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17 juin 2007

Déshabillez-moi

On ne devait pas rougir de ce match car nos compatriotes rugbymen ont bien joué face à leurs homologues de Morlaàs. On ne devait pas rougir, jusqu’à ce que quelques uns de nos compatriotes rugbymen nous y obligent.
 
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Au sortir du terrain de Mahamasina, samedi, le fair-play cède le pas sur la sinistrose. Et voilà que les Vazaha, bien avant de rejoindre les vestiaires se retrouvent nus, comme un vers. Ils s’étaient tout bonnement fait dépouillé de leurs affaires ! Munis de la politesse que l’on sait être une spécialité malgache, nos compatriotes ont bien évidemment demandé à leurs adversaires la permission préalable de récupérer leurs équipements. Mais ignorant cette  tradition locale qui veut que celui qui donne la main donne tout le bras, les Français ont eu le malheur d’être poli à leur tour. Et se sont vu récompensés d’un strip-tease en live, photographes et cameramen tous clichés dehors. 

Ce qui confirme la très forte propension nationale à la chasse aux donations, gavée de l’idée que le ridicule ne tue pas. La misère, dit-on dans ce pays, n’est pas une fatalité. Par contre s’amuser à illustrer cette pauvreté à tout bout de champs, user et abuser de l’argument pour justifier un geste aussi incroyable, pratiquer à outrance la politique de la main tendue…sont une autre misère qu’on choisit de faire sienne.
 
Image révélatrice  d’une pauvreté qui a franchi les frontières de la précarité matérielle pour s’enfoncer dans les méandres de l’esprit, là où elle est la plus dangereuse et la plus inconsciente. L’anecdote fait sourire les Vazaha, peu habitués à être le sujet d’insolite sur le gazon. Mais il n’en reste pas moins que nous voilà, encore une fois, affublés d’une étiquette caricaturale alors qu’on s’apprête à accueillir les Jeux des îles !

En rectifiant le tir, en n’étant plus trop exigeant, le citoyen lambda dira qu’il ne demande pas (ou plus) de voir de grands exploits, qu’il reconnaît le droit de perdre à celui qui se donne au maximum, qu’il applaudira les succès et sera solidaire des échecs. Mais puisque l’honneur vous revient de représenter le pays, merci de ne pas le rendre plus pauvre qu’il ne l’est.

La paranoïa bien malgache du « afa-baraka » est sélective : pointilleuse ou lâche, exacerbée  ou comateuse selon les enjeux (en l’occurrence, de superbes maillots importés d’An-dafy, la classe !) C’est une paranoïa capable de s’endormir à certains moments et de s’insurger jusqu’à crier au procès à d’autres moments.  Si, brusquement secoué, le sens de l’ « afa-baraka »  se réveille chez les uns, on espère qu’en plus d’intenter un procès, on nous fera aussi le cadeau d’épargner à l’avenir le spectacle du misérabilisme.


Mialisoa Randriamampianina.


 
 
 

14 juin 2007

Un homme nommé Urfer

Voici une retranscription de l'interview du père Sylvain Urfer sur RFI, le 8 janvier 2006, à l'occasion de la cérémonie traditionnelle de présentation des voeux. Je me suis donnée un mal de chien à retrouver ce document, applause!!!! Récemment, Ravalomanana, interviewé par l’Express de Madagascar.doc sur l'expulsion du père Urfer a affirmé que celui-ci a déjà fait l'objet d'une expulsion en Tanzanie. Je suis sûre de ne pas être la seule à sentir le bluff, sans trop savoir sur quels boutons appuyer.  En attendant de vous livrer un début de réponse, voici donc: 
 
Rfi : Vendredi, lors de la cérémonie de présentation de vœux, au Palais présidentiel, on a beaucoup entendu parler d’unité nationale, de réconciliation. Quatre ans après la crise de 2002 qui avait opposé la population des hauts plateaux à celle des côtes  et à un an de la prochaine élection présidentielle, pourquoi est-ce que c’est un enjeu si important ?
 
