27 septembre 2006

Ersatz de cinéastes


« S’il vous plait, est ce que ce film peut sortir à la une de votre journal ? »  Une requête plutôt embarrassante à laquelle on ne sait trop que répondre. Non pas que notre journal ait une vision discriminatoire des sujets qui « sortent à la une », bien au contraire. Mais face à une sollicitation si larmoyante, on ne peut que se demander dans quel abîme le cinéma local s’est engouffré pour qu’il ait à quémander ses séquences de gloire. « Ambalavelona » de Telomiova Studio est diffusé au Ritz. Une production qui, d’après les représentants de la maison a nécessité un an de labeur acharnée. Douze mois de travail qu'on a préféré limiter en une malheureuse petite supplique : « S’il vous plait, est ce que ce film peut sortir à la une de votre journal ? »  On conçoit que les moyens sont limités, faire un film n’est pas une affaire de trois sous. Et évidemment, il faut bien que les dépenses rentrent dans les gains. Mais ceci n’explique pas cela.

Après avoir usé et abusé jusqu’à la trame du thème du « bon et du méchant », servi sur fond d’arts martiaux bruts, dialogues creux et scénarios plats, le cinéma exploite le comique ou plutôt l’économique, faute de n’avoir aucun mot pour le dire. Car paradoxalement, plus le cinéma malgache espère faire rire l’audimat, moins il touche son but. Finalement, si le film fait rire, c’est justement … parce qu’il ne fait pas rire. Et comme toutes mauvaises plaisanteries, plus c’est court, mieux c’est.

Maintenant, le nouveau filon, pour sombrer dans la démesure et le commercial, est dans le sensationnel, le scénario ésotérique ou gore  bas de gamme : dévorer des animaux vivants ou avaler de la viande crue. Les acteurs malgaches acceptent en effet d’accomplir des performances sordides qui brillent par leur bêtise et leur inutilité. Pour « les besoins du film » qui sortira bientôt, les comédiens se sont tout bêtement autorisés à manger des lapins vivants afin d’illustrer la vie des hommes sauvages. Peut-être s’étaient-ils dit que le lapin n’étant pas de ces espèces menacées d’extinction, le public ne verrait aucun inconvénient à ce qu’ils en engloutissent un tout vivant, tout cru et tout sanglant dans leur petit écran. C’est peut-être un exploit, qui sait ? Ceci  étant, on attend avec impatience que le cinéma malgache découvre enfin deux ou trois effets spéciaux et petits secrets de montage, qui permettent d’avoir des effets surprenants  sans que les acteurs passent par une abnégation de conscience.

Clint Eastwood sort en 2004 « Million dollars baby », un chef d’oeuvre couronné de succès et d’oscars, ovationné par le septième art. Simple mais fort d’un message qui vous secoue un homme. Auparavant, il y a eu d’autres grands films de grands réalisateurs qui ont su marquer les esprits. Pas seulement par leur budget colossal ou leurs magnifiques scènes de cascades, mais par la profondeur de leur travail. Des films qui ne prennent pas les téléspectateurs pour des « débouchés économiques ».

Habitués aux productions hautement commerciales et accessoirement créatrices, le public malgache serait-il en train de penser que le septième art se résume à des « Tana Mania » ? Etonnez-nous donc, chers cinéastes. Faites votre cinéma !

Mialy R.

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Trop de foi nuit vraiment à la bile...

