26 décembre 2006

Cobayes consentants

 

OGM. Organismes génétiquement modifiés. On pensait ne les retrouver que dans les pays riches où sont établis les 90% des 8,25 millions d’agriculteurs investis dans la production de plantes génétiquement modifiées. Mais depuis quelques années, les produits scientifiquement manipulés entrent en Afrique dans un contexte opaque.

La semaine dernière, le gouvernement américain a consacré 50.000 dollars pour importer dix tonnes de variétés améliorées de maïs en provenance de la Zambie qui seront distribuées dans le Sud de Madagascar où sévit la famine. La question s’impose : quel maïs ? Il y a quelques années, la Zambie et le Zimbabwe, durement frappés par la sècheresse, se sont eux aussi vus proposer par le programme alimentaire mondial (Pam) une forte quantité d’aide alimentaire en provenance de pays étrangers développés. Une partie de cette aide alimentaire contenait des OGM, difficilement identifiables à cause d’un étiquetage « inapproprié ». En refusant l’entrée et la distribution de ces produits, les gouvernements zambien et zimbabwéen lèvent le voile sur la polémique de l’OGM. Mais ce n’est pas toujours le cas, car entre la famine qui ne recule pas et l’introduction d’une alimentation douteuse tant pour la santé que pour l’environnement, l’Afrique se retrouve entre le marteau et l’enclume.

Le déversement de l’OGM en Afrique à travers le créneau de la famine est d’autant plus difficile à maîtriser qu’une très forte majorité, plus de 200.000 tonnes soit  près de 100 millions de dollars de ces opérations d’urgence proviennent de pays réputés pour leur production massive de plantes génétiquement modifiées. Plus fort encore, le maïs transgénique ainsi exporté en Afrique sert essentiellement, dans ses pays d’origine, de nourriture pour le bétail et aucune « anticipation scientifique » n’a encore envisagé les conséquences de la consommation de produits GM sur une population souffrant de malnutrition chronique ou sévère.  La Sadc dont Madagascar fait partie a émis certaines recommandations sur la biotechnologie et la biosécurité pour éviter la propagation des produits OGM en exigeant que « l’assistance alimentaire comprenant des graines et tout matériel végétal de multiplication soit moulue avant d’être distribuée aux populations destinataires »

Et l’épée de Damoclès plane toujours au dessus des pays Africains éprouvés par la famine. En remerciant l’aide alimentaire qu’on lui propose, la Zambie glisse sur une pente raide. Le refus a amené le congrès américain à voter, en mai 2003, une loi qui conditionne l’envoi d’une aide à la lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme à l’approbation du pays demandeur de l’introduction d’une aide alimentaire, « que celle-ci soit ou non issue d’une manipulation génétique ». L’Afrique serait-t-elle un cobaye consentant ? Parce que souvent elle n’a pas le choix, oui, sans doute.

Mialy Randriamampianina.



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07 décembre 2006

Breaking news...

medium_breaking_news.gifPour des raisons indépendantes de ma volonté et très dépendantes de ma maladresse, les commentaires ont été éffacés, sauf quelques uns qu j'ai pu sauvegardé. Merci de l'indulgence de toi qui lit. huhu 

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