma génération est la première à porter le nom du père. Chacun des huit frères et soeurs de Dada et des huit autres de Neny ont leur propre patronyme, qui n'a rien à voir avec ceux de leurs parents. Ce qui est sympa, c'est qu'ils ont eu chacun des noms assez bien faits: Rabodonarivo, Ramisandrazana...

 

f12ada7c3327766a14977755ec76e84b.gifMais ma préférée, sur l'histoire de mon prénom, c'est aussi celle-ci: Je suis née le même jour que Nirina ma cousine, mais à une heure d'intervalle et à un peu moins de 300 km de distance. Nos deux mamans ne se sont pas consultées pour nos prénoms ( la mienne étant déjà très partie sur "Christiane"...) mais voici ce qui arriva: Dada et Neny m'ont appellé Mialy ( et ma Neniraivo s'appelle Razafindramialy) et Neniraivo appella sa fille Nirina ( et Neny s'appelle Rabakonirina.) Et donc, Nirina et Mialy sont devenues les "jumelles" insolites de la famille. Et toi, la petite histoire sur ton prénom, c'est quoi? 

 

 

27 août 2007

Aza misara-mianakavy



Fanjakana loham-boto

Tsy mba mety ho ela velona

Mbola hadio ireo maloto

Ho henatrin'ny olombelona!

Mbola ho avy ilay maraina

Ho foana ireo taraina

Hirain'ny zanak'olombelona

Hiaraka hifamelona...
 
Aza misara-mianakavy

Sy mitokatoka-monina

Ny herisetra   aleo ho avy

Fa hiparitaka anaty haizina...



t
'Nareo ve tsy mahita hoe ity hira ity mihintsy no tena mi-incarner an'i Mahaleo amin'ny hirany rehetra?
 

19 août 2007

Au voleur!

On a volé les médailles du champion.

0297a61c617035b91b349af68ba4cc9e.jpgJe ne suis pas une râleuse. Pas une professionnelle, en tout cas. Mais ça, ça vaut le coup de râler. Ou d'en rire, finalement. Charles Andriantsiry est un haltérophile. Un chamion dans sa catégorie, puisqu'il a raflé trois médailles d'or aux Jeux. Médailles qu'il a soigneusement rangé dans son sac, placé dans un coin. Et pendant que notre champion, entourés de journalistes, commentait sa victoire devant les caméras, devinez quoi? Un crétin lui pique son sac. Avec les médailles. Si c'est pas nul, ça?! 

12 août 2007

A toi, Sarkozy

Plusieurs écrivains africains se joignent à Raharimanana pour répondre à la petite "leçon de français" du président Sarkozy, à Dakar.

 
Antananarivo, le 3 août 2007

Monsieur le Président,


 Vous étiez venu dites-vous à Dakar nous parler — nous les Africains —, avec franchise et sincérité, vous étiez donc venu avec tout le fond de votre pensée, car c’est ainsi je crois qu’on qualifie la franchise et la sincérité, un échange sans fard et sans arrière-pensée. Nous prenons donc acte de la conception que vous avez de ce continent et de ses habitants. Vous étiez venu dites-vous pour nous assurer que la France s’associera à nous si nous voulons la liberté, la justice et le droit, mais permettez-moi d’être franc et sincère également.


 Au lendemain de votre discours, que faisiez-vous donc avec Omar Bongo, quarante ans de règne dans la dictature, un doyen dites-vous, et quel doyen dans la corruption et l’aliénation de son pays ! De quelle liberté, de quelle justice, de quel droit parlez-vous ? Je n’ose même pas vous poser la question concernant votre sourire à cet autre grand dictateur africain : Muammar al-Kadhafi ! Que dire du don nucléaire que vous lui promettiez ? Il serait maintenant fréquentable ? Sincèrement ? Mais soit… Nous les Africains manquons un peu de raison et ne comprenons pas ces subtilités qui nous éloignent de la nature et de l’ordre immuable des saisons.