Pensée unique, religion unique

Pourquoi faut-il toujours que les chrétiens ramènent et résument tout au christianisme ? A une époque où l’amitié entre les religions est plus que jamais précieuse, un peu de modestie et de bon sens ne seraient pas superflu.Marc Ravalomanana, président et candidat aux présidentielles d’un pays qui compte 46% d’animistes, fait du pied aux communautés chrétiennes locales, abondant dans un discours qui frise la propagande avant l’heure, lâchant à tour de bras donations et enveloppes, destinées à promouvoir la coopération entre l’Etat et l’église. Une coopération bien sélective, entre cette Etat réputé laïc et cette église qui ne compte que les chrétiens. Le chef de l’Etat ferait-il un jour l’honneur de sa présence au traditionnel Fitampoha du Sud, au Lao Sandry du Moyen Est, à l’Alahamadibe des Hautes Terres, que l’opinion publique, s’en offusquerait. Et les agnostiques, les esprits libres et ceux qui « optent pour leur paire de Puma », resteront solitaires pour bien longtemps encore. Car si invraisemblablement, il faudrait appartenir aux religions filles du Livre pour être considérée comme une religion, être apatride de foi est devenu une excentricité. Le dahalo, pris dans les filets des forces de l’ordre se voit trahi non seulement par le troupeau de zébus découvert dans son antre mais aussi par les amulettes attachées à ses hanches. Des pièces à conviction confirmant le crime, au même titre que la sagaie et le fusil artisanal. L’opinion publique s’en accommode, s’étant anormalement habitué à assimiler tout symbole matériel d’une religion qui n’a pas pris ses sources dans le Livre, à une croyance obscure et malfaisante. Et de l’autre côté de l’Atlantique, lorsque l’Amérique de Bush part en guerre en Irak, invoquant la puissance divine face aux forces du mal, on ne sait plus trop où se mettre.


La communauté internationale et les Nations Unies n’ont pas manqué de réagir lorsqu’en 2001 les talibans ont décidé de détruire les statues millénaires de Bouddha, en Afghanistan. L’Unesco a dépêché un expert chargé de négocier, en vain, la sauvegarde de ce qu’on qualifiait de patrimoine de l’humanité. Initiative louable mais combien révélatrice d’une vision obsolète et dégradante du bouddhisme, relégué au rang d’un petit folklore local voire une curiosité culturelle que l’on se doit de protéger comme au Louvres on protège la Joconde ou à Madagascar, les tortues. A coup sûr, si les talibans s’en étaient pris au Saint Suaire, les réactions auraient été bien différentes et on aurait certainement crié au sacrilège.

Le pape Benoît XVI tente de réparer tant bien que mal les dégâts causés par son incroyable et monumental lapsus à l’endroit de l’Islam. Un Islam que le Saint Père des catholiques ne considère peut-être pas comme l’égal de sa religion. Tant et si bien que malgré les regrets dont il a fait part, sa visite en Turquie pour renouer les liens n’est pas vue du même regard, de part et d’autre du Bosphore. Un peu de modestie et de bon sens auraient suffit, pour éviter un nouveau clash entre des religions qui avaient déjà du mal à se comprendre.

Mialy Randriamampianina

 

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19 septembre 2006

Un brin d'enfance!!!

 

J'ai retrouvé un vieu souvenir, la chanson de Colargol, au desk. C'est comme si j'avais retrouvé mon doudou. A 25 ans, on n'est pas bien vieux hein? hein? HEIN?

 

medium_colargol1_info.gifPour ceux qui n'ont pas eu la chance de connaître cette jolie période de mon enfance heureuse où   les dessins animés n'étaient pas forcément de violents mangas baignés de sang et les divertissements ne se limitaient pas aux légumisants jeux vidéos, je vais raconter ce petit héros de mes années de bibliothèque rose. Colargol est donc un ourson qui n'a d'autre envie que de s'amuser, ce qui est une qualité rare par ces temps de stress. Mais comme il chantait comme un pied, le roi des oiseaux lui a offert un sifflet, histoire de compenser ses déboires artistiques. Et, miracle mon ami, Colargol devient l'ourson chanteur, "en Fa, en Sol." Voici d'ailleurs, pour les nostagiques, les paroles de la petite opérette de Colargol:

 

"C’est moi qui suis Colargol, l’ours qui chante en fa, en sol,

En do dièse, en mi bémol, en gilet et en faux-col,

Le roi des oiseaux, vous le savez mes amis,

M’a donné un beau sifflet, pour faire cui-cui, cui, cui, cui, cui, cui, cui, CUI !