Sylvain Urfer : Il est clair que, jusqu’ici, depuis les 45 ans d’indépendance, les présidents ont toujours été originaires de la côte. Une sorte de répartition tacite des tâches puisque Tananarive et ses régions sont favorisés par les infrastructures, les élites, etc… Ils ont le pouvoir économique. Donc, laissons le pouvoir politique aux gens de la côte. Ravalomanana, quand il a accédé à la présidence de la république, a cassé, en quelque sorte, ce schéma et certains lui en veulent.
 
 
Rfi : Cette semaine, le président est parti en campagne en province, à la rencontre de la population et il lui a dit que 2006 serait l’année du décollage. Mais est-ce que, selon vous, la population est réellement prête au développement ?
Sylvain Urfer : Honnêtement, je ne le pense pas. D’abord parce que la moitié de la population est analphabète et ensuite, plus profondément, parce que le concept même de développement n’est pas une question importante pour la majorité de la population. Je crois qu’on plaque trop vite sur les gens un schéma de développement qui n’est pas celui que souhaitent les gens. L’idéal ce n’est pas d’accumuler ; l’idéal c’est d’avoir le minimum : un toit, des habits chauds, de quoi envoyer ses enfants à l‘école, s’il y a une école, de les soigner quand ils sont malades et, le reste du temps, d’avoir la capacité de se rencontrer. Le relationnel reste l’objectif majeur de la population à Madagascar. Voilà pourquoi je crois qu’il y a une sorte de malentendu, là, derrière. Nous sommes actuellement prisonniers du schéma libéral qui sévit à travers le monde et dont ce régime est un des grands défenseurs. Cela se traduit en terme de politique d’exportation. Pour exporter il faut être compétitif. Donc, il faut casser les coûts et les coûts les plus faciles à casser ce sont les salaires. On en est à un point où les gens n’arrivent plus à survivre avec leur salaire minimum, compte tenu de l’inflation, et donc ils n’ont pas de pouvoir d’achat, et donc aucune industrie locale ne peut se développer, alors que l’on court après les exportations dont le but c’est quoi ? C’est de permettre aux Européens et aux Américains d’avoir des objets de consommation, notamment textiles, les plus accessibles au plus bas prix possible.
 
Rfi : Depuis quelques mois surgissent des oppositions diverses et variées au régime et notamment de la part de personnalités qui avaient beaucoup soutenu l’actuel président. Alors, à l’approche de prochaine élection présidentielle, dans un eu plus d’un an, d’où peuvent venir le danger pour la réélection de Marc Ravalomanana ?
Sylvain Urfer : A priori il n’y en aura aucun. Je ne veux pas jouer à la pythie mais il est plus que probable que le président Ravalomanana sera réélu.
 
Rfi : Mais comment expliquez-vous qu’une personnalité comme le président de l’Assemblée nationale, qui fait partie du clan du président  prenne ses distances et devient de plus en plus virulent à l’égard du régime ?
Sylvain Urfer : Parce qu’il n’y a pas de parti au pouvoir et de partis d’opposition. Reprenez l’histoire depuis l’indépendance : un président s’impose, il crée ensuite un parti qui est un parti nécessairement attrape-tout puisqu’il est au pouvoir. Et à ce moment-là, il rallie à lui tous les opportunistes. Et ces gens n’ont pas la fidélité au chef de ce parti. Ce sont des alliances conjoncturelles. Ce qui fait que la fidélité n’est pas assurée ni d’un côté ni de l’autre. Ravalomanana l’a dit dès le début : il ne se sent redevable d’aucun homme politique. Il l’a dit ! Mais, réciproquement, que les autres ne se sentent pas liés dans la même foulée, ce n’est pas étonnant.
 
Rfi : Et c’est ce qui explique, en ce moment, notamment à l’Assemblée nationale, les parlementaires prennent leurs distances avec le régime ?
Sylvain Urfer : Effectivement, il n’y a aucune rigueur et pourquoi un député s’imposerait-il une certaine discipline de parti alors que le parti n’est pas fait pour çà ?
 