 Vous étiez donc venu — vidi vici complétera l’autre, regarder en face notre histoire commune. Fort bien ! Votre posture tombe à propos pour une génération d’Africains et de Français avides de comprendre enfin ces drames continuels frappant l’Afrique. Il nous reste simplement à tomber d’accord pour définir le sens de ce mot histoire. Car quand vous dites que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire, vous avez tort. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’esclavage a changé la face du monde. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’Europe s’est partagé notre continent. Nous étions au cœur de l’histoire quand la colonisation a dessiné la configuration actuelle du monde. Le monde moderne doit tout au sort de l’Afrique, et quand je dis monde moderne, je n’en exclus pas l’homme africain que vous semblez reléguer dans les traditions et je ne sais quel autre mythe et contemplation béate de la nature. Qu’entendez-vous par histoire ? N’y comptent que ceux qui y sont entrés comme vainqueurs ? Laissez-nous vous raconter un peu cette histoire que vous semblez fort mal connaître. Nos pères, par leurs luttes sont entrés dans l’histoire en résistant à l’esclavage, nos pères par leurs révoltes, ont contraint les pays esclavagistes à ratifier l’abolition de l’esclavage, nos pères par leurs insurrections — connaissez-vous Sétif 1945, connaissez-vous Madagascar 1947 ? ont poussé les pays colonialistes à abandonner la colonisation. Et nous qui luttions depuis les indépendances contre ces dictateurs soutenus entre autres par la France et ses grandes entreprises — le groupe de votre ami si généreux au large de Malte par exemple, ou la compagnie Elf.


Savez-vous au moins combien de jeunes Africains sont tombés dans les manifestations, les grèves et les soulèvements depuis cette quarantaine d’années de dictature et d’atteinte aux droits de l’homme ? Fait-on partie de l’histoire quand on tombe dans un coin de rue d’Andavamamba, les bottes des militaires foulant votre corps et vous livrant aux chiens ? Croyez-vous vraiment que jamais l’homme (africain) ne s’élance vers l’avenir, jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin ? Jamais dites-vous ? Devons-nous l’interpréter comme ignorance, comme cynisme, comme mépris ? Ou alors, comme ces colonisateurs de bonne foi, vous vous exprimez en croyant exposer un bien qui serait finalement un mal pour nous. Seriez-vous aveugle ? Dans ce cas, vous devriez sincèrement reprendre la copie nous concernant. Vous avez tort de mettre sur le même pied d’égalité la responsabilité des Africains et les crimes de l’esclavage et de la colonisation, car s’il y avait des complices de notre côté, ils ne sont que les émanations de ces entreprises totalitaires initiées par l’Europe, depuis quand les systèmes totalitaires n’ont-ils pas leurs collaborateurs locaux ? Car oui, l’esclavage et la colonisation sont des systèmes totalitaires, et vous avez tort de tenter de les justifier en évoquant nos responsabilités et ce bon côté de la colonisation. Mais tout comme vous sûrement, nous reconnaissons qu’il y a eu des «justes».

Or vous savez fort bien que les justes n’excusent pas le totalitarisme. Vous avez tort de penser que les dictateurs sont de nos faits. Foccart vous dit peut-être quelque chose ? Et les jeux des grandes puissances — dont la France évidemment, qui font et défont les régimes ? Paranoïa de notre part ? Oui, nous devons résister, et nous résistons déjà, mais la France est-elle franchement de notre côté ? Qui a oublié le Rwanda ? Vous appelez à une «renaissance africaine», venez d’abord parler à vos véritables interlocuteurs, de ceux qui veulent sincèrement et franchement cette renaissance, nous la jeunesse africaine, savons qu’ils ne se nomment pas Omar Bongo, Muammar al-Kadhafi, Denis Sassou Nguesso, Ravalomanana ou bien d’autres chefs d’Etat autoproclamés démocrates.
Nous vous invitons au débat, nous vous invitons à l’échange. Par cette lettre ouverte, nous vous prenons au mot, cessez donc de côtoyer les fossoyeurs de nos espérances et venez parler avec nous. Quant à l’Eurafrique, en avez-vous parlé à Angela ?
Sincèrement et franchement à vous.


Raharimanana et les écrivains
Boubacar Boris Diop (Sénégal),
Abderrahman Beggar (Maroc, Canada),
Patrice Nganang (Cameroun, Etats-Unis) Koulsy Lamko (Tchad),
Kangni Alem (université de Lomé),
et l’éditrice Jutta Hepke (Vents d’ailleurs).