C’est moi qui suis Colargol, L'ours qui chante en fa, en sol,

En do dièse, en mi bémol, c’est moi qui suis Colargol."

 

C'est un bout d'enfance qui me revient. Je me souviens que je regardais aussi Kimbo et Kita, Les Snorkies, Alphie, Jen. Ma préférée c'est Georgie, mais ce n'est que très récémment que j'ai découvert la fin de l'histoire qui est devenu un grozimbrogliosentimental...
 
medium_georgie013.jpgRecueillie alors qu'elle n'était encore qu'un bébé par la famille Buttman, Georgie vit en Australie. Et voilà que naît, avec le temps,  un amour triangulaire entre Georgie,  Abel et Arthur, les fils Buttman. Mais adolescente, la jeune fille rencontre un jeune aristocrate, Laurent Grey, qui tombe fou amoureux d'elle. L’ayant surprise avec Laurent, sa mère sous l’emprise de la colère, lui dit tout: « Georgie, tu n'es  pas ma fille. Ton père est au bagne en Australie et ta mère est morte ».  Manque de pot, c’est à ce tournant tragique de sa vie que  Abel et Arthur lui déclarent leurs feux : ils sont tous les deux amoureux d'elle. Ça les aurait tués d’attendre que la fille se remette un peu de ses surprises ????
 
 Et après, Georgie se retrouve peaumée, sans le sou et fait le tapin. Et la voici donc, dans la derniére épisode où elle se produit aux Odalisques...
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 Recueillie alors qu'elle n'était encore qu'un bébé par la famille Buttman, Georgie vit en Australie. Et voilà que naît, avec le temps,  un amour triangulaire entre Georgie,  Abel et Arthur, les fils Buttman. Mais adolescente, la jeune fille rencontre un jeune aristocrate, Laurent rey, qui tombe fou amoureux d'elle. L’ayant surprise avec Laurent, sa mère sous l’emprise de la colère, lui dit tout: « Georgi

 

Je vous ai bien eu, wouahahahaha!!!! En fait, la dernière épisode, c'est le tapin! :-p

19:35 Ecrit par Mialy | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

16 septembre 2006

Sauvons les baobabs de Morondava!

Six sur les neuf espèces de baobabs dans le monde sont endémiques de Madagascar. Dans la région de Morondava, ces arbres géants sont actuellement menacés tant par la population que par les aléas climatiques.

Les touristes ne se rendent pas dans le Sud sans s’arrêter dans la fameuse allée des baobabs pour admirer le Renala, la plus imposante des espèces de baobabs de l’île : une moyenne de 25 m de hauteur et 3 m de diamètre. Mais le climat et l’exploitation par la population menacent  ces arbres géants, comme le démontrent des études effectuées par des étudiants en tourisme et environnement de l’Institut supérieur de polytechnique de Madagascar (INSPM), en collaboration avec l’Angap, l’Ong Fanamby, la commune de Morondava et le ministère du Tourisme et de l’environnement.

Les pieds dans l’eau

medium_IMG_0161.JPGDe novembre à mai, les crues de la rivière Tandila affectent les troncs de ces baobabs. Ces arbres qui demandent un sol calcaire à très faible humidité se retrouvent « les pieds dans l’eau ». Des problèmes d’infrastructures routières et d’entretien s’ajoutent à ces crues dévastatrices, inondant les régions environnant les baobabs. En saison sèche, ces arbres souffrent de la mauvaise gestion  des eaux usées d’une société voisine. En effet, bien que celle-ci ait mis en place un circuit fermé pour l’évacuation suivant les recommandations en matière d’environnement, la population locale soutire ces eaux usées et les utilise dans la riziculture. Ces eaux riches en éléments organiques favorisent le riz mais font pourrir les baobabs, subissant un excès d’humidité. Epargné de la coupe, contrairement aux bois utilisés pour le chauffage et la construction, à cause de la structure spongieuse de son tronc, ainsi que des défrichements en raison de l’épaisseur de son écorce, le baobab n’en sort cependant pas indemne. Les feux de brousse répétés affaiblissent l’écorce et rendent l’arbre vulnérable aux insectes et au vent. Les cyclones sont alors les plus redoutés.