Rfi: Est-ce que c’est dangereux pour le président ? Est-ce qu’il n’a pas besoin de son parti pour continuer à faire sa campagne et à se faire réélire ?
Sylvain Urfer : Tant qu’un président comme Ravalomanana est en place, il n’a pas besoin des parlementaires. Ils sont là pour voter. Les deux dernières lois de finance ont été votées sans un amendement. Vous imaginez le sérieux de l’opération : pas un amendement de la part d’aucun des 160 députés ! Pour çà, il peut toujours trouver des gens pour le faire.
 
Rfi : Est-ce que vous pensez qu’aujourd’hui une coalition de mécontents est en train de se former ?
Sylvain Urfer : Oui, il y a toujours des coalitions de mécontents. Dans ces coalitions, il y a des gens de très grande valeur et des opportunistes qui n’ont pas eu de place et qui se disent « je suis dans l’opposition » jusqu’à ce qu’on leur offre un poste. Mais ce n’est pas l’opposition telle qu’elle est actuellement qui pourra inquiéter le président et son parti. Cette opposition n’arrive pas à se structurer comme elle devrait l’être. Là encore elle est prisonnière, elle aussi, comme les gens qui sont au pouvoir, des obligations relationnelles. On ne peut pas mettre dehors des vieux politicards qui ont fait toute leur carrière, qui ont raté tout ce qu’ils ont fait. On n’arrive pas à les mettre dehors parce qu’on respecte les vieux, on respecte les « ray aman-dreny »comme on dit ici. C’est le même problème partout et çà pose un problème pour le fonctionnement d’un Etat, y compris l’opposition au régime en place. 

11 juin 2007

L'avenir est dans la merde!


Une histoire sympa que nous a mailé Périn. Il faut que je vous la raconte parce que c'est trop marrant. Que voici, que voila.

L'explication de la POLITIQUE:

Un soir, devant la télé, un enfant demande à son papa: "Papa, explique-moi ce qu'est la politique".

Réponse du papa: "C'est très simple, mon fils. Je vais te donner un exemple. Prenons le cas de notre famille:


* C'est moi le papa qui rapporte de l'argent; je suis le CAPITALISTE.
* Ta maman gère cet argent; elle est donc le GOUVERNEMENT.
* Ton grand-père qui vit avec nous dans la maison, lui, vérifie si tout se passe bien; il est donc le PARLEMENT.
* La jeune fille que tu vois travailler dans la maison est notre bonne; elle, constitue la CLASSE OUVRIERE.
* Tous, nous n'avons qu'un seul but: garantir ton bien-être; tu es donc le PEUPLE.
* Ton petit-frère encore qui dort tranquillement dans le berceau, nous dirons qu'il est l'AVENIR."


31dccb42f37d61b08a7057530fe42471.jpg L'enfant a très bien écouté! La nuit tombe, chacun s'en va au lit. L'enfant dans le sommeil, entend son petit-frère pleurer dans le berceau. Il décide de se lever, et d'aller voir. En fait, le petit-frère a uriné dans son linge! Que faire? se demande-t-il. Il va dans la chambre de ses parents, et s'aperçoit que la maman est seule au lit, et dort profondément. Très inquiet, et ne voulant pas la reveiller, l'enfant va dans la chambre de la bonne, et curieusement, il trouve son papa en plein repos du guerrier, dans le lit de la jeune fille. Bouleversé, l'enfant va voir le grand-père dans sa chambre, lequel se contente aisément de regarder par la fenêtre, la scène de la jeune fille et le papa. Ayant eu peur et déçu en même temps, l'enfant va se recoucher et s'endort, laissant le petit-frère pleurer. Le lendemain, le papa demande fièrement à l'enfant: "Alors mon fils, as-tu réfléchi et compris ce qu'est la politique?"

L'enfant répond:

"Oui papa, ta définition était trop claire: le Capitalisme profite de la Classe ouvrière, pendant que le Gouvernement dort, et le Parlement regarde sans rien dire. On s'en fout de ce que pense le Peuple, et l'Avenir est dans la merde."

Quel sage enfant!

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