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22 août 2006

Trop de foi nuit à la bile!


Samedi matin, j'ai pris le bus pour aller à Analakely.
 
Et il s'est trouvé qu'au beau milieu du trajet, un homme, un de ces illuminés à la con, s'est mis réclamer cinq minutes de recueillement et de prières, qu'est ce qu'il n'a pas fait un mini-sermon, debout mitsingilahila velona ao anaty buxi tery kely, Bible en main, fort de la certitude qu'il a le droit de faire chier le monde dans un transport en commun, car enfant du Très Haut. J'imagine que si il a récité un mantra ou parlé de sikidy, il y aurait eu un chahut monstre. 
 
Le comble, c'est que mon portable a sonné et que j'ai, oh la gaffe, l'idée lumineuse de décrocher et d'entamer une conversation medium_doigt_vieille.jpgtéléphonique de la plus haute importance avec Meilleure amie ( qui consiste à commenter  détails de nuit éthylique et psychotrope, hein ke sé important, hein? hein? hein? ), et que pouffage de rire était donc au rendez-vous, quoi, on est heureuse! Moa va tsy nahazo remarque, la plus sèche qui soit, de la part de dame très respectable, tana ivoho et lamba de soie : "Ny zanaka'izao tontolo izao, tsy manaja ny fiderana an'Andriamanitra mihintsy!" Dans un putain de bus, quoi! Après ça, je vous jure, les dames respectables et les illuminés à la con, qu'est ce que je les emmerde!

20 août 2006

Bonjour, Miss Jones!

Dilemne du célibat.


Une amie d'enfnce croisée par hasard dans la rue m'a subitement demandé pourquoi je n'étais pas encore mariée, et m'a lâché comme un rot un "sô dé tara lôtra???", lorsque je lui est répondu  " ka mbola tsy ao anaty plan zany".  Ce qui m'a bien étonnée, parce que bon, ben, j'ai 25 ans quoi, keski presse, mais keski presse! Alors je n'ai pas pu m'empêcher de publier cette note, clin d'oeil à toutes celles à qui on pose constamment ou même juste un peu parfois cette question stupide et vraiment moyennageuse.

 

Bonjour, Miss Jones !
 
a2442b47fae2f9e979981a4f0ddb7c6a.jpgQuoi donc ? N’aurait-on pas encore trouvé sa moitié à 25 ans ? « Tu ferais bien de te manier », houspille notre meilleure amie, « parce qu’à l’approche de la  trentaine, tu auras encore plus de mal à te caser et ton corps ne sera plus au mieux de sa forme pour porter des gosses», glissant insidieusement notre candidature parmi les futures rechapées sur le marché des cœurs à marier et la probabilité qu’on ait recours à une mère porteuse, si on ne se « maniait » pas ( le cul ?).

Toujours est-il que depuis qu’on a 25 ans, les déjeuners en famille, soirées entre copains, pots chez un collègue virent au cauchemar. Il s’y trouve toujours, pour nous tourmenter, une âme charitable qui se sent obligée de prêcher les bienfaits de la bague au doigt et de compatir, sans notre permission, sur nos échecs sentimentaux, trop contente de trouver plus triste que soi à consoler. Car évidemment, la fille célibataire est forcément triste, ses rires sonnent forcément faux, ses ambitions forcément limitées ;  « A quoi cela sert d’avoir de bons amis, un appartement confortable, un bon emploi, une jolie voiture, et un paquet de diplômes si on n’a pas de bague au doigt, je vous le demande ? On ne peut certainement pas être heureuse tout en se sachant future veille fille. »

Et bien sûr, toute personne mariée digne de ce nom a toujours plus d’une histoire catastrophique d’un célibat raté à vous asséner sur la tête : « J’ai –au choix- une amie névrosée/un collègue bilieux/une tante sexagénaire  dont  –au choix- l’aigreur/ la solitude/ les tics/la tristesse, démontre l’impossible vie de vieille fille et accorde ainsi une preuve tangible et incontournable que la seule façon de vivre –au choix- heureuse/respectée/comblée/aimée/entourée est d’être l’épouse de quelqu’un ! »  Et de conclure par un petit sourire suffisant tout en époussetant nonchalamment la photo de mariage, témoin du destin majestueux d’une fille qui a trouvé petite chaussure à son petit pied, et qui ne marchera donc plus pieds nus.