Retrouvez cette lettre ici
 

10 août 2007

Peut mieux faire...

Les 7èmes jeux des îles de l'océan indien ont commencé hier. Le spectacle d'ouverture à Mahamasina m'a laissé de marbre.  Conventionnel et au bord du "moyen" voire du "passable". C'est toujours ce qu'on nous sert à chaque fois. Et à chaque fois, il y en a toujours des comme moi, larguée sur sa faim.  Enfin, y en a qui aime, sûrement. Votre bloggeuse n'est pas une sportive dans l'âme, vous comprendrez que certaines subtilités la dépassent complètement.

69ba4381e67416c8419928e82aff5dac.jpgLa tiédeur est un qualificatif qui ne s'accorde décidément pas avec moi. Et la tiédeur est une spécialité purement malgache. "Matimaty", comme on dit. Ce n'est jamais vraiment ceci ou vraiment cela, c'est quelque part entre ceci, un peu de cela, mais franchement pas trop, et surtout pas ça. Je suis très amusée d'entendre des gens donner du "grandiose" à "ça", à cette chose soporifique que l'on nomme pompeusement "cérémonie". Les mêmes chorégraphies ( ah, ils n'ont pas oublié le sempiternel van qui apparaît à tout les spectacles "officiels", y en a pas un qui le rate!), un hymne un peu con sur des paroles un peu nulles. ( "la flamme des jeux réunit encore une fois, des retrouvailles pour échanger à nous les jeunes, que du "fair-play" pour jouer"... Mais c'est quoi ça???)  

f5d4998f3b570832c8bd8d74768b92f3.jpgCe qui est énervant, c'est qu'à chaque fois, on comprend exactement l'idée et parfois, on adore l'idée. Ranavalona dans sa robe d'apparât soumettant ses esclaves-sujets devait sans doute être un bon filon au début, mais c'est à peine si l'image e eu le temps d'embraser l'esprit. A chaque fois, on sait ce qu'ils avaient en tête et on se retrouve là, tout bête, à les regarder plantés juste à côté de cette fichue plaque. Et on se dit que le "juste assez" sera à tout jamais un caractère bien de chez nous. Un peu comme ce site officiel, cliquez ici pour voir cette horreur, estampillée d'un  "©Copyright COJI 2007" comme si on s'attendait sérieusement à ce que quelqu'un allait avoir l'idée saugrenue de trafiquer un site relativement mis à jour...Je viens de vérifier: à l'heure où je vous écris ( les derniers matchs sont terminés depuis six heures), les nouvelles fraîches n'y sont pas encore affichées aussi, c'est à l'anté-sportive que je suis, que revient l'honneur de vous annoncer que les athlètes malgaches ont fait la moisson de 11 premières médailles d'or aujourd'hui ( bon, je ne suis pas de près parce que le sport et moi, c'est deux mais même en étant ce que je suis, je suis toujours en avance sur ce fichu site!) 

5a4e512017dc5fdd052c40708dbccf59.jpgJe vous passe évidemment de la légendaire tendance au "peta-toko" malgache qui consiste à laisser traîner pour ensuite tout faire à la dernière minute. Toujours, à tout moment. Eléctions présidentielles, prévention de cataclysmes naturels, jeux des îles, bref, donnez-nous un siècle pour bien préparer, on n'aura jamais tout fini à temps. Et quoi que vous racontent les "organisateurs responsables", non, cette fois-ci, on n'a pas échappé au "peta-toko". 48h avant le coup d'envoi, l'acceuil des athlètes n'était pas encore au point...Enfin, je croise les doigts pour que ce qu'on a bien fait reste intact au moins un an ou deux. Je suis optimiste mais hier soir déjà, les chaînes qui relient les piquets, avenue de l'Indépendance, ont été volés alors, zut, zut et re-zut. 

Ah mais, il y a quand même deux ou trois choses que j'ai aimé.  Comme le petit "remake" de "Ry Tanindrazanay Malala" par Beranto (Ambondrona). J'étais très loin de penser que notre hymne national pouvait être aussi...sexy! 

 

Je suis de retour, les amis!!! 25 ans et 360 jours et une tonne de graisse. :))) 

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