Recommandations

Des plans de reforestation et de protection, d’infrastructures d’évacuation d’eau et de sécurisation de la zone des baobabs ont été appliqués. Mais la conservation inclura nécessairement la participation de la population locale. Outre l’éducation environnementale, ces enquêtes évoquent la nécessité d’assurer la regénération de l’environnement à travers l’agroforesterie . Il s’agit d’un système de conservation à travers l’association de culture vivrière et la plantation d’arbres, l’association de culture d’arbres et du pâturage qui est un système réservé aux petits cheptels, et enfin, l’association de la culture et de l’élevage en zone forestière. Il faut savoir que si le baobab atteint son âge adulte en plusieurs siècles, quelques années suffisent pour le rendre vulnérable.

 

Mialy Randriamampianina.  

Photo: Mamy Ramparany.

23:35 Ecrit par Mialy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Baobab, Madagascar

Sophie de La Rochefoucauld milite pour les femmes malgaches battues


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Invitée de l’association Framadon, Sophie de La Rochefoucauld est attendue à Antananarivo lundi 02 octobre, pour une semaine humanitaire en faveur de la lutte contre les femmes battues.

 Une semaine humanitaire qui sera au cœur d’un documentaire diffusé sur France 5, afin de récolter des dons, destinés à aider ces femmes, victimes de violences. A ses côtés, un gynécologue obstétricien français de  renom, Bernard Guillon. « Tous deux participeront activement à une  journée de  vaccination gratuite et de conseils aux femmes enceintes au centre de santé de base de Talatamaty », explique Dora Ravalison, présidente de l’association.
 
Les femmes enceintes bénéficieront en effet de consultations gratuites de Bernard Guillon, ce mardi. Une équipe de médecins viendra par la suite prendre le relais et former le personnel médical sur la maternité sans risque. Des dons d’équipements médicaux, médicaments et fournitures scolaires sont également prévus dans diverses localités comme Ambohitrimanjaka ou Antsirabe.

La violence envers les femmes est un sujet auquel Sophie de La Rochefoucauld est familière. Actrice engagée, elle a reçu le prix d’interprétation féminine  à Luchon cette année, pour sa performance dans « Retrouver Sara », un film qui aussi reçu le prix du jury du public.

 
"Retrouver Sara"
 
Sur son palier, en chemise de nuit, une femme enceinte supplie son ami de la laisser entrer dans l’appartement. Son ami accepte, mais à une condition : qu’elle admette avoir agi à tort et fasse son aveu par écrit. Voilà comment « Retrouver Sara » commence, un téléfilm qui parle de la vie d’Armelle, jouée à l’écran par Sophie de La Rochefoucauld. Infirmière et jeune maman d’une petite Sara, Armelle subit la brutalité de son compagnon, qui en arrive par la lacérer au couteau et kidnapper sa fille.

Encore peu connue du public malgache, Sophie de la Rochefoucauld incarne pourtant dans son rôle inspiré d’une histoire vraie, celle de Fabienne Brin, une réalité qui est vraie un peu partout dans le monde et aussi à Madagascar. Interviewée sur France 2, l’actrice dira : « Fabienne Brin espère que Retrouver Sara pourra aider ceux qui souffrent, j’imagine que vous partagez son avis… Bien sûr, j’espère qu’il sera signe d’espoir pour toutes ces femmes qui souffrent. Retrouver Sara est un sujet qui ne laisse pas les gens indifférents. » 


Mialy Randriamampianina.

 

09:30 Ecrit par Mialy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes battues

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