26 octobre 2006

Guerre de fous

 

L'éditon de Les Nouvelles du 27 octobre 2006.

Ils gagneront peut-être la guerre. Mais la tête, ils l’ont déjà perdue. Mercredi, le quotidien allemand "Build" publie des photos chocs des soldats de la Wehrmacht en Afghanistan, militaires prenant une pose indécente avec un crâne humain, juchés sur une Jeep. Triste image de démons de la guerre. L’Allemagne crie au déshonneur, la chancelière Angela Merkel se déclare « choquée. »  Avant d’être des Allemands, ces soldats étaient  aussi des Américains, des Britanniques, des hommes, des femmes. Avant de se lancer dans la profanation de cadavres, ils avaient déjà humiliés des prisonniers, torturés des détenus, Abou Ghraib s’en souvient et le monde entier découvre que l’horreur des tranchées n’est pas forcément toujours celle des tanks. On les appelle les soldats de la paix. 

Les soldats fous, cette autre terreur de la guerre, ne sont pas nés de la dernière rafale de balles. Bien au contraire. Mais comment les arrêter, alors qu’en amont un mécanisme rédhibitoire et inhumain fait office de règlement tacite ? Enquêtée au mois de juillet par le comité onusien des droits de l’homme sur le traitement des détenus à Guantanamo, en Irak et en Afghanistan, la Maison Blanche de déclarer que les Etats-Unis ne se sentent pas obligés de respecter le traité des droits de l’homme de 1966 en dehors de leur territoire national. Le rapport de Washington explique que ce traitement « tombe en dehors du champ couvert par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques », à la grande inquiétude d’Amnesty International et de l’Union américaine pour les libertés civiques.

D’après Amnesty International, des dizaines de milliers de personnes ont été emprisonnées en Irak, en Afghanistan et sur la base américaine de Guantanamo Bay depuis le 11 septembre 2001, dans des « conditions douteuses. » L’Union américaine crève l’abcès : « Les Etats-Unis revendiquent l’immunité pour les violations du Pacte commises par l’armée américaine et la CIA dans les territoires sous contrôle américain comme l’Irak, l’Afghanistan et le Guantanamo. Cette position est en contradiction avec la formulation et l’objet du Pacte, elle en viole les principes fondamentaux comme l’interdiction absolue de la torture, des châtiments et des traitements cruels, inhumains ou dégradants. »

Les soldats perdent la raison. Quoi de plus prévisible, dans une guerre irraisonnée ou entre le terroriste et l’anti-terroriste, la différence est dans l’art de manipuler la loi, un mécanisme malléable modelé à la moule, une couverture que l’on tire à soi au besoin. Le comité des droits de l’homme des Nations unies est bien minuscule face à cette vaste et insensée cour des miracles et n’aura sans doute pas les moyens d’endiguer la marée. La question demeure: quel est le poids de la loi dans la guerre des fous?

Mialy Randriamampianina.

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03 octobre 2006

Autoportrait

 

Questionnaire piqué chez La Miss, qui l'a piqué chez Sophie Calle

 
Quand êtes-vous déjà mort ? En 2000,en 2003, en 2005.

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ? Le temps qui file sans moi et la faim.

Que sont devenus vos rêves d’enfant ? En partie réalisés. En infime partie.

Qu’est-ce qui vous distingue des autres ? Un sacré culot.

Vous manque-t-il quelque chose ? Time and money.

Pensez-vous que tout le monde puisse être artiste ? Non, mais Hary chez Tendances de RTA y croit dur comme fer.

D’où venez-vous ? J’en sais rien.

Jugez-vous votre sort enviable ? Oui, sans vanité.

A quoi avez-vous renoncé ? A mes études. Mais, je n'ai pas aimé. J’ai vu une ancienne amie de fac, flanquée d’un DEA et tellement conne jusqu’à la moelle que je me demandais si ce n'était pas la blonde des blagues.

Que faites-vous de votre argent ? Je le dépense outrageusement et je raconte à tout le monde que je fais des économies pour faire fille sérieuse.

Quelle tâche ménagère vous rebute le plus ? Toutes les tâches ménagères.

Quels sont vos plaisirs favoris ? Lecture, écriture et luxure.

Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ? Rien. Ça ira.

Citez trois artistes vivants que vous détestez? Tout les rappeurs. Ça en fait bien trois.

Que défendez-vous ? Le droit à la différence.

Qu’êtes-vous capable de refuser ? De ne pas avoir le dernier mot.

Quelle est la partie de votre corps la plus fragile ? Mes yeux .

Qu’avez-vous été capable de faire par amour ? Plein de conneries... Y compris pendre des rideaux jaunes à mes fenêtres.

Que vous reproche-t-on ? Mon insolence.

A quoi vous sert l’art ? A supporter les idiots.

Rédigez votre épitaphe. « Partie boire un pastis ».

Sous quelle forme aimeriez-vous revenir ? Je ne reviendrais pas. 

09:35 Ecrit par Mialy | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note