A cela s’ajoutera, assurément, la flopée d’entremetteuses qui se sont mises en tête de vous coller à tout prix l’ami du cousin du copain du voisin du frère du collègue de leurs maris, qui n’a rien d’exceptionnel, sauf bien sûr, d’être l’homme censé manquer à notre vie, même flanqué d’un horrible t-shirt jaune d’œuf, d’un humour peut-être drôle si on n’y réfléchit pas trop et finalement macho, limite xénophobe et complètement moyenâgeux si on prend la peine de bien écouter. Et dès qu’on glousse  devant le mec qu’elles croient qu’on va se contenter, il y en aura toujours une pour siffler entre ses dents « c’est peut-être ta dernière chance, idiote ! » Occasion idéale pour revenir aux sujets épineux :

- Si tu n’as pas rompu avec Truc, tu serais Madame Truc depuis longtemps !
- Mais c’est lui qui a rompu parce qu’il a rencontré une autre fille !
- Et alors, c’est de ta faute, tu n’avais qu’à lui crever les deux yeux pour qu’il ne voie plus personne !
- Et Machin, si tu l’avais gardé, tu aurais eu tes chances avec lui, sûrement !
- Mais, il avait une fiancée et me l’avait caché !
- Et alors, les fiancées, ça se tue !
- Et Chose, là, qu’est ce qui t’a pris de le larguer ?
- Mais je ne l’aimais plus..
- Mais qui te parle d’amour? Idiote !
- Et Mpyetyuzyg alors ?
- Euh, il était polygame-kleptomane-mythomane-hypocondriaque-hystérique-serial killer !
-  Et alors, tu es parfaite, peut-être?
-  …


 Et donc, là, on se retrouve, pauvre fille célibataire, face à sa meilleure amie qui brosse outrageusement le tableau idyllique d’une vie familiale réussie ( 10 ans de mariage, deux bambins potelés courant joyeusement dans tout l’appartement et un mouflet tétant goulûment le lait maternel depuis un gros sein blanc, un métier sympa, un mari aimant, parti gagner de quoi s’acheter une voiture, et cerise sur le gâteau, des pique-niques en famille. ) :

       - Nous, tu vois, on est très heureux, vraiment très très très et même si on est encore un peu à l’étroit, je t’assure que d’ici quelque temps, tu vas arrêter de me mordre le téton, le mouflet ? on aura une maison rien qu’à nous et toi, conseil d’amie, tu ferais mieux de faire dans le pot, dans le pot, dans le poooot ou je te prive de dessert, petit dégoûtant, tu ferais mieux de te mettre en couple vite fait pour vivre comme nous, d’ailleurs pourquoi tu t’es encore barbouillé de confiture, hein ? Va te laver tout de suite et au pas de course !C’est vrai que le mariage c’est un peu une routine, je te l’accorde mais avec beaucoup de passion sur le sofa, chéri, tes affaires sont sur le sofa, mais bonté divine, tu n’es pas foutu de ranger quoi que ce soit, je ne suis pas ta bonne, quoi, quoi, tu crois que tu m’as épousée pour que je fasse le ménage derrière toi ? Bon, je te disais donc qu’il faut absolument que tu te maries. »

 
581365f9771d8ea5ba25a1a466d55e9a.jpg La chose sensée à faire, en pareil cas, est d’écouter attentivement et de ne pas polémiquer en rétorquant que non, on n’est pas désespérée, on ne se plaint de rien et personne n’a à nous plaindre de quoi que ce soit, on ne sent pas minable, on ne se sent pas obligée de rester avec quelqu’un par peur de vieillir seule, on projette encore de tomber follement amoureuse, et surtout, on est juste passée pour lui donner ce magnifique pull qu’on vient de lui acheter car on a pensé qu’il lui irait très bien. Mais finalement on va peut-être le garder, ce pull, car qui sait si ce cadeau innocent ne se retournerait pas contre nous, hein «  Tu vois, si t’avais au moins un copain, eh ben, des pulls magnifiques, c’est à toi qu’il en ferait cadeau! »

 

Wouahahahahahahahaha!!!!!!!!